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 Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3

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Gallions : 3633
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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 2 Déc - 20:56




Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Il y avait le noir et il y avait des flashs. Dans l'esprit clos par le sommeil du français surgissait en vrac des images confuses à mi-chemin entre le réel et le songe. Des sensations diffuses du vent, de l'odeur piquante de la mer, d'un soubresaut alors qu'on le trainait quelque part, des images troubles et sombres d'une créature passant dans sa mémoire à l'exacte même seconde qu'une cascade de cheveux bruns glissait sur son visage. Des murmures, des paroles, indistinctes et bruyantes, un grondement sourd à travers la ville qui récitait la même litanie. Dans son sommeil, il tendit l'oreille, perdu parmi le va et viens d'une douleur sourde à une caresse sur sa peau alors qu'il se souvenait de sa propre main glissant le long d'un tissu pour enserrer une épaule en rouge, d'une vague effluve de sang et de quelque chose qui lui faisait penser à de la neige. Il embrassait quelqu'un, passait à travers une fenêtre, tombait sur le sol et tombait encore plus loin dans une spirale vertigineuse. C'était étrange, un maelstrom, à la fois apaisant et étourdissant, les images remontaient, sombraient, s'effaçaient une à une pour revenir ou disparaitre. Il n'arrivait pas à trouver de sens à tout cela, mais cela ne le dérangeait pas qu'il n'y en ait pas. Il serrait quelqu'un contre lui, s'accrochait à des lèvres dans un néant complet, douceur, douleur, il avait l'impression que quelque chose lui enserrait le torse et la tête que son dos était en coton et qu'il se trouvait en face d'une bête. Les images accélérèrent, tourbillon puis tornade sans queue ni tête, se fracassant contre les récifs de son crâne en essayant de passer au travers. Ténèbres et flashs, douceur et mélopée, murmure et cris assourdis, tournoyant jusqu'à ce que passe un visage doucement éclairé.

Ludovic prit une vive inspiration, se réveillant en sursaut avant de regretter son mouvement. Sa tête pulsait à ses oreilles avec un sifflement à fendre du verre, lui donnant l'impression d'avoir été jeté dans la locomotive du Poudlard express. Grimaçant, sourcils froncés, l'échevelé plaqua une main contre sa tempe avant de se redresser. Ses jambes basculèrent d'un matelas jusqu'au vide avant qu'il ne pose les pieds sur un vieux parquet. L'espace d'une seconde, il eut la conviction d'avoir rêvé, pas seulement des quelques images qui disparaissent de ses souvenirs à mesure qu'il revenait à lui, mais de toutes ces années depuis qu'il avait quitté Poudlard pour prendre la route. Quelques secondes seulement, avant que sa migraine ne se rappelle à lui, le faisant prendre sa tête entre ses mains, yeux clos tournés vers le sol, en attendant que le capharnaüm s'arrête. Comme s'il devait s'arrêter un jour.

Tandis que les moteurs rugissaient à lui déchirer les tympans, Ludovic essaya de retrouver le fil de ses souvenirs. Il avait tout de même bien l'impression d'être remonté loin en arrière, ayant même l’irrépressible certitude d'avoir plusieurs hiboux de retard pour Aidrian. Le parquet, les meubles limités, le plafond bas... tout cela lui rappelait bien les refuges et les maisons dans lesquelles il avait prit l'habitude de passer ses nuits depuis des années. Il sentit sous ses doigts un morceau de tissu noué autour de son crâne qu'il ne prit même pas la peine de défaire pour le retirer. Glissant ses doigts dans les cheveux crasseux qu'il venait de libérer, Ludovic commença à passer son crâne en revue du bout des doigts, sentant très vite une fente fine qui n'aurait pas dut y être. Il jeta un coup d'oeil à ses ongles, assez propre malgré la moiteur de la blessure et passa son autre main sur son visage pour en estimer l'état. Barbe de trois jours, cernes marquées, coup à la mâchoire... il grimaça, assez vieux, mais pas trop.

Tournant la tête pour essayer de se rappeler où il était, le français repéra bien vite une table croulant sous une pile de feuilles et un tas de vêtements abandonnés dans un coin. Est-ce qu'il s'était encore fait enlever par cette vélane cintrée ? Se redressant sur ses jambes pour secouer ses muscles, il sentit bien vite un désagréable pincement à sa cuisse et des dizaines de courbatures qui faillirent bien le faire se rasseoir. Il tint bon malgré tout, songeant que cela commençait à faire beaucoup de détails dérangeants et se dirigea en premier vers ses affaires avant de s'interrompre. Avec la chose qui lui serrait la jambe et son état général, mieux valait oublier l'idée de se baisser. Il fit donc demi-tour et se traina d'une démarche à peu près humaine jusqu'à la table pour y prendre appuis, se laissant tomber sur une chaise le temps de se réhabituer au grondement dans sa tête. C'était une bonne chaise, assez confortable, sur laquelle il se serait bien vu rester un moment à fixer le plafond, mais il devait envoyer ce hibou, trouver du papier et se rappeler de la date précise à écrire sur le courrier.

Tendant la main au hasard pour récupérer un parchemin sur la table, Ludovic examina plusieurs feuilles couvertes d'étranges signes à l'encre noire qu'il finit par reconnaitre comme étant son écriture, incapable de se relire dans la semi-obscurité à peine fendue par la bougie. Reposant un énième morceau de papier indéchiffrable, il finit par mettre la main sur une note dont le crayon papier et l'écriture plus droite attirèrent son attention. Tiens ? Depuis quand les vélanes laissaient-elles des mots ?

Le brun parcouru la note des yeux, plissant les paupières pour la déchiffrer malgré le peu de lumière, et afficha un léger sourire. Oswin, cela lui disait quelque chose, mais c'était surtout les deux premières phrases qui lui avaient étiré le coin des lèvres. Depuis quand l'Auror s'essayait-elle à la poésie ? Il fronça un peu plus les sourcils sur le nom de Tibérius qui ne parvenait pas à s'imprimer dans son esprit. Il devait le connaitre, mais de là à savoir pourquoi... Relisant la note encore et encore dans l'espoir d'en comprendre un peu plus, le brun finit par la froisser, la réduisant en boule compacte au creux de sa paume avant de la jeter à l'autre bout de la pièce. N'importe quoi.

L'ébouriffé glissa une main sous sa chemise pour y chercher un petit objet puis sa baguette. Peine perdue, en dehors d'un autre bandage et de son ventre il ne trouva rien. Le français tourna la tête pour essayer de retrouver sa veste et son manteau qui gisaient à tout juste un mètre. Beaucoup trop loin. Ludovic soupira, levant les yeux au ciel avant d'aller tant bien que mal récupérer son bien. Il fouilla ses poches, trouvant la fiole qu'il cherchait, mais pas la baguette. Sans doute sous le lit, comme d'habitude, avec l'autre objet. Ludovic enfila sa veste et ne prit pas la peine de ramper par terre, se dirigeant vers la porte afin de mettre la main sur Tibérius.

Il le trouva au rez-de-chaussée après un assez long moment de perplexité le temps qu'il se rappelle comment fonctionnait l'escalier coulissant. A peine était-il parvenu à faire basculer les marches que la lumière agressive du feu accentua sa migraine. Il s'efforça de ne pas y prendre garde, descendant à une vitesse assez surprenante pour quelqu'un qui ne tenait plus debout et se dirigea presque aussitôt vers l'homme dans une sorte de réflexe pour lui marmonner quelques mots d'une voix rauque.

— Il y a une épée à l'étage sous le matelas que vous nous avez prêté. Il faudrait que vous alliez la porter à... Ludovic ferma les yeux, incapable de se souvenir du nom du héros. À un type avec une coiffure bizarre qui enquête sur les meurtres, soupira-t-il. Il est arrivé à peu près en même temps que nous.

— Une épée ?

— C'est ça... je l'ai volé à la mairie si vous voulez tout savoir. Vous avez juste à la lui porter et à me donner le bout de bois qui est avec au passage.

— Volée à la mairie ? se récria l'homme.

— C'est bon ! grommela l'ébouriffé en plaquant de nouveau sa main contre sa tempe pour apaiser sa migraine. Ce n'est pas la fin du monde. Vous avez juste à la porter et si jamais vous avez peur de vous faire prendre vous n'avez qu'à dire que c'est un sorcier qui vous l'a donnée ou inventer n'importe quelle histoire du même genre. Faites le juste maintenant s'il vous plait, c'est important.

Le pécheur sembla hésiter, mais se décida assez vite, au grand soulagement de Ludovic, laissant le français seul tandis qu'il allait faire ce qu'on lui avait demandé. Ce dernier chercha des yeux de quoi manger, mais ne trouva qu'une rangée de bocaux tous alignés sur une petite étagère. Sûrement des bigorneaux. Il entendit le pas lourd de l'homme qui lui tendit sa baguette avant de glisser l'arme sous son manteau d'un geste prudent, comme s'il craignait qu'elle ne tombe en morceaux. De son côté, Ludovic fut surpris de ne sentir qu'une douce chaleur dans sa paume, s'attendant à ce que le bout de noyer le brûle ou le gèle sitôt récupéré. Décidément ce truc n'en faisait qu'à sa tête.

Après avoir demandé un peu plus de précisions au pécheur, le maigrichon prit lentement la direction des fameuses sources, sentant l'air froid de la nuit le mordre plus que de coutume. Il devait vraiment être épuisé. Suivant la route au seul bruit de son souffle, le brun savoura un peu de calme dans l'obscurité. Bien loin du raffut de la ville son esprit se faisait un peu plus clair. Il commençait à se rappeler du livre et de la période de l'année, se repassant en accéléré tout ce qu'il lui était arrivé depuis le retour de l'arrogante Oswin dans la bibliothèque jusqu'au moment où il avait libéré la bête. Si ce dernier point était beaucoup plus confus, le reste était limpide comme de l'eau de roche. Bibliothèque, couteau, côtes, tête, morsure, coup de poing, abandon sur un balcon... Riche semaine.

Le brun trouva enfin le point d'eau qui diffusait une douce lumière en dessous des arbres. Sans doute un lieu magnifique que son mal de crâne ne lui laissa pas l'occasion d'admirer. Arrivant au bord du puits, le français ferma les yeux une seconde pour vérifier que personne ne se trouvait aux environs. En étant à peu près assuré, il retira chaussures, pantalon et sous-vêtement, découvrant l'espèce d’attelle qu'on lui avait posée à la jambe. Déjà à moitié dévêtu, le brun s'appuya contre un arbre pour défaire le bandage qu'il abandonna dans l'herbe et alla s'asseoir sur le rebord en veillant à ne pas trop forcer sur sa hanche. Il retira deux petites fioles de verre du revers de sa veste et les posa soigneusement au bord de l'eau, installant sa baguette juste à côté avant de retirer le reste de vêtements qui lui couvrait le dos et le vieux bandage qui cachait sa marque à l'avant-bras gauche.

Hésitant une seconde à défaire également le tissu qui lui couvrait le torse, l'échevelé finit par se résigner à le garder et se glissa dans l'eau, sentant avec délice ses nerfs se dénouer millimètre par millimètre à mesure que la chaleur du liquide lui glissait sur la peau. C'était vrai que cela faisait du bien. Il ralentit un peu alors qu'il s'enfonçait jusqu'aux épaules, savourant le relâchement dans son dos tout le long de sa colonne. Merveilleux. Le brun ne mit pas longtemps à prendre une profonde inspiration pour mettre la tête sous l'eau, y restant quelques délicieuse secondes avant de nettoyer rapidement sa blessure à la tempe dont il retira les croutes de sang séché du bout des ongles. Il ne tarda pas à ressortir la tête dans l'air mordant, s'ébrouant un peu les cheveux du bout des doigts pour leur redonner un minimum de dignité avant d'examiner ses bras et ses jambes. Ils étaient couverts de fines écorchures sur tout un côté, signe qu'il s'était brulé dans une chute qui ne lui revenait pas vraiment. Lorsqu'il était sortit de la maison peut-être. Quelle idée de passer le carreau si vite...

Le brun se rapprocha du bord pour poser la tête sur le rivage, fermant les yeux en essayant de rester le plus possible dans l'eau chaude. Sans qu'il s'en rende compte, il leva le bras pour faire glisser ses doigts le long de son épaule puis de son cou, comme pour en chasser la froidure d'un souvenir oublié avant de réchauffer sa main sous la surface lumineuse. Tandis qu'il reperdait la notion du temps, le français essaya de se rappeler plus en détail de ce qui s'était passé, fronçant de plus en plus les sourcils à mesure qu'il faisait le bilan. Il sursauta soudain, entendant une voix dans son dos qui lui fit ouvrir les yeux et s'écarter du bord à la hâte dans un juron étouffé. La surveillante se trouvait là, encore comme si de rien n'était.

— Oswin bon sang ! s'exclama-t-il en glissant sa main sur son épaule par réflexe pour cacher le bout de balafre qui dépassait sur son omoplate. Vous ne pouvez pas prévenir quand vous arrivez ? Vous voulez me tuer ou quoi ?

Le brun adressa un regard assassin à la jeune femme par dessus son épaule, lui tournant obstinément le dos tant pour essayer de cacher son entre-jambes que pour ne pas être obligé de trop la regarder.

— Je peux savoir ce que vous faites là ? grogna-t-il encore d'un ton cassant, cherchant des yeux de quoi se couvrir. Vous voulez me laisser un autre petit mot avant de partir ? grinça-t-il encore avec une acerbe ironie.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 3 Déc - 0:44




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Le sursaut de l'homme ne fut qu'amplifié par l'eau et les éclaboussures qui accentuèrent le geste pourtant léger qu'avait esquissé le brun, et sa réaction surprise arracha un léger sourire à la surveillante qui ne dit pourtant rien dans un premier temps. Continuant à fixer le ciel d'un air distrait, gardant pourtant toujours un oeil sur l'autre qui lui ne semblait pas décidé à la regarder. Et bien que ce genre de comportement soudainement distant fit légèrement froncer un sourcil à la jeune femme, elle ne s'y attarda pas plus, encore assez légère pour ne pas le prendre mal.
Puis l'enseignant exigea quelques explications, notamment sur la raison de sa venue, non sans grognements ni sans sarcasmes. Et cette fois cependant, le ton amer utilisé par le français dérangea un peu plus son auditrice, qui pourtant ne fit pas de remarques sur ce point là, se contentant de prendre une profonde inspiration et de répondre calmement à ces quelques provocations, même s'il restait quelque chose dans sa voix, comme de lointain, comme de tremblant mais qui se montrait fort...

-Vous tuer hein ? Oh non, ça serait idiot après tout cela, et puis si cela avait vraiment été de mon attention je n'aurais eut... Qu'à vous laisser vagabonder ici. Vous réussissez très bien tout seul à vous mettre en danger.

Et bien évidemment, ce fut exactement les mots qu'il avait choisit... "Vous voulez me tuer"... Comme si le semblant de conscience qu'il lui restait ne lui faisait pas assez regretter ses actes, comme si voir auprès d'elle cet homme bien vivant ne lui rappelait pas assez qu'elle avait faillit le laisser mourir, comme si tout ce monde ne s'était pas ligué contre elle pour la faire culpabiliser. Soupirant discrètement en secouant légèrement la tête, Oswin chassa ces quelques idées sombres en se disant que de toutes manières il ignorait tout de ce qu'elle avait faillit faire, et jamais il ne devrait l'apprendre. Puisqu'il n'y avait qu'elle qui avait vécu la scène, qui d'autre pouvait la lui raconter ?
Se relevant alors soudainement, la brune recommença son étrange manège en se contorsionnant d'un manière impossible afin de desserrer le laçage de sa robe, ne tardant pas à la faire glisser au sol tout en répondant à la suite des quelques questions de l'autre, toujours sur un ton étrangement calme bien que loin d'être dénué d'émotions.

-Je suis là pour tenir ma "petite promesse". Je ne partirai pas et il n'en jamais été question.

Ne conservant ainsi que ses sous-vêtements, Oswin mit quelques secondes ainsi délestée de tout le reste avant de plonger  dans l'eau, profitant à nouveau de ce plaisir retrouvé avec un doux sourire aux lèvres. La respiration plus rapide alors qu'elle plongea une nouvelle fois sous l'eau, y restant quelques secondes avant d'émerger et prenant alors une brusque bouchée d'air. Sentir l'eau glisser sur sa peau, peser dans ses cheveux ou même ressentir la morsure de l'air après e contact chaud de l'eau... Il s'agissait là de plaisirs rares qu'elle se plaisait à découvrir et redécouvrir.
Observant lentement autour d'elle, dos à l'enseignant jusque là, elle se retourna alors vers ce dernier avec un discret sourire, s'approchant de lui avec lenteur avant de s'installer à ses côtés. Elle aurait put le taquiner, le faire marcher ou encore le gêner, après tout, ce n'était pas elle qui était totalement nue dans cette eau, mais bien que l'envie lui semblait pressante, elle se refusait tout bonnement de refaire une seconde fois la même erreur. Une question, ce n'était qu'une simple question, et même si elle savait d'avance que l'autre répondrait à la va-vite, il lui semblait désormais essentiel de demander.

-Excusez moi, il faut dire que j'ai peu l'occasion de profiter de tels bains ces derniers temps. s'humectant les lèvres une seconde, elle ne tarda cependant pas à reprendre : Est-ce que vous allez mieux ? Cette journée a été éprouvante pour tous deux et... Je voulais m'assurer que vous supportez le coup.






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 3 Déc - 1:56




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Ludovic fronça un peu plus le sourcil, haussant l'autre, moyennement convaincu par la réponse de la femme. C'était censé être spirituel ? Il l'avait déjà vu faire mieux et puis c'était tout de même en grande partie à cause d'elle s'il était dans un état pareil. Néanmoins, quelque chose de curieux dans la réaction de la surveillante lui fit tenir sa langue. Il tourna un peu plus la tête, fixant la brune d'un oeil suspicieux, elle avait l'air de quelqu'un qui lui cachait quelque chose. Le brun n'eut pourtant pas l'occasion de s'interroger d'avantage là-dessus car la française commença à gigoter pour défaire son corsage. Lorsque le français vit le tissu commencer à glisser, il haussa un peu plus le sourcil et tourna vivement la tête, faisant un pas en arrière, enfin en avant, enfin dans la direction opposée à la jeune femme. Elle n'allait tout de même pas faire ce qu'il croyait ?

Mais à peine avait-il fait cela qu'il recommençait à tourner la tête vers la brune pour surveiller ses mouvements, rentrant un peu plus la tête dans les épaules, tandis qu'elle reprenait la parole. Quelle promesse ? Ne pas l'abandonner ? Comme si ce n'était pas déjà fait.

— Je crois que vous êtes en retard pour ça, rétorqua-t-il d'un ton un peu brusque.

L'échevelé tourna la tête vers la forêt, la redirigeant, pareille à une girouette, sur Oswin en entendant un clapotis. Elle avait disparue, elle était dans l'eau et à en juger par le tas que faisait sa robe sur le rivage elle n'était pas vraiment vêtue. Merveilleux, enfin... Ludovic haussa de nouveau un sourcil lorsqu'il la vit ressortir des flots pensant d'abord qu'elle était totalement nue avant de distinguer les contours de ses sous-vêtements. Bon, c'était déjà mieux. Il la fixa un moment alors qu'elle lui tournait le dos, comme fasciné par la façon dont la lumière se reflétait sur elle. Purement professionnel, d'un point de vue artiste, bien entendu, c'était juste rare d'avoir un modèle éclairé de cette façon. Bien entendu.

Voyant la jeune femme se retourner, Ludovic pivota de nouveau pour faire face à la forêt, mais même sans regarder, il n'eut aucun mal à sentir sa présence près de lui lorsqu'elle s'approcha. Esquissant un mouvement sur le côté, il essaya de reprendre un peu de distance alors qu'elle essayait d'avoir de ses nouvelles. Lâchant un grognement en réponse.

— J'ai deux côtes fêlées et mal au crâne. Vous n'avez qu'à en déduire comment je vais. Oh oui ! ajouta-t-il d'un ton narquois. J'allais presque oublier. Je me suis démolis la jambe en tombant d'un balcon aussi. Vous savez pourquoi ? Il tourna un regard furieux en direction de la brune. Parce que quelqu'un à cru bon de me laisser planter là en retirant l'échelle. Vous voulez qu'on en parle peut-être ? Avant que vous fassiez d'autres promesses.




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Dernière édition par Ludovic Descremps le Jeu 3 Déc - 18:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 3 Déc - 3:05




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Bien que les premières fois, la brune avait mit le ton rude de l'enseignant sur le compte des retrouvailles un peu abruptes, il en devenait à présent évidemment qu'il y avait autre chose. Fronçant les sourcils alors que le brun sous-entendit clairement qu'elle l'avait déjà abandonné par le passé, la jeune femme ouvrit légèrement la bouche comme pour répondre avant de se résigner, attendant un peu de voir ou tout cela menait avant de s'avancer plus sérieusement. Depuis le temps, elle avait appris qu'avec certaines personnes il fallait choisir chaque mots, car chacun d'entre eux avait une importance toute particulière, mais loin d'être un inconvénient elle trouvait même que cela ressemblait plus à un sport, distrayant, et aussi terriblement réconfortant. Car si cela pouvait se révéler contraignant quelque part, cela lui assurait aussi qu'elle aussi pouvait prendre ces mots comme importants. Et c'est exactement pour cette raison qu'elle fut quelque peu surprise lorsque Ludovic répondit franchement brusquement à sa petite question, et bien que sur son visage cela ne se vit pas, ou peut-être quelque part au fond du regard, elle ne out s'empecher dde déglutir avant de se tourner vers la terre ferme, s'accordant aux ardoises tandis qu'elle battait lentement l'eau de ses jambes.
Et oui... Il fallait un jour ou l'autre reprendre la partie. Remettre le masque pour le bien de tous, bluffer au jeu comme on bluffait à la vie. Elle le savait, bien évidemment, mais pourtant une petite parcelle d'elle même fut presque déçue de cette conclusion qu'elle savait pourtant elle même depuis si longtemps.
L'espoir était pour les idiots. Ne disait-on pas d'ailleurs qu'espérer n'était qu'une façon détournée de se mentir à soi-même ?

-Vous abandonner...

Ces mots sortirent en un souffle, à peine plus haut qu'un murmure mais qui s'entendaient admirablement bien dans le silence profond de la nuit noire. Oui, elle connaissait ce terme. C'était même l'un des premiers qu'elle avait apprit en anglais.
Le visage étonnamment neutre, le regard lourd comme épuisé alors qu'elle soupirait imperceptiblement, Oswin ne tarda pourtant pas à reprendre tandis qu'elle fixait un point dans le vide, quelque part sur les pierres semblant soudain avoir totalement changé d'attitude pour quelque chose de plus... Presque résigné.

-Sans moi vous seriez mort. Non, non... Mieux : sans moi vous ne seriez pas la. Vous seriez à Poudlard, tranquillement en train de faire arracher les cheveux à un certain bibliothécaire. Et sans vous, je continuerai mes missions, à apprendre des livres et des livres pour une infiltration et à pouvoir profiter pleinement de tous ces bouquins qui n'attendent que d'être lus. Mais vous l'avez dit vous même, nous somme... La pincée de sel de l'autre. Un petit coup de piment dans la vie de l'autre. Et nous sommes tous les deux... Addictifs à cela. Si ce n'était pas vous, si ce n'était pas moi, cela aurait été quelqu'un d'autre, un jour ou l'autre, vous auriez fini dans une situation si abracadabrante que vous auriez la encore voulut tout arrêter. Alors nous sommes tous les deux fautifs, pour... Tout cela. Mais je crois aussi, Descremps, que vous oubliez un point important.

Prenant une profonde inspiration, Oswin se tourna vers l'autre, fixant ce dernier de son regard aussi vide qu'indescriptible, mélange de déception, résignation et tristesse, mais le tout semblant si lointain qu'il était difficile de dire s'ils étaient présent encore maintenant ou n'étaient que de vagues mirages de quelconques précédentes larmes.

-Ce matin... reprit alors la brune avec un peu plus d'intonation. Ou cette nuit, voyez cela comme vous voulez. Ce matin, vous avez hurlez comme si l'on vous arrachait les boyaux. Comme si vous souffriez le martyr, qu'on vous torturait comme jamais l'on ne le fera, ce matin, me réveillant en hâte face à moi qui ne pouvait rien faire pour vous aider.

Les yeux de la jeune femme commençaient à peine à se teinter de larmes qu'elle serrait déjà les dents, retenant ces dernières pour qu'elles ne tombent pas maintenant. Mais déjà, sa voix s'était remise à trembler légèrement que dans son regard une lointaine colère faisait son apparition.

-Je ne pouvais pas... Comme vous l'avez si bien dit, mettre une balle dans le problème, je ne pouvais pas vous parler, je ne pouvais pas même vous réveiller ! J'étais obligée d'attendre, là, à vous regarder hurler à en réveiller les morts, et vous savez ce que vous avez fait en vous levant ? Pause. Vous êtes parti. Sans un mot, vous vous êtes enfuis, vous ne m'avez même pas dit ou vous alliez ! Vous avez brisé un miroir comme un fou et vous voilà parti avec un bout de verre mortel je ne sais où dans la nuit noire ! Pour reprendre vos termes : vous m'avez abandonnée.

Marquant un nouveau silence, l'Auror ne lâcha pas l'homme de son regard presque vide, prenant une inspiration calme avant de terminer :

-J'aurais pût vous suivre, j'ai voulu vous suivre, mais vous savez pourquoi je ne l'ai pas fait ? Pourquoi je ne me suis pas éperdument jetée après vous comme une deratee ? Car je vous attendais. Car je savais que vous reviendrez. Car je savais que quelques fois, malgré tout, on a besoin d'être seuls, qu'on a besoin... Que personne ne peut nous comprendre. Mais nous avons beau être deux gros égoïstes avides de leur personnes, vous savez quoi ? Je pense qu'on est trop idiot pour ne penser qu'une seule fois uniquement à nous, et que cet irrésistible élan d'altruisme nous attire, et quelque part, on se souvient qu'on est pas seul. Et qu'il y a ici au moins une personne qui peut avoir besoin de l'autre.

Et cela que ce soit lui qui ait besoin d'elle ou... Elle même qui ait besoin de lui.
Et c'était ce qu'il s'était passé à la fin d'octobre. Elle avait eut besoin d'être seule, de se ressourcer, de respirer un bon coup loin de tous, mais elle avait toujours sur quelque part qu'elle reviendrait. Un jour ou l'autre. Et puis franchement, après un discours comme celui de son collègue, qui n'aurait pas revu son jugement ? Mais cela, il pouvait toujours courir pour qu'elle l'avoue, même si ces derniers il lui semblait de plus en plus que Ludovic courrait depuis longtemps et finissait par atteindre des limites qu'elle n'aurait cru franchissable par nombre de gens.

-Alors, très cher Descremps, vous êtes un idiot fini. Mais vous savez quoi ? Je le suis aussi. Alors pour faire plus simple, même si je sais que cela ne suffira pas, je suis désolée. Je suis sincèrement, vraiment désolée.






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 3 Déc - 11:49




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La surveillante commençait tout juste à reprendre que Ludovic levait les yeux au ciel, attendant une bonne occasion de lui couper la parole. Comme s'il l'avait déjà qualifié de grain de sel, comme s'il avait voulu tout cela. Alors oui, bien sûr, il avait tendance à se mettre dans le pétrin, mais de là à dire qu'il était incapable de passer un mois sans encombres, pire, qu'il ne voulait pas passer un mois sans encombres, c'était s'avancer beaucoup trop loin. Elle n'avait aucune preuve de cela, il lui était déjà arrivé durant plus d'une année d'avoir une vie paisible, normale, loin des tracas qu'une tueuse en armes pouvait vous causer. L'ébouriffé aurait voulu dire cela, l'ébouriffé l'aurait probablement dit, mais Ludovic ne le fit pas, tournant la tête vers la jeune femme alors qu'elle lui fit remarquer qu'il oubliait un point important. Affichant un air interloqué qui ne posait qu'une seule question : Lequel ?

Dès les premiers mots qui suivirent, le français vit de quoi la jeune femme voulait parler et sa réaction ne se fit pas attendre. Il tourna le visage en direction de la forêt, gardant les yeux fixés sur la brune, le regard brulant d'une dangereuse mise en garde. Retenant ses mots alors que son souffle se faisait plus pressé et plus fort, furieux qu'on le mette encore devant tout ça alors que tout allait bien. Il finit par ne plus pouvoir soutenir le regard de l'Auror, le détournant une minute en essayant de ne plus l'écouter. Jusqu'à ce qu'il saisisse un de ses silences pour essayer de répondre.

— Ça n'a aucun rapport, rétorqua-t-il d'une voix étranglée. Ce qui s'est passé... c'était différent. D'accord ? Je ne pouvais pas... Le brun prit une profonde inspiration avant de poursuivre, sa voix s'envolant dans les aigües. Vous avez choisi de partir ! Vous avez décidé de retirer les caisses ! Vous m'avez regardé droit dans les yeux et vous m'avez coupé tout moyen de... de m'en sortir, d'intervenir, juste parce que vous vous êtes dit que ça serait mieux pour moi ! L'ébouriffé déglutit et pivota soudain pour faire face à la jeune femme pointant un index accusateur dans sa direction. Vous ne m'avez même pas demandé ce que j'en pensais avant de me traiter comme un gamin et vous vous étonnez que je le prenne mal ? Il ralentit le rythme, détachant avec soin chaque syllabe. Vous m'avez laissé planté sur un balcon alors que je savais... que j'étais persuadé que vous alliez mourir. Ludovic baissa le bras et s'avança vers la brune, la fixant droit au fond des yeux sans rien voir d'autre que sa colère. Vous savez ce que ça fait quand quelqu'un que vous connaissez, que vous connaissez même très bien, vous montre une falaise et vous dit qu'il va sauter alors que vous ne pouvez rien y faire ? C'est insupportable non ?

Le brun s'interrompit. À quoi bon essayer de se défendre contre ça ? Elle avait raison, il n'y avait même pas pensé, c'était si normal pour lui ce genre de choses, si évident que quoi qu'il arrive il ne cherchait à abandonner personne, du moins personne de vivant. Et parmi tout ce qu'il pouvait lui reprocher, il n'y avait peut-être pas une seule chose qu'il ne lui ait déjà faite. Pourtant, lorsque la jeune femme termina, le traitant d'idiot avant de s'excuser, le large sourire mauvais qu'afficha l'échevelé avait tout de la démence.

— Quand je pars, je ne le fais pas parce que je le veux, je le fais parce que je suis lâche. Trop lâche pour vivre et trop lâche pour mourir. Vous n'êtes pas lâche vous, si ? Vous qui passez tellement de temps à essayer de prouver le contraire, à fusiller les gens des yeux en espérant qu'ils regardent vos seins plus que votre conscience. Vous voulez que j'essaye d'y rajouter un poids ? On était d'accord pour que je reste et vous aviez le choix, vous auriez pu aussi bien me demander de faire le guet, de me laisser l'impression d'avoir fait quelque chose pour vous aider, mais vous avez choisit de partir et de me laisser me reprocher votre mort jusqu'aux restant de mes jours. L'échevelé reprit son souffle, adoptant une voix plus venimeuse. Vous êtes désolée maintenant ? Très bien ! Ça ne vous va pas du tout. Laissez-moi être désolé d'accord ? Ne faites pas les choses que vous regrettez, parce que je suis celui qui brise ses promesses, pas vous. Je suis celui qui dit quelque chose et fait son contraire, pas vous. Vous pensez que j'ai besoin de vous ? Mais pourquoi j'aurais besoin de quelqu'un qui ne me fait même pas confiance et me demande d'obéir ? Qui penses que je suis trop stupide pour servir à autre chose qu'amuser la galerie ? Je suis un idiot c'est ça ? Vous aussi ? Merveilleux ! On se fait un petit sourire et on fait comme si de rien n'était ? C'est un super monde que vous me proposez là, ironisa-t-il, je pourrais presque sentir l'optimisme dégouliner sur moi !

Le français s'interrompit, reculant d'un pas et détournant la tête. C'était ce qu'il était au final non ? Le pantin, le bouffon, le punching-ball de service. Aurait-on déjà imaginé une de ces choses avec de la fierté ? Avec des reproches à faire ou des principes ? Rien que des bêtises. Il ne savait même plus ce que c'était un principe. Tout ce qu'il savait faire maintenant c'était crier dans la nuit en espérant que personne ne l'entende pour ne pas aggraver les choses. Bonjour l'optimisme.

—  Mais pour que votre petit monde des merveilles existe il faudrait déjà qu'on soit à jeu égal et je sais ce que vous pensez parfois, reprit-il en pivotant de nouveau vers la jeune femme. Vous me regardez et c'est ça que vous voyez, fit-il encore en présentant son bras gauche à hauteur de ses yeux, paume tournée en direction de la brune. Sauf que moi vous voyez, je n'ai pas de poitrine pour vous détourner l'attention avec. il rebaissa le bras.Vous voyez un menteur, un traitre, quelqu'un qui attends le meilleur moment pour dévoiler vos secrets et exploiter vos faiblesses et vous savez quoi ? insista-t-il avec un léger rire nerveux. Peut-être que vous avez raison ? Peut-être que maintenant que j'ai bien eut confirmation que vous vous foutez complétement que je sois là ou non du moment que vous avez quelqu'un sur qui vous défouler je ne vais plus avoir envie de les garder vos secrets. Parce que vous me servez à quoi au final à part prendre des coups ? Quelle différence cela ferait-il si c'était moi qui vous faisait virer pour l'obscure raison dont vous ne voulez pas parler ? Vous croyez que le ministère s'en préoccupe ? Il ne vous aurais pas engagé sinon. Vous croyez que cela pourrait aller plus loin que ça ? Très bien j'ai hâte de voir ça ! Pourquoi j'aurais besoin de vous alors que vous n'avez même pas besoin de moi ? Vous l'avez dit vous-même, je n'ai besoin de personne pour avoir des problèmes, d'ailleurs je n'ai besoin de personne non plus pour m'en sortir, je suis tellement mieux tout seul ! Je connais d'autres personnes que vous vous savez ? Si je voulais de l'aide je n'aurais que l'embarras du choix et vous avez l'air si appliquée à me garder en retrait de tout, à me montrer que vous êtes fière et indépendante que je ne vois vraiment pas ce qu'un abruti comme moi, un sac d'os qui ne tient pas debout pourrait avoir à apporter à la grande Oswin en talons hauts ! Alors je vous le redemande, une dernière fois ; Pourquoi, par Merlin, est-ce que j'aurais besoin de vous ?




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 5 Déc - 2:27




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Le brun, bien que surpris par cet argument inattendu, ne tarda néanmoins pas à répondre à la jeune femme, toujours fixé par ses yeux nouvellement vides, n'hésitant pas, lui, à user de termes qui faisaient bien plus mal que n'importe quelle violence. Mais c'était logique, c'était ainsi qu'il savait faire, ainsi qu'il pouvait faire, car en venir au point n'avait aucuns intérêts et surtout, il savait qu'il n'avait aucunes chances face à elle. Et il était doué à cela, manipuler les mots, les lettres, les syllabes pour en faire des phrases... Des phrases aux sens horribles ou bienveillants pour tendre une perche de pensée à quelqu'un, qu'il ne les partage ou pas. Mais c'était bien vu, oui... C'était bien vu.
Néanmoins, bien trop prise dans la situation, Oswin ne put pas vraiment profiter de toute la "subtilité" des phrases du français, et au lieu de cela, elle se contentait de garder la tête droite, presque résignée à subir les critiques de l'autre alors que ses yeux étaient encore humides. Elle aurait aimé pouvoir dire qu'il avait fait de même, qu'il l'avait abandonné ou l'avait empêché d'agir à sa guise, mais elle avait beau chercher, rien ne lui venait à l'esprit. Il ne la forçait pas, il n'avait que ses mots, que ses promesses, et point très important : il avait un avantage par rapport à elle, mentir ne le gênait pas. Alors bien évidemment, cette fois, ce fut bien elle qui était en tort, prise à son propre jeu, quelle partie lamentable... Mais même si elle le voulait, même si elle le regrettait, elle ne pouvait soupirer et avouer sa faute, car cela ne ferai que donner plus d'élan à Ludovic qui ne s’emporterait que d'avantage.

Laissant échapper un souffle tremblant entre ses lèvres, la brune se retint de répondre immédiatement, craignant de ne savoir contrôler sa voix ou ses propos. Perdre quelqu'un, un être cher, le voir partir devant soi sans rien pouvoir y faire... Oh oui, elle connaissait, mais quand bien même elle savait que cela pouvait agacer l'enseignant, jamais elle n'aurait crut qu'il avait un si bon opinion d'elle qui l' aurait tant fait souffrir de cette décision hâtive...
Mais lorsqu'enfin l'Auror jugea que sa respiration était assez stable pour parler deux minutes sans en perde la voix, l'homme reprit la parole, ne laissant paraître cette fois que la colère qui l'habitait. Et à ce moment, une nouvelle pensée lui traversa l'esprit : se sentait-il ainsi lorsqu'elle s'emportait ? Etait-il aussi désarmé qu'elle et pourtant désireux de bien faire ? Et comment diable reussussait-il à arrêter le train en marche armé de son seul courage ?

Puis Ludovic continua à parler, encore et encore, en venant à la traiter de lâche, se servant de ses atouts pour ne pas qu'on la regarde en face. Mais était-ce seulement vrai ? Elle n'en savait que trop rien, peut-être, peut-être pas... À ses yeux, cela n'avait toujours eut que pour but d'attirer les regards, de rattraper le temps perdu, tant d'années de vies à courir pour sa survie, que pour une fois l'on ressente pour elle autre chose que de l'aversion, et qu'on lui accorde en somme un semblant d'attention. Et cela avait fonctionné, mais le brun avait après réflexion sans doute raison, un rôle de plus ne changeait pas grand chose et elle était bien placée pour savoir que aussi sincère soit-on, on ne pouvait s'empecher de se mentir à soi-même.
La suite laissa néanmoins Oswin plus perplexe alors même que son coeur se serrait. Il la critiquait, certes, pensant en somme que toutes ses promesses n'étaient que du vent, une jolie mise en forme pour mieux faire passer la pillule, mais plus que cela, derrière ces mots plus durs que beaucoup d'autres, il critiquait la brune au moins autant qu'il ne se jetait lui même des pierres. C'était presque comme dire "Ne gachez pas tout ainsi, ne suivez pas mon chemin ", et ce fut exactement ce point là qui fit serrer les dents à la brune. Que penser encore une fois de tout cela ? Se défendre ? Le défendre ? Il ne semblait pas même pouvoir ou vouloir s'aider tout seul... Et il lui semblait que ces quelques paroles firent tout aussi mal à lui au moins autant qu'elles ne lui firent mal à elle.
Mais plus cela allait, plus les choses s'enchaînaient vite, si bien que la surveillante eut bientôt les yeux trop embués qu'elle dut se passer une main sur le visage, le rafraîchissant d'eau tout en se retenant d'interrompre l'autre, son regard exprimant de plus en plus le conflit auquel elle était livrée et aussi et surtout sa douleur envers ses mots. C'était injuste... Trop injuste... Ne serait-ce qu'il ne parle d'elle ou de lui de cette façon... Que c'était-il passé bon sang pour que cela ne dégénère ainsi ?
Levant la tête au ciel, haletante alors qu'elle tentait de calmer son pouls trop rapide, la jeune femme attendit à peine quelques secondes avant de répondre à l'autre, sur un ton à mi-chemin entre la supplication, l'incompréhension et la colère qui perçait, plus lointaine.

-Fière, fière... répéta Oswin avec un sourire amer. Je vous parais fière là ? Est-ce que vous avez l'impression que je respire la confiance, la fierté ou ne serait-ce que l'indépendance ? continua-t-elle, se tournant à nouveau vers l'autre. Vous avez l'impression que quelques décolletés ou talons hauts m'aident à affronter la situation ? Que je correspond vraiment à la femme que vous décrivez ?! Je.. Vous... Je vous ai fait confiance, je vous ai dit, demandé, sans artifices ni... Ni une quelconque intimidation, je vous ai simplement... Fait confiance ! Et à peine cela fait, vous venez me dire que je suis une idiote fière qui ne mérite pas votre confiance ? Et juste après cela, vous pensez vraiment que je vous vois comme "un traitre" ?

Plus que critique, le ton de la brune était fait rempli d'incompréhensions, une voix où l'on pouvait clairement sentir son trouble et l'injustice qu'elle voyait là.
Se prenant une nouvelle fois la tête entre les mains, elle se frotta le visage comme pour se calmer mais à peine elle eut fait cela qu'elle reprit la parole, semblant cette fois encore moins colérique.

-Pourquoi auriez-vous besoin de moi...? Qu'est-ce que j'en sais moi ? Peut-etre pour rien ? Pour tout ? Pour vous aider, vous guider, vous faire espérer ? Peut-être qu'en me voyant vous vous dites qu'il y a pire, ou que votre côté altruiste chevalier servant se réveille alors ? Peut-être pour m'aider moi, mais pour vous aider vous aussi ? Comment voulez-vous que je réponde à cette question ?! Hein ? Il n'y a que vous qui puissiez avoir la bonne réponse à celle-ci...

Peut-être encore aurait-il fallut qu'il se demande tout simplement pourquoi il l'avait embrassée ? Mais cela, Oswin le garda pour elle, secouant lentement la tête comme si tout cela la dépassait.

-Je me pose moi-même cette question quelques fois... Mais si vous voulez savoir un truc, c'est que je ne vous ai jamais vu comme un traitre.

Serrant les dents suite à cette phrase, la jeune femme se retourna, respirant profondément pour calmer sa respiration trop vive tandis qu'elle se dirigeait vers l'extrémité la plus proche de la falaise, s'accoudant au bord sans sortir de l'eau pendant quelques instants, fixant la mer noire qui s'étendait à perte de vue alors que plusieurs longues secondes voir même minutes défilèrent plus ou moins silencieusement  :

-Je ne vous voyais pas comme ca... souffla-t-elle doucement, toute agressivité ayant quitté sa voix alors qu'il ne restait plus qu'une résignation maladive. Bien évidemment, je craignais quelques fois cette marque, mais vous avouerez qu'il y a de quoi. Mais plus qu'un traitre, je voyais en vous un homme qui a vécu des choses difficiles et qui comme tout le monde cache un lourd passé. Quelqu'un de loyal, bon, maladroit oui mais qu'importe ! Personne ne peut étre parfait, et nous n'echappons pas à la règle. Et je ne crois pas que vous me feriez congédier de Poudlard. Car qu'importe ce que vous pourrez dire, je sais ce que je pense de vous. Et a mes yeux, vous n'êtes certainement pas qu'un traitre profiteur, vous êtes quelqu'un de bien plus important...

Mais parlant à la nuit, seules les étoiles lui répondirent de la façon qu'elle désirait.
Elle qui avait tant attendu de rencontrer quelqu'un qui la jugerait d'abord pour sa conscience que pour sa  poitrine, elle découvrait aujourd'hui sans surprises qu'au final cela compliquait bien plus les choses que cela ne les arrangeait.
Et cette fois, elle espérait ne pas s'être trompée, car elle avait confiance en lui






Tenue d'Oswin:
 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 5 Déc - 17:05




Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

La lente montée de mal être de la surveillante n'échappa au français qui en eut la gorge nouée bien avant d'avoir fini ses reproches. Il ne se fit pas plus doux pour autant, restant solidement ancré dans sa rancœur. C'était trop facile s'il suffisait que les femmes pleurent pour qu'il les pardonne, il se laissait si souvent prendre à leur jeu que ses colères finissaient par en perdre leur sens, mais il n'allait pas se laisser avoir cette fois. Sourcils froncés à s'en faire mal, il toisait la jeune femme de toute sa hauteur, attendant qu'elle réplique pour avoir de quoi renvoyer la pareille, pris dans cette envie furieuse de lui cracher au visage tout ce qu'il n'avait pas eut l'occasion de lui dire durant leurs précédentes disputes, savourant ce goût puissant du duel qui, pourtant, semblait perdre de la saveur à mesure que la brune s'inclinait sans combattre. L'homme haussa légèrement un sourcil tandis qu'elle essayait de lui répondre, ne parvenant qu'à ajouter une pointe d'incompréhension à son masque de colère.

— Qu'est-ce que vous racontez ?
rétorqua-t-il avant d'essayer de rehausser le ton. Vous ne m'avez rien demandé ! Vous vous êtes jetée sur votre pauvre inconnue en détresse et vous vous êtes enfuie avec ! Si c'est ça que vous appelez de la confiance ça aurait été gentil de me prévenir à l'avance !

Ludovic garda les yeux levés sur la jeune femme, n'ayant aucune envie de se fatiguer à essayer de saisir ce que la brune voulait dire. De toute façon, à la manière dont elle lui résumait les choses elle avait visiblement toutes les raisons de le considérer comme un traitre à présent alors autant ne pas rajouter plus de preuves. Au lieu de renchérir, le brun se contenta donc d'afficher une vague grimace à la fois goguenarde et déçue, comme s'il s'attendait à ce que l'Auror ne lui apporte pas plus de réponses que cela à sa question.

— Me guider ? se moqua-t-il. Je serais bien tenté de vous laisser faire juste pour voir combien de temps ça vous prendra avant de m'envoyer dans un mur.

Il ne prit même pas la peine de répondre à ses autres propositions, les trouvant toutes trop absurdes pour mériter une raillerie. Plusieurs avaient pourtant déjà traversées son esprit, mais les entendre de quelqu'un d'autre leur faisait perdre le peu de crédibilité qu'elles avaient pu avoir pour lui. Pour tout, pour rien, par pitié, par nécessité... espoir ? N'importe quoi. D'une vague négation du chef, le sorcier balaya la suite des paroles de la jeune femme. N'accordant aucune attention au fait qu'elle même se posait parfois la question. Au lieu de cela, il tourna le dos et s'écarta un peu plus, allant s'appuyer contre un rebords un peu à l'écart de celui de la brune, contemplant la forme confuse des arbres. Le temps qu'il effectue ce court chemin, l'Auror avait repris, le gratifiant de quelques compliments qui n'effleurèrent même pas son esprit, tellement obstiné qu'il l'était à ne plus rien écouter. Il lâcha pourtant un bref souffle amusé à ses derniers mots, répondant, toujours amer, d'un ton presque las.

— Bien sûr...

Comme si les boulets ou les nigauds que l'on ne ressort de leur oublie que pour rendre les autres jaloux en leur volant un baiser pouvaient avoir de l'importance.

— Vous n'avez même pas suivit le plan, reprit-il d'une voix plus déçue qu'énervée, énonçant ce qu'il pensait une parfaite évidence. J'aurais peut-être pu comprendre, peut-être, si votre coup de sang avait donné quelque chose, mais votre piège n'a même pas marché. Vous n'avez même pas pris la peine de suivre la bête, poursuivit-il alors que son ton recommençait à s'élever vers la colère dans le long silence laissé par la française. Grâce à vous une fille est sauvée, oui, magnifique ! Une fille qui était censée mourir cette nuit, être retrouvée demain et aider le héros à localiser le monstre ! Qu'est-ce qu'il va faire maintenant ? Qu'est-ce que nous allons faire maintenant ? On ne sait même pas qui est son maitre, on ne sait même pas de quel côté elle est partie et grâce à vous maintenant on ne pourra même plus compter ni sur des souvenirs, ni sur une intervention miraculeuse du personnage principal ! Beau boulot Oswin ! Vous avez officiellement changé l'histoire et foutu un beau bordel ! L'ébouriffé lâcha un souffle fatigué, se pinçant les yeux entre ses doigts, toujours dans ce silence auquel il ne prêtait aucune attention. Je ne sais même pas pourquoi je m'épuise... vu comme vous avez l'air décidée à tout faire foirer.

Rabaissant le bras qu'il glissa sous l'eau plus tiède maintenant qu'il s'y était accoutumé, le brun laissa filer un autre soupir, les yeux rivés au ciel. Ils avaient eut une chance, une seule, maintenant qu'elle était passée il n'osait même pas imaginer ce qu'y arriverait.

— Vous savez ce qui est le plus drôle ? reprit le brun en baissant les yeux sur les arbres, hésitant un long moment avant de poursuivre. C'est que... avant que vous reveniez, je ne me suis pas rendu compte à quel point j'étais furieux que vous soyez partie. S'interrompant de nouveau, l'échevelé chercha ses mots, ne sachant pas vraiment par quel bout commencer.  J'étais juste... fit-il avant de laisser passer un silence, c'était décidément plus facile de crier. enfin, j'étais... je me demandais... si vous saviez que vous alliez partir avant de venir au bal et... il laissa filer un nouveau soupir baissant encore la voix comme dans l'espoir qu'elle ne l'entende pas. Je me suis demandé pourquoi vous aviez acceptée de danser avec moi et pourquoi vous m'aviez embrassé. Il se tut une demi-seconde avant de hausser de nouveau le ton, mais plutôt comme pour chasser une bêtise à coup de mots que pour s'emporter. C'est idiot je sais. Vous m'avez dit d'attendre avant de vous demander, mais je ne savais pas si je pourrais vous reposer la question un jour et quand vous m'avez embrassé sur la place hier, je... il marqua un nouveau silence, un peu plus prolongé que le premier. Enfin, j'y ai repensé. Ludovic déglutit, coulant un furtif coup d’œil à la brune, craignant une revanche sans doute bien méritée, avant de perdre son regard dans les profondeurs de la source. Je comprendrais que vous ne vouliez pas répondre après ce que j'ai dit.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 5 Déc - 22:45




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Les nouvelles critiques du brun tirèrent un froncement de sourcils à la jeune femme qui entrouvrit légèrement la bouche comme pour dire quelque chose, mais aucuns sons pourtant se sortit de sa gorge. Comment cela il ne voyait pas de quoi elle voulait parler ? Pourtant c'était évident, il n'y avait pas trois mille possibilités ni même des centaines de moments qui auraient put correspondre. Mais la suite de son incompréhension lui fit comprendre la douloureuse vérité, une vérité qui lui serra une nouvelle fois le coeur tandis que son visage se teintait à nouveau d'une étrange expression, se rapprochant étrangement de celle qu'elle avait eut en apprenant que son frère n'était en réalité pas mort, mais qu'à l'inverse il l'avait simplement... Oubliée. Comme si elle avait soudainement perdu tous ses moyens, comme si sous pieds le sol se dérobait. A nouveau.

-Vous avez oublié ...? souffla-t-elle si bas qu'elle même eut du mal à s'entendre.

Mais elle dut passer outre cela. C'était logique, oui, prévisible une fois de plus, et cela expliquait bien des choses. Ses réactions agressives, son incompréhension, ou tout simplement pourquoi il s'était soudainement endormi durant leur baiser... Et une fois encore, Oswin baissa le regard en se maudissant elle même, se maudissant de s'être une nouvelle fois laissée aveugler par ses émotions, de n'avoir sut garder son sang-froid ou même de s'étre imaginé des choses qui n'avaient lieu d'être. Et alors qu'elle combattait tête basse pour ne pas laisser l'assaut des larmes triompher d'elle, sa bouche s'étirant en une grimace de tristesse, l'homme avait reprit la parole, la blessant bien plus de son ignorance nouvelle que de part ces mots.
Il n'était pas conscient de ce qu'il disait, et il ne le serait jamais... C'était comme parler à un fantôme du passé, encore, mais des fantômes, elle en avait eut sa ose pour le reste de ses jours.
Se passant les mains sur le visage, elle s'en était alors allée sans plus d'explications, s'éloignant de l'homme alors qu'elle tentait toujours autant de réduire ses émotions au silence. Ce qui ne semblait pas être le cas de l'homme qui continua à critiquer ses choix, mais face à quelqu'un qui ne se souvenait même pas de ce qu'elle avait fait, il lui paraissait inutile de tenter de se défendre. Que lui dire ? Lui raconter qu'il s'était enfui ? Puis qu'elle avait voulu le retenir et qu'il avait fini par l'embrasser ? Mais oui ! Bien sûr ! Nuls doutes qu'il allait la croire ! Car oui, elle sentait qu'à travers ces malheureux incidents, ce n'était pas que des souvenirs qu'il avait perdu, mais aussi et surtout de la confiance envers elle...
Fermant les yeux, la tête toujours basse, elle apprit d'une oreille distraite que cette jeune fille qu'elle avait sauvé aurait dut aider le héros de l'histoire dans laquelle ils étaient empêtrés, elle avait donc modifié l'histoire, et avait sûrement supprimé leur seule chance de rentrer auprès de leur... De leur quoi ? Elle n'avait ni famille, ni proches, ni rien... Alors pourquoi vouloir rentrer ? Comme il l'avait dit, personne n'avait besoin d'elle, alors pourquoi continuer ? La seule chose qui la faisait avancer était son désir de vengeance, venger son frère, son père et sa mère, mais si elle avait déjà punit les meurtriers de ces deux derniers et que son frère était en vie, à quoi bon continuer ?
Tout le monde était heureux ! Happy end, les gentils survivent, mais point important, les mauvais devaient payer leurs actes... Et elle ne savait pas trop dans quel camp se classer.
Se prenant la tête entre les mains, Oswin tenta de chasser ces quelques idées de son esprit. C'était pour ces raisons qu'elle avait quitté Poudlard, pour pouvoir vider sa tête de toutes ces questions qui la harcelaient, alors si le jour même de son retour de nouvelles commençaient à la torturer... A quoi tout cela aurait servi ?

Puis, le silence se fit. Pas dans sa tête non, là, les questions tambourinaient encore et toujours, mais autour d'elle, car Ludovic s'était tût. Lâchant un souffle tremblant, la surveillante prit ensuite une profonde inspiration par la bouche, se frottant le visage alors qu'elle se calmait peu à peu. A quoi cela servait-il de se plaindre ? Rien. Alors le sujet était était clot.
Profitant de ce court répit, la brune se retourna vers le centre du bassin, les yeux fixant si bas qu'ils semblaient presque fermés, prenant soin de ne pas croiser du regard l'homme avant de s'enfoncer dans l'eau, ses cheveux flottant à la surface alors qu'elle s'employait à y rester le plus longtemps possible. Les yeux plissées, sourcils froncés à s'en faire mal, ses lèvres se déformèrent à nouveau pour une grimace de douleur, mais moindre cette fois-ci que ses précédentes. Faible, faible, elle était faible... Elle avait trop longtemps oublié son masque, croyant que pour une fois, elle pouvait s'en passer face à quelqu'un, mais en plus de s'être trompée elle ne réussissait à cacher la fissure qui le traversait à présent depuis plusieurs jours. Ce n'était pourtant pas bien compliqué... Alors qu'est-ce qui clochait chez elle ?

Ressortant soudainement de l'eau, inspirant une importante bouchée d'air alors qu'elle commençait à en manquer sérieusement, Oswin respira encore quelques instants à pleins poumons avant de déglutir, enfin calmée de ces poisons que l'on appelait émotion. Ouvrant lentement les yeux, la brune fixa plusieurs secondes l'eau légèrement luminescente, l'esprit totalement vide, comme lasse, avant que l'homme ne reprenne la parole. Levant son regard avec une lenteur impressionnante vers ce dernier, elle l'observa ensuite en silence, semblant totalement vide bien qu'au fond de son regard, n'importe quel masque n'aurait put cacher la lueur triste qui s'y nichait.
Elle écouta calmement les hésitations de l'autre, tout d'abord tout aussi distance mais peu à peu, un léger sourire nostalgique étira ses lèvres alors que son visage reprenait quelques couleurs... Oui, le bal... Mais ce qui était le plus horrible, c'était qu'il parle de ce baiser là, maintenant, alors que lui même avait oublié celui qu'il lui avait offert plus tôt, et sur lequel elle ne pourrait jamais parler...
Baissant le regard, Oswin laissa planer un court silence en déglutissant, répondant tout de même au bout de quelques longues secondes :

-Je... Non, avant le bal je ne voulais pas partir. Au contraire, j'étais décidée à rester, je me disais que ce ne serait qu'une épreuve de plus, et que de toute façon cela ne changeait rien aux deux mois précédents. Mais j'étais perdue... Et à la fin, je me suis rendue compte que je ne pouvais tout simplement pas supporter sa présence... Que c'était au delà de mes forces et que je n'étais pas assez forte. Je sentais que si je restais plus longtemps, j'allais finir par... Me détruire à petit feu.

Déglutissant une nouvelle fois, la jeune femme prit une profonde inspiration, le regard toujours baissé, avant de reprendre après cette courte pause, sa voix semblant alors déjà plus amusée même si c'était comme lointain, comme si elle était nostalgique...

-Quant au baiser... Ah, cette danse...! Sa poitrine se souleva légèrement, secouée par un rire fatigué, ce qui ne l'empêcha pourtant pas de reprendre. Je l'ai acceptée par politesse. Enfin... J'étais aussi amusée, j'avais remarqué votre petit manège avec mon cavalier du soir, et à vrai dire, le faire un peu tourner en bourrique était une idée qui me plaisait autant qu'à vous. La jalousie a bonne dose est un bon ennemi. Mais pendant que nous dansions, nous avons parlé, et quelque part vous m'avez... Je me suis dit que ce n'étaient pas là les seules raisons pour lesquelles j'avais accepté votre demande.

Relevant la tête, la brune fixa l'autre de ses grands yeux encore légèrement humides. Ses cheveux rendus noirs de jai par l'eau lui encadraient le visage, et le sourire triste qui avait réussit à percer sur son visage donnait un peu de douceur à ce tableau étrange.

-Vous m'avez aidée. A croire que l'inconscient est tout de même assez intelligent pour trouver les bonnes personnes pour nous aider... Mais j'avais besoin de quelqu'un, pour me laisser aller, quelqu'un que je savais assez bon pour ne pas profiter de moi ni de mon état, et simplement de me supporter et de me changer les idées. Je perdais pied, et vous étiez comme... Comme...

Baissant le ton, la brune lâcha un léger pouffement amer alors que son regard ne perdait rien de sa douceur et que son sourire persista malgré tout. C'était tellement... Délicieusement ironique.

-Comme un point de repère auquel je pouvais me fier.

Puis, elle se mura dans le silence. Juste quelques instants, pas longtemps, un sourire légèrement crispé au lèvres tandis que son regard fixait le vide et qu'elle sentait déjà le danger de larmes salées s'approcher d'elle à grands pas. Non, hors de question ! Elle devait se reprendre bon sang !
Essuyant d'un vif geste celles qui perlaient déjà à ses yeux, Oswin leva ensuite la tête vers l'homme qui ne la regardait pas à ce moment, souriant un peu plus avant de lancer, un peu plus crispée et un faux enthousiasme dans la voix, comme pour cacher ce qu'elle ressentait réellement :

-De toutes façon, je vous devais bien quelques explications pas vrai ? C'est justifié, je vous ai demandé plus tard, vous avez donc bien évidemment le droit de me la reposer à présent. C'est... Tout naturel.

Mais de là à lui avoir dit les bonnes raisons... Elle même ne savait que trop pourquoi elle avait fait cela. Ce n'étaient que déductions logiques et ce qu'elle se répétait lorsqu'elle y pensait, car c'était ainsi qu'elle l'avait ressenti. Comme si cet homme qui ne semblait voir qu'une idiote à la gâchette facile derrière elle... lui permettrait de rester debout, et de continuer à se battre. Un pillier, une vérité certaine au milieu de tous ces mensonges. Mais aujourd'hui, elle savait parfaitement que Descremps était loin d'être totalement comme elle l'aurait aimé, une pure et simple vérité. Mais dans le fond, qui l'était ?







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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 6 Déc - 2:40




Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

— Oublié quoi ? grogna le brun d'un ton sec qui résonna étrangement fort en comparaison de la faible de voix de la femme.

Alors que cette dernière semblait des plus troublées, l'échevelé songea qu'il avait dut avoir une autre absence, comme celle qui l'avait pris au retour du dolmen. Il ne s'y attarda pourtant pas, estimant que cela ne devait pas être important. Ce ne fut que lorsque le ton se calma, et encore, il fallut attendre un long moment après cela, que l'homme recommença à prêter un minimum attention aux mouvements de sa collègue. Il ne la regarda pas une seule seconde, mais l'écouta avec un silence surprenant vu l'énergie qu'il avait déployé à lui couper la parole quelques instant plus tôt. Par curiosité ou respect ? Sans doute pas, mais les raisons pour lesquelles il resta muet changèrent bientôt et il regretta assez vite d'avoir posé sa question. Il s'y était attendu bien sûr, mais elle confirmait les choses ; le divertissement. Ce n'était que cela, rien d'autre, n'importe qui aurait pu être à sa place à ce moment là. Opie, Conrad, n'importe quel premier venu dans une taverne... au moins le mystère s'était-il éclaircit, décevant comme d'habitude, mais résolut.

La jeune femme termina par une petite tentative de reprendre de l'assurance, tandis que son collègue se contentait de fixer la rive, dents serrées. Un long silence suivit avant qu'il ne commence à gesticuler, semblant trouver les pierres inconfortables sous ses pieds. Après tout, tant pis, si c'était son point de vue à quoi bon essayer de le changer. Le brun déglutit, laissant encore le silence s'étendre avant de lâcher un mot, les yeux baissés :

— Venez.

Il laissa passer un nouveau silence avant de lever la tête et parvenir à regarder la surveillante plus ou moins en face, levant une main vers elle, lui demandant une nouvelle fois d'approcher en ajoutant un s'il vous plait. Encore un silence et il finit par se redresser un peu plus pour combler la distance qui les séparait, saisissant doucement les doigts de la jeune femme lorsqu'elle fut à portée.

— Laissez-vous faire, murmura-t-il, glissant sa main libre dans les cheveux presque noirs de la brune, se décidant enfin à la regarder. Et faites-moi confiance, d'accord ?

Doucement, il regroupa les mèches humides sous ses doigts et fit pivoter l'Auror de manière à ce qu'elle lui tourne le dos, faisant glisser sa chevelure d'un même côté, par dessus son épaule pour lui dégager la gorge. Profitant qu'elle ne le regardait plus, il laissa la lassitude lui assombrir le visage et lâcha l'Auror pour détacher lentement le bandage qu'elle avait à l'épaule, gardant le tissu enroulé autour de ses phalanges qu'il plongea dans l'eau avant de commencer à nettoyer la plaie déjà fort propre.

— Fermez les yeux, murmura-t-il encore, tirant légèrement les épaules de la jeune femme en arrière pour qu'elle se repose sur lui.

Il recula un peu le bassin, histoire qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, et cala l'angle de sa mâchoire contre la tête de la femme, lui entourant la taille du bras en posant sa main contre son abdomen.

Je veux que vous écoutiez le son des vagues en contre-bas et le son de ma voixreprit le brun d'un ton doux et calme tout en continuant à passer de l'eau sur la blessure. Respirez par le nez et suivez le bruit des vagues. Vous entendez le flux, vous inspirez, la mer arrive, le reflux, vous expirez, la mer s'en va. Il n'y a que ce son, votre respiration et ma voix, vous êtes calme et détendue, vous entendez ni le vent ni les arbres, seulement les vagues et ma voix. Je vais compter jusqu'à trois, A trois vous serrez calme et détendue, complétement relâchée. Un, vous vous laissez aller, respirez en douceur, vous entendez les vagues, votre corps se détends et commence à être plus léger. Deux, vous sentez le sel de la mer, les vagues sont juste à côté, vous flottez dans la mer, la falaise est loin, vous êtes calme, il n'y a pas de danger, vous écoutez seulement les vagues et ma voix. Trois, vous êtes de plus en plus légère, même la mer n'est pas aussi légère, vous flottez, dormez et pendant que vous dormez vous entendez ma voix, maintenant vous êtes calme et détendue, vous n'entendez toujours que les vagues et ma voix. Je veux que vous restiez dans la mer, que vous rêviez d'une pièce vide et calme, il n'y a pas de danger, vous êtes en sécurité, vous regardez la pièce et vous l'avez déjà vue, elle est exactement comme dans vos souvenirs, dans la pièce vous voyez quelque chose qui vous fait peur, qui vous terrifie, mais vous êtes calme et détendue parce que vous dormez dans la mer, vous savez que cette pièce n'est qu'un rêve et que ce qui est dedans ne peut pas vous toucher, vous le voyez ? Ludovic fit une pause le temps que la jeune femme réponde, à mesure qu'il parlait il avait arrêté de bouger. Je veux que vous visualisiez bien ce que vous voyez et que vous rangiez cette chose dans une boite dans cette pièce et que vous fermiez la porte à clef, maintenant vous gardez la clef avec vous, vous la mettez dans votre poche et cette clef devient toute petite, de plus en plus petite, jusqu'à ce qu'elle disparaisse, et à mesure qu'elle disparait vous oubliez la pièce, vous oubliez ce qui est dedans et ce qui est dedans n'existe plus. Vous y êtes ? Nouveau silence et le sorcier repris doucement le va-et-viens du tissu. Maintenant je vais compter jusqu'à trois et à trois vous allez revenir à vous doucement en ouvrant les yeux, toujours calme et sereine, un, vous sortez de votre rêve et vous revenez dans la mer vous flottez toujours, mais votre corps prend forme, vous revenez doucement et vous sentez que vos pieds commencent à toucher le sol, deux, vous redescendez et suivez les vagues qui vous ramènent par dessus la falaise, vous entendez le vent et les arbres et vous entendez ma voix, les vagues sont lointaines, vous sentez le tissu sur votre peau et vous revenez près de moi, trois.

Ludovic se tut, reprenant un peu de souffle et de salive avant de caresser doucement l'épaule de la jeune femme, tournant un peu la tête pour s'assurer qu'elle était revenue à elle.

— Ça va mieux ?




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 6 Déc - 4:39




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Totalement inconsciente de l'avis qu'eut l'homme sur son discours, Oswin resta ainsi, debout dans l'eau, les machoires serrées et la tête haute pour garder un semblant de prestance, comme si cela suffisait à camoufler quoi que ce soit. Mais heureux soient les inconscients, car ce fut sans doute ce qui permit par la suite de détendre l'atmosphère. Mais à ce qui allait arriver, rien ne l'y aurait préparé. C'est pourquoi lorsque l'enseignant lui demanda de s'approcher, lui tendant ensuite la main en insistant, ce ne fut au départ qu'un froncement de sourcils qu'obtint l'homme, mais après une nette hésitation, la surveillante s'avança un peu plus, lentement, la curiosité vainquant la surprise alors qu'elle même ne savait pas trop vers quoi elle allait.
Finissant par la rejoindre en franchissant les derniers mètres, Ludovic passa alors une main dans la chevelure de la brune, lui demandant par la même occasion de se laisser faire et de lui faire confiance, ce qui n'arrangea pas vraiment l'inquiétude qui naissait lentement au fond d'elle, lui serrant le ventre et lui bloquant la gorge.
Où voulait-il en venir encore ? D'abord il l'incendiait, la traitant de tous les noms, puis il l'invitait bien que quelque peu froidement à s'approcher, commençant alors milles gestes étranges. Il la fit se tourner, chassa ses cheveux puis commença à lui enlever ses bandages, toujours sous le regard interloqué de la principale intéressée. Puis, lentement, il la fit basculer en arrière tout en lui demandant de fermer les yeux, et commença à parler d'une voix calme, en français, sur un ton qu'elle n'eut aucun mal à reconnaître et énonçant des mots qui lui semblaient familier.
Et lorsque, trop tard, elle comprit ce que l'homme essayait de faire, Oswin serra les poings, se retenant de se relever et de s'éloigner brusquement, tentant de réprimer ses vieux réflexes alors qu'elle ne cessait de se répéter une phrase : Personne ne voulait sa douleur. Le monde ne voulait pas sa mort.  Il ne la voulait pas.
Calmant sa respiration tout en suivant peu à eu les consignes de l'autre, Oswin, bien que crispée au départ, fini par se laisser porter non sans réticences.
La mer, la détente, la salle... Elle but les paroles de Ludovic comme un voyageur du désert aurait but à une gourde inespérée, sauf à un moment. Un seul moment ou une question lui vint à l'esprit, et ce fut lorsque le sorcier lui demanda d'imaginer dans la dite salle quelque chose qui lui faisait peur  qu'elle sembla sortir légèrement du rêve, ne voyant que du vide pendant un instant, à peine quelques secondes qui durèrent pourtant bien plus à ses yeux endormis, après quoi une silhouette bien familière se dessina auprès d'elle, des traits qu'elle connaissait bien, et un regard qui longtemps l'avait hanté.
Suite à cela, tout se déroula correctement en dehors de quelques tremblements ou de crispations involontaires de la part de la jeune femme, et bien vite, le français la fit "revenir auprès de lui", une phrase qui, avouons le, ne manqua pas de tirer un discret rictus amer à la jeune femme.
Il venait de faire la même chose qu'elle avait fait pour lui, quelques heures auparavant. Formulé d'une manière bien différente et très certainement dirigée par des intentions bien différentes, mais tout semblait se répéter... Mais il n'y pouvait rien, il n'en savait rien. Alors que pouvait-elle faire à part se taire et ronger son frein en attendant que cela ne passe ? Rien.

Sortant lentement de l'hypnose dans laquelle l'avait plongé Ludovic, ouvrant doucement ses yeux qui tombèrent directement sur l'homme qui l'avait guidé durant sa "transe", la brune resta ainsi, à le fixer pendant quelques secondes avant de commencer à se redresser, touchant avec soulagement le sol de ses pieds avant de machinalement porter la main à son épaule blessée, la frottant sans forcer comme si elle ne savait pas trop si les caresses qu'elle avait senties étaient de la transe ou de la réalité, ou plutôt, du rêve ou du cauchemar.

-Oui... Ca va mieux, merci...  lâcha-t-elle faiblement sans pour autant réellement lever le regard sur l'homme.

Plongée dans ses pensées, Oswin était perplexe il est vrai, voir même sceptique, mais elle sentait en elle une sorte de vide, un calme au fond elle si présent qu'il en devenait franchement effrayant. Et elle ne savait pas trop si elle devait en rire ou en pleurer. Mais cette fois encore, la brune fit passer ses propres ressentiments au second plan, levant la tête cette fois pour plonger ses yeux légèrement plissés dans ceux du sorcier, alors qu'on pouvait lire dans les siens cette même lueur de curiosité qui l'avait poussée à tenter l'expérience. Présente, mais comme effacée, ou tout simplement plus douce. Etrange.

-Et vous alors, Descremps, pourquoi avoir fait cela ?

Après tout, elle aussi avait bien droit de poser des questions.







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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 6 Déc - 11:51




Pour que le chasseur devienne la proie
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Durant les quelques minutes de faux silence qui suivirent, Oswin ne fut pas la seule à entrer en transe. Sentir le dos de la femme posée contre lui, sa respiration s'apaiser puis ses muscles se relâcher à mesure qu'il parlait, fit inspirer plus doucement le français qui profita de son tour de magie pour se détendre de son côté. Il ferma les yeux quelques secondes, gardant assez admirablement sa concentration tandis qu'il continuait à guider la jeune femme en ajoutant d'autres paroles apaisantes lorsqu'il la voyait plus tendue. Contre toute attente, cela se passa plutôt bien et il s'arrêta bientôt, sa question laissée en suspens alors que la surveillante le fixait, assez soucieuse pour qu'il s'en rende compte. Détournant les yeux, le brun posa la paume à plat sur la blessure, essayant une nouvelle fois de canaliser sa magie pour un sort en veillant à ne pas faire de mal à l'Auror.

Malheureusement, cette fois-ci il ne fonctionna pas et la jeune femme s'écarta bientôt, laissant un Ludovic étrangement vide derrière elle la suivre du regard tandis qu'il ne savait plus quoi faire de ses bras. Tandis qu'il hésitait à les croiser ou non, la jeune femme finit par lui répondre puis lui poser une question en retour qui lui fit baisser les yeux et reculer jusqu'au rebord le plus proche dans l'idée de s'y appuyer, essayant de grimacer un sourire tandis que ses doigts allèrent masser sa nuque.

— J'ai rencontré beaucoup de personnes dans ma vie qui m'ont apprit beaucoup de choses sur l'esprit, expliqua-t-il d'un ton plus léger. C'est passionnant lorsque vous commencez à rentrer là-dedans et... disons que j'ai quelques pré-dispositions pour ce genre de choses. Il y avait certains d'entre-eux qui pratiquaient l'hypnose et j'ai eut le droit à quelques séances. Plusieurs en fait, cela marche plutôt bien sur moi. C'est assez... déstabilisant et délicat, mais c'est un des moyens les plus efficaces que je connais pour se calmer. Il marqua une pause, taquinant une pierre au fond de l'eau du bout des orteils. Je me suis dit que ça nous ferait du bien à tous les deux de ne pas... enfin de ne pas parler et que ce serait peut-être un bon moyen de vous remercier pour avoir pris tellement soin de moi ces derniers jours, fit-il en glissant la main sur le bord du bandage qui lui couvrait les côtes. J'ai sans doute eu tord, s'empressa-t-il d'ajouter. Si j'ai eu tord dites-le moi, je sais que c'est loin de plaire à tout le monde et puis, si ça peut vous rassurer, je ne recommencerais pas. Je ne suis pas vraiment doué à ça, fit-il fronçant les sourcils et levant les yeux au ciel avant de les tourner vers la brune avec un léger sourire. Et puis je penses que vous êtes trop maline pour vous faire avoir deux fois.

Il ne tarda pas à rebaisser la tête, ravalant vite son sourire et continuant à gesticuler mal à l'aise à mesure que le silence semblait tomber. Il recommença à reculer, trouvant le rebord fort loin de ce qu'il avait estimé. Au moins eut-il l'occasion de voir que sa jambe se portait déjà mieux et n'avait pas trop de mal à le soutenir. Pour ce qui était de son petit tour, cela avait marché au moins et elle n'avait pas trop l'air de lui en vouloir, il n'avait pas de raison de s'inquiéter. Il n'allait tout de même pas compter jusqu'à trois pour s'en convaincre.

— Je l'ai frappé vous savez, lança-t-il soudain. Votre frère, Vaughan.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 6 Déc - 21:54




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L'homme sembla assez gêné par la question que lui posa à son tour la jeune femme, se reculant lentement sous le regard presque inexpressif de la brune, elle ne reprit néanmoins pas la parole en lui laissant tout le temps qu'il fallait afin qu'il s'exprime. Et il ne tarda d'ailleurs pas à le faire, lui expliquant lentement et calmement d'où lui venaient ces connaissances. Oui, intéressant, mais cela ne répondait en soi pas vraiment à sa question. Néanmoins, elle l'écouta, sincèrement intéressée par ce qu'il lui disait même si le sujet n'était pas vraiment ce qu'elle appréciait le plus. La gorge nouée, elle ne le coupa pas, attendant qu'il termine en notant ces nouvelles informations dans un coin de sa tête sans réellement s'en rendre compte. Puis, il s'excusa. Enfin... Il la remercia d'abord, notamment d'avoir pris soin de lui depuis leur arrivée dans ce monde étrange, et suite à cela, le visage de la jeune femme se fit plus doux tandis que ses sourcils se froncaient imperceptiblement, donnant à son regard une touche étrange, inattendue, mais loin d'être désagréable. L'autre continua tout de même à parler, en venant cette fois à s'excuser de sa petite surprise, tirant un sourire plus affirmé à la brune lorsqu'il reprit un peu de constance en la disant trop maligne pour se faire avoir une seconde fois.

-Et bien... Il est vrai que ce n'est pas quelque chose que j'apprécie particulièrement, mais je ne vais pas vous en blâmer, parce que vous avez bien fait.

Après tout, même si elle avait déjà eut quelques antécédents avec un problème semblable, il fallait avouer que cette courte expérience l'avait reposé et lui avait permit de se calmer nettement, et même avec la pire mauvaise foi du monde, elle ne pouvait nier que tout cela lui avait fait du bien.

-Mais si vous vous avisez de recommencer sans même me prévenir, je vous jure que la prochaine fois je ne réagirait pas aussi diplomatiquement ! reprit alors Oswin sur le même ton.

Alors que ses derniers mots tombèrent, un silence lourd les accompagna tandis que l'homme semblait voir revenir sa gène, ne sachant pas trop que dire sous le regard persévérant de la jeune femme. Mais elle ne détourna pas les yeux, le fixant sans faiblir, sans fuir, juste calme, observant l'autre se torturer les mains, ou encore se gratter nerveusement la nuque comme il en avait l'habitude.
Les rôles s'inversaient. Il l'avait aidée elle, lui tendant la main afin qu'elle reprenne le contrôle, comme elle l'avait précédemment fait avec lui. Et maintenant, il préférait l'éviter alors qu'elle était prête à l'affronter diplomatiquement alors que quelques minutes plus tôt, c'était lui qui montait le ton et elle qui baissait le regard.
Finissant par briser le silence, Ludovic reprit la parole, avouant d'une traite qu'il avait "frappé" celui qui servait de frère a son interlocutrice. Et pour être tout à fait franche, une lueur plus amusée nacquit au fond de des prunelles de la surveillante, secouée d'un discret rire alors qu'elle se penchait légèrement en avant, s'avançant vers l'homme un sourire incrédule aux lèvres.

-Vous l'avez frappé ? Vraiment ? Vous avez vraiment frappé... Vaughan ?

C'était là la première fois qu'elle prononçait son nom depuis bien des jours il lui semblait, mais bien que son ton semblait amusé par l'idée que l'enseignant ai frappé son collègue, elle ne semblait pas le moins du monde moqueuse ou agaçante, mais seulement... Surprise.

-Mais... Enfin... Je veux dire, pourquoi ? Vous n'aviez aucunes raisons, il ne vous a rien fait et... À la limite, si moi j'avais fait cela j'aurais trouvé ça logique, mais vous !

C'était peut-être idiot, mais cette simple nouvelle semblait avoir redonné le sourire à la jeune femme qui, sans sortir totalement d'un calme assez relatif, s'étonnait et prenait plaisir à ce fait tout neuf. Et puis, derrière cela, derrière le fait que le spectacle dut être mémorable et que Luke avait probablement amèrement regretté cette petite altercation, Ludovic semblait avoir pensé à elle, avoir été marqué par son départ plus qu'il ne le laissait paraître.

-Vous avez fait ça pour moi ?






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Lun 7 Déc - 15:12




Pour que le chasseur devienne la proie
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Ludovic n'afficha pas même un léger sourire à la réponse de la brune, le coin de ses lèvres eut tout de même un soubresaut alors qu'il songeait qu'il aurait bien envie de réessayer juste pour voir ce que cela pouvait donner, mais guère plus. De toute façon, au ton de la jeune femme, mieux valait en rester là pour ce sujet s'il ne voulait pas perdre définitivement un os, aussi tourna-t-il la tête vers la falaise, cherchant à voir l'horizon malgré l'épaisse obscurité qui la couvrait. C'était tout de même un très bel endroit que ces sources. La chute à pique des falaises, la croûte opaque des nuages et le vent en rafales qui sifflait contre la pierre, il y avait de quoi rêver. L'ébouriffé taquinait de l'ongle un morceau du rebord lorsque la jeune femme réagit à son annonce, semblant tout à fait incrédule. Elle le força à reculer encore tandis qu'elle venait vers lui et il leva les yeux au ciel en essayant de se justifier du mieux qu'il le pouvait.

— Oui, enfin, disons... c'était seulement... enfin c'était un coup de poing quoi, bafouilla-t-il avant que sa main ne vienne triturer le lobe de son oreille. Je ne l'ai pas non plus... frappé frappé... il est encore entier si vous en voulez.

Il évita de dire qu'il avait presque faillit se casser un doigt dans la manœuvre, question de fierté, et recula encore un peu quand la surveillante lui demanda pourquoi il avait agit de cette façon. Vaste question, lui-même n'était pas certain d'avoir une réponse digne de ce nom. Alignant ses bras contre ses côtés avant de les croiser et de les relâcher, le brun essaya une nouvelle fois de répondre sans trop paraitre embarrassé. Bonjour la crédibilité.

— Je... suis allé le voir après que vous soyez partie pour lui demander s'il savait quelque chose à votre sujet et je n'ai... enfin je n'ai pas aimé sa réponse résultat... j'étais sûr que c'était votre frère évidement, mais je ne suis pas allé le voir pour ça, enfin... un peu, je me disait qu'il pouvait avoir de vos nouvelles, c'est tout. Sauf qu'une chose en entrainant une autre le coup est partit... Sa main retourna s'accrocher à son oreille. Quelques insultes aussi... entre autre... Il baissa le bras. Mais je ne comprends vraiment pas pourquoi vous continuez à me frapper, rétorqua-t-il, plus perplexe que rancunier, c'est affreusement dur une mâchoire !

Il afficha un léger sourire cette fois, mais ce dernier disparut assez vite lorsque la brune renchérit pour une nouvelle question gênante - ceci étant dit par quelqu'un toujours nu dans un bassin en bord de mer naturellement - qui lui fit hausser légèrement les sourcils et ouvrir la bouche en un silence des plus traîtres. Il agita un peu la mâchoire, les yeux tournés vers un éventuel point de fuite, tandis qu'il essayait de retrouver le bon mot.

— Non, lâcha-t-il enfin, je l'ai fait parce que... enfin parce que... parce que je n'ai pas aimé sa réaction, c'est tout. Je veux dire... je lui ai dit que vous étiez partie et il n'était pratiquement pas inquiet, enfin pas autant que... que... il ouvrit et referma encore une fois ou deux la bouche avant de changer de phrase enfin que j'aurais cru et... - Il l'avait pris pour un livre diraient certains -  je me suis laissé emporter... comme d'habitude, Tournant les yeux en décidant d'arrêter le massacre, l'échevelé lança un regard suppliant à la jeune femme. Ça m'arrangerais beaucoup si vous évitiez de croire à sa version, il va vous dire que je l'ai juste regardé de travers avant de me jeter sur lui sans raison, mais c'était seulement un coup de poing et une grosse erreur. il regarda brièvement sur le côté avant de se sentir obligé de préciser je ne parle pas de votre frère. Pour l'erreur.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 8 Déc - 3:30




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Continuant à sourire pendant que l'homme lui expliquait globalement la situation, sur un ton hésitant qui laissait transparaître sa gène, le sourire d'Oswin ne disparut pas de son visage, s'étirant au contraire discrètement au fur et à mesure que l'autre s'exprimait. Alors ainsi, il s'était réellement battu avec son fantôme de frère ? Enfin... Se battre était un bien grand mot, elle l'avait vu se battre réellement, et le savait redoutable. Mais même si en duel il était franchement un sacré bougre, elle avait quelque mal à s'imaginer le français ainsi dévoué corps et âme dans un combat en plein milieu du couloir. Néanmoins, il en était quand même venu aux mains pour elle, il s'était tout bonnement suffisamment emporté pour frapper quelqu'un, et pas des moins impressionnants de plus.
Refermant la bouche en réprimant un rictus, ses lèvres s'étirèrent néanmoins en un doux sourire, plus calme, écoutant respectueusement l'homme qui galérait déjà bien assez tout seul à s'exprimer, sans détacher son regard une seconde de ce dernier. Et pourtant, elle sembla faiblir lorsque le français évoqua son frère, comme si la lueur au fond de ses yeux trembla une seconde, mais lorsque Ludovic laissa échapper que Vaughan était resté pratiquement indifférent à son départ, comparé à quelque chose qui refusa de passer les lèvre du brun mais que la brune n'eut pas le moindre mal à deviner, ou du moins, à déduire. Oui, il s'en fichait, autant le dire, mais en même temps pourquoi devrait-il se préoccuper d'une femme qu'il ne connaissait même pas ? Il ne se souvenait pas d'elle, et même s'il en avait conservé le corps, cet homme ou ce fantôme n'était même plus l'ombre du frère qu'elle avait jadis connu. Et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer bêtement qu'un jour elle reverrait dans son regard une lueur plus familière encore... Mais là, ce n'était qu'un espoir qu'elle savait vain, une idée folle et qu'elle ignorait encore pourquoi elle s'entêtait tant à la conserver.
Lorsque Ludovic se demanda étrangement sérieux comment elle faisait pour réussir à le frapper sans en subir le contre-coup en retour, un léger rictus passa les défenses de la brune qui sembla une nouvelle fois quelque peu amusée par cette remarque. Alors comme ça à présent il était presque impressionné par ses compétences ? Bien... Enfin, ce n'était pas sur le sujet rêvé mais cela lui suffisait.

-N'est-ce pas ? C'est toute une technique, cela peut paraître bête mais ce sont ce genre de petits détails qui forgent l'endurance.

Le brun bégaya ensuite encore un peu, répondant alors à la dernière question de son interlocutrice sans grande clarté, mais loin de chercher la petite bête, ce maigre résumé en apporta bien plus à la jeune femme que ce qu'elle aurait put espérer. Esquissant un dernier sourire un peu crispé tandis qu'elle déglutissant, le visage de son collègue de surveillant lui revenant en mémoire, puis elle leva les yeux au ciel, s'immergeant lentement dans l'eau jusqu'à la naissance du cou tout en fixant les étoiles, semblant calme, comme apaisée même ses mâchoires restaient serrées.

-C'est très... C'est bien ce que vous avez fait. commença alors la brune en nageant lentement vers le bord contre lequel s'était appuyé l'homme, finissant à ses côtés en coulant un regard dans sa direction. Je sais, c'est risible, je me répète comme un vieux disque. Mais je n'aurais put le faire moi même, quoi qu'il fasse je ne pourrais probablement jamais lever la main sur lui. Pas après... Pas après ce que mon vrai frère a vécu. Et même si ce Vaughan n'est qu'un usurpateur, ce corps dans lequel il est logé appartient à ma famille, c'est... Celui de mon frère.

Sa voix se bloqua sur les derniers mots, si bien que Linda dut déglutir et prendre une profonde inspiration avant de reprendre là où elle s'était arrêtée, non sans avoir marqué auparavant une pause nette et précise. Mais alors qu'elle allait reprendre la parole pour raconter sa bien triste histoire, l'homme la coupa, lui demandant de ne pas lui raconter tout de suite alors qu'elle fronçait légèrement un sourcil... Pourquoi l'arrêter ? Bon, après il était vrai qu'elle s'étalait quelque peu, et peut-être que ses propos l'ennuyaient. Mais lorsqu'il continua, affirmant qu'il l'écouterait, la brune parut se détendre, se calmer, détournant son regard précédemment revenu sur l'homme pour fixer l'eau claire et lâcher un léger soupire. Mais maintenant qu'elle avait commencé, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Alors autant continuer.

-Oui, bien sûr... Enfin, pour faire court, sa disparition m'a marquée, je ne pensais jamais le revoir et j'ai souffert de son départ précipité. Et c'est cela qui m'a poussé à devenir celle que je suis, c'est cela qui m'a fait vivre chaque jour comme si c'était le dernier, et à ne me fier à personne car ce jour là j'ai aussi compris que quels que soient nos efforts il ne faut jamais se reposer sur quelqu'un ou quelque chose plus qu'une autre. Marquant une pause, la jeune femme déglutit à nouveau avant de venir se masser machinalement ses poignets, reprenant dans un même temps la parole. Plusieurs fois je me suis attachée oui, et à chaque fois, je l'ai amèrement regrettée. Et aujourd'hui, me voilà enfreindre à nouveau mes propres principes, et je ne sais si c'est parce que ma raison de continuer vient de m'échapper ou bien... Si toutes mes croyances soient erronées ou...

Elle ne finit pas sa phrase. Oswin se frotta vigoureusement le visage de ses mains, lâchant une longue expiration. C'était étrange, mais quand bien même sa voix ne cessait de se bloquer dans sa gorge, elle restait étonnamment calme, peut-être un effet de la petite hypnose de Ludovic...

-Et j'ai peur de perdre à nouveau pieds. reprit-elle ensuite, tête haute et sur un ton expéditif, semblant avoir reprit un peu de constance. De me laisser aller et de le regretter, et puis... Apprendre qu'il m'a totalement oubliée, alors que gamine j'ai tant espéré que ce jour n'arrive... Toutes ces années, tous ces moments...

Fermant les yeux, elle ne tenta tout simplement pas de continuer, ne voyant pas où tout cela voulait en venir. Pourquoi raconter ? Il n'était pas idiot, il avait déjà dut comprendre tout cela, et puis c'était déjà passé et elle s'était promise de ne plus y penser. Ce n'était plus son frère, ce n'était plus Lionel... Il n'était plus rien.
Lâchant son poignet pour se gratter légèrement le bas de la nuque, faisait de petits gestes comme pour se préserver du froid de l'air qui mordait en dehors de l'eau, la surveillante esquissa une nouvelle légère grimace avant de lentement glisser son regard vers son auditeur, et de tout à fait calmement demander :

-Excusez-moi, vous devez trouver cela sans intérêt. Et moi pour une idiote... Enfin je le suis bien après tout, plus qu'à assumer les conséquences de mes actes désormais.







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Dernière édition par Linda Oswin le Mar 8 Déc - 21:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 8 Déc - 15:03




Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Quand la surveillante conclu, après son interminable combat pour aligner plus de trois phrases cohérentes à la suite, qu'il avait bien fait, Ludovic esquissa une moue et haussa un sourcil. Oui, d'accord, c'était un point de vue, mais lui ne trouvait pas spécialement "bien" de frapper quelqu'un qui, au fond, ne l'avait peut-être même pas mérité. A vrai dire, même s'attaquer à quelqu'un l'ayant cherché lui semblait sur le coup une mauvaise idée. Autant le provoquer en duel, c'était déjà plus civilisé. D'ailleurs, songea-t-il en fronçant les sourcils, il aurait dut y penser. Un clapotis le coupa dans ses réflexions et l'échevelé tourna la tête pour voir la surveillante le rejoindre. Il se contorsionna un peu, comme si son buste, dirigé par sa tête, avait voulu s'écarter un peu plus, alors que le reste préféra rester où il était. Il finit par poser le bras contre le rebord en barrière et s'efforça de prendre une posture dégagée. Facile, le naturel n'est qu'une question d'état d'esprit. Le corps de sa famille disait-elle ? Oui, bien entendu, cela aussi c'était un point de vue, mais, malaise à part, il comprenait. Autant qu'un fils unique le pouvait. Cependant, lorsque la brune s'interrompit, l'ébouriffé ne tarda pas à tourner la tête vers elle, regrettant de ne pas avoir reculé plus tôt et de ne plus pouvoir retirer son bras du bord maintenant qu'il se retrouvait plus ou moins bloqué par la jeune femme. Il fronça davantage les sourcils lorsqu'il entendit la première phrase de sa voisine et se tortilla encore une seconde sur place pour finalement tourner la tête vers elle, adoptant un ton et une posture soudain beaucoup plus sérieuse.

— Ne me racontez pas, interrompit-il à la hâte avant de prendre une voix plus douce. Je penses que vous le regretteriez sinon. Je préfère... que vous attendiez si vous le voulez bien. Plus tard, je vous écouterai, je vous le promet.

Il garda les yeux sur elle jusqu'à ce qu'elle accepte de changer de sujet, espérant que, tout comme il l'avait fait, elle lui accorderait sa demande sans poser de questions. Avec un fin soupir soulagé, Ludovic écouta la suite, fixant les profondeurs de la source dans un silence à peine rompu par son souffle, jusqu'à ce que la jeune femme eut fini.

— Les gens vont et viennent, répondit-il caressant brièvement le bras de la brune du bout de l'ongle avant de s'enfoncer dans l'eau jusqu'au cou. Certains meurent ou vous oublie, c'est inévitable, et quand ils le font on se retrouve parfois avec le cœur brisé au point de se dire qu'on aurait préféré ne jamais les rencontrer. Mais si on ne l'avait pas fait, on ne serait pas tout à fait nous et puis, si on a de la chance, il y en a aussi qui restent toujours, même au-delà de ce que l'on pourrait imaginer. Qui restent même si c'est mauvais pour eux et même si vous essayez de les repousser. Ce n'est pas parce qu'ils sont idiots ou suicidaires, enfin... ça dépends lesquels, corrigea-t-il avec un léger haussement de sourcils en tournant la tête vers la brune. Mais, généralement, c'est seulement parce qu'ils vous aiment. il marqua une légère pause, reprenant en détournant brièvement le regard. Bien sûr, Il y a des profiteurs et des menteurs, mais il n'y a pas que ça, il n'y a pas que des personnes qui meurent et, même si elles le font, ce n'est pas toujours pour aujourd'hui et pas parce que c'est de votre faute. Vous ne pouvez pas prédire si telle ou telle personne vous quittera ou si elle restera avec vous jusqu'au bout. Vous ne pouvez pas être certaine de l'avenir, sauf si vous êtes médium, mais c'est parfois mieux l'inconnu, parce que si l'on vous disait tout ce qui devait vous arriver à quoi bon vivre ? Je n'ai pas envie de me dire qu'il n'y a qu'aujourd'hui qui existe et que de toute façon demain ne sera qu'une hécatombe. Le futur... c'est un mélange infini d'imprévisible et d'inévitable et à chaque seconde vous avez une chance de croiser une de ces personnes qui restent. Il faut juste que vous vous empêchiez de partir assez longtemps pour leur laisser une occasion de vous approcher.

Le brun s'interrompit, récupérant un peu de salive avant de fixer la jeune femme dans les yeux. A quoi bon lui dire tout ça, si elle croyait le contraire ? Elle le traiterait de naïf ou d'utopique, mais tant pis, ce n'était pas comme s'il lui restait une réputation à préserver et au moins c'était dit.

— Vous avez de la chance que votre frère soit encore vivant. reprit-il. Il ne se souvient peut-être plus de vous, mais il existe toujours. Il est un peu... différent c'est tout. Peut-être qu'avec un peu d'efforts vous pourriez prendre la peine de refaire sa connaissance. Pour ce que j'en ai vu, c'est quelqu'un de bien, il devrait vous plaire. Ce ne sera jamais comme avant, mais ce sera toujours mieux que d'essayer de faire comme s'il n'existait pas. Et si ça ne marche pas et que vous perdez pieds... je ferais de mon mieux pour vous rattraper.

Il détailla une seconde de plus le visage de l'Auror, cherchant encore les couleurs de son portrait à graver dans sa mémoire avant de déglutir pour dénouer sa gorge. Il pivota presque aussitôt pour tourner la tête vers le ciel. Il aurait plutôt dut penser à des couleurs pour Lisbeth. Comment peindre une métamorphomage ? Blonde, rousse, brune ? Blanche, noire, hâlée ? elle pouvait tout faire. Plus changeante que des aquarelles dans une rivière et pourtant son image semblait beaucoup plus saisissable que celle de bien d'autres femmes sur Terre.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 9 Déc - 0:39




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Après une nouvelle promesse, comme quoi le français l'écouterai à condition qu'elle n'en parle que plus tard, Oswin s'était tut, reprenant la parole que quelques instants plus tard, résumant en gros ses impressions et l'histoire qui allait avec. C'était étrange d'en parler ainsi, si simplement, et plus elle se le répétait plus elle trouvait cela absurde, et plus son esprit refusait tout simplement la possibilité voir même l'idée que son frère était en vie, et ce, même si dans les faits il était mort depuis longtemps.
Comment est-ce qu'ils disaient déjà ? Ah, oui, première étape du deuil : le dénis.
Continuant son récit, expliquant son point de vue avec une neutralité qui la perturba elle même, même si ses tripes nouées à la faire vomir lui rappelaient cruellement la situation dans laquelle elle était. Finissant de parler en soupirant nouvellement, la brune se passa une main dans ses cheveux trempés, n'attendant pas vraiment de réponse de la part de son auditeur, alors lorsqu'elle entendit sa voix vibrer dans le silence de la nuit, elle en fut presque surprise, tournant à nouveau la tête vers l'homme en l'écoutant respectueusement. Enfin... Respectueusement... DU moins jusqu'à ce qu'elle ne sente une courte caresse sur son bras, car à peine remarqua-t-elle ce détail étrange qu'il attira son regard -lui donnant par ailleurs une belle vue loin d'être chaste sur un certain membre de Ludovic-, un sourcil froncé, l'autre haussé alors qu'elle ouvrit légèrement la bouche, comme pour protester, mais que dans son regard brillait une lueur clairement espiègle.
Néanmoins, la suite la ramena bien vite à la réalité, et sa respiration se ralentit peu à peu jusqu'à s'arrêter au comble du discours. Que quelqu'un tienne à elle... Un beau rêve oui, mais qui à ses yeux pouvait seulement tenir un semblant soit peu à elle ? Son cercle restreint de connaissances contenait en résumé des relations professionnelles, chaotiques ou plus sensuelles... Mais attachée à quelqu'un ? Déjà aurait-il fallut que cette idée soit réalisable, même si ces derniers temps, il était vrai qu'elle ne se sentait plus assez forte pour continuer seule sa route. Mais sur qui s'appuyer alors ? Sur un homme qui était capable de la descendre sans le moindre état d'âme ou sur un autre qui faisait tout pour lui échapper, la craignant comme la peste ?
S'humectant les lèvres avant de reprendre une nouvelle bouchée d'air discrète, l'Auror écouta attentivement les paroles suivantes de son collègue, étant en un sens totalement d'accord avec lui, mais même si elle pouvait beaucoup de choses, elle ne pouvait tout simplement pardonner, et elle ne pouvait ignorer les paroles que l'autre surveillant lui avait fait part. Comment réagir ? Sourire et lui proposer une vie dont il ne veut pas ? Mais bien sur... Alors quoi ?

-Oui, c'est vrai mais... déglutissant légèrement, la jeune femme esquissa une discrète grimace, un rictus loin d'être joyeux avant de continuer : Imaginez-vous, juste une minute, imaginez que vous deviez vivre au côtés d'un fantôme ? D'une personne que vous avez connu mieux que quiconque et qui aujourd'hui ne vous connait plus et ne veut même pas de vous dans sa vie ? Est-ce que vous le supporteriez ?

C'était là une dure question, et elle le savait, mais c'était sans doute le seul argument qu'elle avait afin d'expliquer la folie qui avait de loin surplombé la raison. Prenant une profonde inspiration tremblante, Oswin esquissa un sourire loin d'être joyeux, levant la tête vers le firmament en regardant paisiblement les étoiles briller au loin, trop lointaines et trop proches à la fois, une dualité perturbante qui ne faisait que mettre un peu plus en évidence l'absurdité de ce monde qui n'était pas le sien. Et lorsque la voix de Ludovic cessa de se faire entendre, la brune coula un regard vers ce dernier, qui le détourna presque immédiatement. Et elle ne chercha pas à le rappeler à l'ordre, ni même à comprendre pourquoi il avait fuit sa vision, car cela lui semblait si normal, si naturel, t au contraire, le voir l'affronter et lui parler avec un tel comportement la désarmait plus que ces quelques fuites, ventre à terre, comme par exemple ce qu'il venait de lui dire.
Il l'aiderait, c'était en somme ce qu'il venait de dire, et il voulait par ailleurs qu'elle ait ses chances auprès de celui qui lui semblait à la fois si familier et si étranger. Ce n'était peut-être rien et Oswin ne doutait pas qu'il devait sans doute proposer ce genre de marchés à qui voulait bien l'entendre dans ses connaissances, mais ce fut tout de même un point particulièrement important aux yeux de la jeune femme dont les lèvres s'étirèrent en un léger sourire.

-Je ne suis pas sûre d'en être capable...

Souriant un peu plus, la brune lâcha un discret pouffement, trouvant la situation tout bonnement ridicule alors qu'elle secouait la tête, se passant la langue sur les lèvres en agitant ses mains dans l'eau, observant distraitement les vaguelettes et tourbillons créés par ses propres gestes.

-Tout serait plus simple si tout n'était que logique... Mais je doute que cela soit aussi intéressant.

Nouvelle pause tandis qu'elle levait la tête, plongée dans ses pensées qui semblaient se revoir en boucle les dernières paroles de l'homme, comme si elle cherchait elle même à se convaincre ou à se rassurer. Elle ne fuyait plus, non, maintenant elle se cachait. Mais elle craignait encore de saisir cette main qu'on lui tendait afin de la sortir de son trou.

-Et vous, Descremps, avez-vous déjà aimé ? D'un vrai amour, non pas pour quelqu'un de sa famille ou... Quelque chose dans l'idée. Mais vos paroles sentent bien trop le vécu pour ne pas être teintées de vérité.

Mais un homme tel que lui, aussi borné et insupportable soit-il, aurait forcément dut porter un anneau au doigt... Et pourtant ici, cela ne semblait pas être le cas.






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 10 Déc - 1:17




Pour que le chasseur devienne la proie
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Ludovic resta un instant songeur à la réplique de la jeune femme, essayant d'imaginer ce que cela lui ferait en effet, mais il eut beau chercher et comparer, il ne parvint pas à déterminer s'il valait mieux d'un proche mort que d'un proche si changé. Il aurait sans doute préféré la deuxième version pour bien des personnes, quoique. Qu'aurait été son grand-père par exemple s'il n'avait pas eut le même caractère ? Sûrement un bien piètre exemple pour les jurons. À défaut de pouvoir trancher la question, le brun préféra ne pas répondre, ne reprenant la parole qu'une fois que la jeune femme lui dit hésiter à en être capable.

— Vous n'en savez rien, vous n'avez pas encore essayé. Avant d'approuver le fait qu'un monde uniquement logique n'en vaudrait sans doute pas la peine.

La conversation s'était faite plus légère depuis qu'il s'était calmé, aussi Ludovic ne fut-il presque pas surpris par la question de la jeune femme qui lui tira un sourire.

— Même mes mensonges sentent le vécu, marmonna-t-il, l'air de se moquer de lui-même avant de répondre. Vous parlez plutôt du côté sentimental qu'amical je me trompe ? fit-il en adressant un regard entendu à la brune avant de fouiller dans sa mémoire. J'ai eut... comment dire ? Plusieurs grands amours dans ma vie. Moins que certains, plus que d'autres, mais je suis assez... passionné, tomber amoureux c'est presque une part de ma nature. Je ne dis pas qu'ils étaient tous inébranlables, mais pendant longtemps j'ai fait en sorte de me retrouver le moins possible à embrasser quelqu'un que je n'aimais pas. Il y en a une surtout, poursuivit-il en s'appuyant de manière à faire face à la jeune femme, fouillant toujours dans sa mémoire, à laquelle je tenait beaucoup. Un peu réservée de prime abord, mais parfois plus entêtée que moi. J'aurais voulu que ça aille plus loin elle et moi, mais je suis parfois... hâtif dans ce domaine. Il tourna les yeux vers la brune avec une petite grimace. Je lui ai demandé de m'épouser et de partir parcourir le monde avec moi. Elle devait avoir... quinze, seize ans, moi dix-sept. Allez savoir pourquoi, mais je crois que ça l'a un peu paniqué.

Ludovic afficha un sourire qui s’attrista assez vite avant de lever de nouveau la tête, hésitant à poursuivre. Il se mordilla la langue, coulant de nouveau un regard vers la brune comme pour la jauger. Non, c'était une mauvaise idée.

— Je ne sais jamais si c'est vraiment de l'amour. Si on y réfléchit c'est juste le moyen de survie de l'espèce, mais je veux croire que c'est quand même plus que ça. Qu'à un moment vous rencontrez quelqu'un et que vous n'imaginez pas ce que serait votre vie sans cette personne. Mais d'un autre côté, vous n'y pensez pas vraiment quand vous lui parlez. Parce que quand vous êtes avec elle c'est comme si le temps n'existait plus et que tout était possible. Comme s'il n'y avait rien d'autre que vous et elle. Mais c'est si difficile de juger de ça. C'est si... éphémère et indescriptible. Parfois même quand vous avez l'impression que tout va bien tout peut disparaitre au point que vous pensiez ne jamais vous en remettre et à ce moment là vous ne pouvez plus qu'attendre en espérant tout oublier. Le brun lâcha un soupir avant de reprendre un ton un peu plus moqueur. Enfin, j'imagine que c'est ce que doivent ressentir les papillons lorsqu'ils tombent sur une ampoule.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 10 Déc - 23:42




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Un léger sourire en coin étira les lèvres de la jeune femme alors que le brun répondait à sa question avec sa légèreté habituelle, avec une pointe d'humour pour bien commencer. C'était étrange d'en parler aussi simplement, mais contrairement à elle, Ludovic ne paraissait pas être aussi crispé sur ses sentiments qu'elle ne l'était, comme si c'était simple, tellement simple... Etait-il simple d'esprit ? Idiot ? Ou était-ce elle qui tenait là le mauvais rôle ? Peut-être se prenait-elle trop la tête et que toutes ses tortures étaient simplement dues à son refus de les voir telles qu'elles étaient, dans leur "simplicité"... Mais ici, quand il en parlait, il lui semblait qu'elle même était plus détendue, comme si elle s'acceptait ou apprenait à prendre du recul. Ce n'était qu'un détail, certes, mais après plus de dix jours plongée dans son travail pour s'y oublier, elle se demandait quelle était réellement la bonne technique pour s'y prendre.
Ses lèvres toujours étirées en un sourire calme, elle écouta respectueusement l'autre parler, le fixant sans interruptions du moins jusqu'à ce qu'il n'avoue éviter d'embrasser des femmes qu'il n'aimait pas vraiment. Sur ces quelques mots, Oswin détourna presque trop vivement le regard, fixant l'eau luminescente un instant en se mordant discrètement la lèvre, revivant fugacement la scène irréaliste qui s'était déroulée plus tôt... Que devait-elle en penser alors cette fois ? Hein ? Qu'il lui mentait en ce moment même ou qu'il...
Fronçant les sourcil, elle se mordit nerveusement les lèvres en secouant lentement la tête. Cette idée était tout bonnement invraisemblable, mais le vide de possibilités qu'elle laissait derrière elle ne faisait qu'angoisser un peu plus la brune. Et pourtant, elle continua à l'écouter. Plus distraitement certes, mais toujours là.
Coulant un regard discret et tristement amusé vers le français lorsqu'il termina sa première explication, la surveillante prit alors une inspiration plus profonde, toujours quelque peu tremblante même si elle réussissait peu à peu à éloigner cette idée d'elle, la cacher sous des tonnes et des tonnes d'autres pensées. Car quand bien même elle avait une solution, une réponse à ses questions, elle n'était pas sur de pouvoir ni même de vouloir l'affronter.
Imaginer un jeune Ludovic, tout excité, demander avec autant d'assurance que d'hésitations à une gamine sa main pour partir à l'aventure... Oui, ça c'était le genre de visions avec lesquelles elle pouvait ensevelir les problèmes auxquels elle ne voulait penser. Et plus elle y pensait, à cette scène presque touchante tandis qu'elle imaginait parfaitement la panique que ce dut être dans l'esprit de l'enfant qui aujourd'hui devait avoir son âge, plus elle reprenait des couleurs. Discrètement, tantôt sur le haut des joues, tandis dans le regard, alors que son sourire lui reprenait un peu plus de consistance.

Et les paroles qui s'échappèrent ensuite des lèvres de Ludovic sonnaient tout aussi justes aux oreilles de la jeune femme qui ne fit là encore aucuns commentaires. L'amour oui... Cela avait été et était toujours quelque chose de flou, de sombre, de mystérieux, aujourd'hui comme au premier jour. Mais étrangement, de la part de l'enseignant elle aurait cru qu'il savait reconnaître cet étrange sentiment. Mais non, apparemment il était tout aussi indécis qu'elle, aussi humain si elle osait dire, même si au fond d'elle elle n'en était pas si surprise que cela.

-Et bien... reprit alors Oswin paisiblement, un léger sourire amusé toujours collé aux lèvres. Je pense que personne en ce bas monde ne sait ce que c'est vraiment. Mais j'imagine que n'ayant jamais connu cela, je ne peux pas vraiment juger ni même critiquer.

Souriant un peu plus en tournant quelque peu la tête vers son interlocuteur, elle étira ses bras en l'air tout en prenant une inspiration plus profonde alors que dans son regard, une lueur plus espiègle et un sourcil levé ne signifiait rien de bon pour le français.

-Mais si il y a bien un point sur lequel je peux juger sans crainte, continua Oswin en louchant distraitement sur un certain point stratégique de l'homme, c'est que les pauvres filles qui ont refusés vos demandes sont passées à côté de quelque chose...! Vous êtes mine de rien plutôt bien équipé...!

Et oui, elle ne pouvait pas tout de même passer à côté, et puis, si l'ambiance restait tout aussi morne alors que le contexte se prêtait plutôt à des situations abracadabrantes, ils allaient tous deux finir par s'endormir bon sang !
Oswin reprit alors la parole, s'approchant dangereusement de son collègue, face à lui tandis que ses bras encadrèrent son buste, semblant alors plus confiante même si en creusant un peu on pouvait clairement percevoir qu'elle même ne paraissait pas trop y croire.

-Allez, détendez vous Descremps! continua-alors que se main droite s'était lentement mise à glisser sur le torse de l'autre, en redescinant les contours avec une lenteur bien plus sensuelle que ne l'était son regard. Je ne vais pas vous manger vous savez ? Je laisserais ce plaisir à la jeune femme qui vous mériteras, cela sera plus juste ainsi. Elle s'éloigna légèrement, non sans arrêter de fixer l'autre pour autant, moins taquine même si l'amusement n'avait pas quitté son visage. Allez, respirez, cessons de parler de cela, les histoires de coeur sont d'un ennui quelques fois... Nous sommes dans un livre magique, interdit, nous avons risqué et risquerons encore notre vie jusqu'à ce que nous sortons d'ici. Et là, nous sommes en haut d'une falaise dans une source irréelle, probablement notre seul moyen de se poser un peu...

Expirant lentement, plus calme alors, la brune pencha légèrement la tête sur le côté tandis que son sourire se fit plus paisible, plus engageant, et elle ne tarda d'ailleurs pas à reprendre la parole :

-Venez, nagez un peu. Cela réveillera vos muscles et vous pourrez espérer avoir une nuit plus calme que la dernière. Et croyez moi, j'y veillerai ! Et si jamais vous coulez... Je vous rattraperai..!







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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 12 Déc - 2:21




Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

L'échevelé afficha un sourire, tournant de nouveau la tête vers la brune alors qu'il sortait de ses pensées. Oui, l'indescriptible sentiment qu'était l'amour.

— J'aime le fait que ça soit différent pour tout le monde, conclut-il. Cela variait un peu le programme. Je suis sûr que vous trouverez votre façon un jour.

Mais à peine avait-il dit cela que la jeune femme levait les bras au ciel pour s'étirer avant de baisser les yeux, lui faisant lever les siens d'un air à mi-chemin entre l'embarras et l'évidence. C'était trop beau pour durer. Se redressant en lâchant un soupir, Ludovic esquissa tout juste un mouvement pour décaler sa jambe, histoire de cacher l'essentiel. Les gens pouvaient parfois être si tatillons avec ce genre de choses.

— Je n'ai jamais dit qu'elles ont attendus d'être mariées, rétorqua-t-il. J'ai toujours eu un faible pour les femmes modernes.

Il ravala assez vite sa fierté et haussa un sourcil en sentant la brune lui effleurer le buste alors qu'elle venait pratiquement se coller contre lui et il lâcha un léger sifflement gêné, se cognant contre le rebord dans une veine tentative de reculer. Malgré tout, la surveillante ne s'arrêta pas là et commença à lui caresser le torse d'un geste lent et sensuel, le faisant frisonner sur son passage. L'échevelé rentra le ventre tandis que la paume de la française approchait de son nombril, sans la quitté des yeux alors qu'il commençait à manquer d'air. Il garda la respiration en suspend encore une seconde après que l'Auror se soit écartée, la suivant toujours des yeux d'un air un peu hagard avant que son ordre de respirer lui fasse relâcher un souffle en même temps que son abdomen.

Ludovic fronça un sourcil, glissant sa main contre son ventre en jetant un coup d'oeil à la rive alors que la brune lui proposait de venir nager. C'était une proposition qui ne présageait absolument rien de bon et il aurait sans doute mieux fait de filer tant qu'il en avait l'occasion, mais il tourna la tête aux derniers mots de la jeune femme, lui adressant un sourire entendu et un regard taquin assortit au sien. Il hésita encore un peu, mais finit par se glisser jusqu'à la surveillante, s'arrêtant à tout juste quelques centimètres d'elle tout en veillant à garder pied.

— Vous savez, fit-il, pivotant légèrement comme pour se mettre sur le dos, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de faire la brasse avec une côte cassée.

Il resta encore un instant aux côtés de la jeune femme, la fixant toujours d'un air à demi amusé avant de s'écarter pour se laisser porter par l'eau ; assez pour finir par fermer les paupières quelques secondes en écoutant le bruit trouble des sources. Lorsqu'il en eut assez, il se retourna et mit une dernière fois sa tête sous la surface, juste assez pour la réchauffer alors qu'elle commençait à sécher et retourna en direction du rebord, s'y appuyant pour sortir de l'eau. Ayant oublié ses légers problèmes de santés, il manqua sa première tentative avant de réussir à s'asseoir sur le sol. Le temps de glisser ses doigts dans ses cheveux et il se redressa en frissonnant dans l'air du large qui remontait la falaise.

Les bras serrés autour du corps pour essayer de conserver sa chaleur, il s'apprêtait à demander à la brune si elle avait pensé à prendre une serviette lorsqu'il en repéra une abandonnée du côté de leurs affaires. Il partit aussitôt la récupérer, trainant à peine la jambe et s'enroula dans le tissu avant de se retourner vers la jeune femme.

— Il faudrait qu'on y aille, fit-il grelottant encore. On devrait encore avoir une longue journée demain.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 15 Déc - 22:36




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Trouver sa façon d'aimer... Oui, sûrement, cela devrait bien arriver un jour, mais si c'était bien le cas, elle plaignait franchement le pauvre bougre qui lui ravirait son coeur, car c'était là une facette de sa personnalité qu'elle semblait ignorer elle-même. Quoi qu'après réflexion, il était tout aussi probable qu'elle soit radicalement différente de ses habitudes, mais ne l'était-elle pas avec tous ceux qui avaient l'audace et la persévérance de s'approcher d'elle ? Sans doutes, oui, le français à ses côtés était sans doute un exemple de choix, mais lorsqu'elle y songeait, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'à trop s'approcher du feu, on finit toujours par se brûler...
Mais lorsque le brun reprit la parole, il lui fit lever la tête, rallumant dans le regard de la surveillante une lueur amusée qui était tout autant surprise. Les femmes modernes, c'est cela ?

-Et bien et bien Descremps... répondit Oswin avec un léger haussement de sourcils. J'avoue que je ne vous pensais pas baigner dans ces eaux là. Mais on ne peut pas dire que je contredis vos opinions...!

Puis, elle s'était approchée, jouant franc jeu face à Ludovic qui se sentit clairement gêné, reculant quelque peu alors que son souffle se coupait net. Elle sentit par ailleurs ses muscles se raidir, la chair de l'autre lui échapper un instant tandis qu'il rentrait le ventre, ne sachant elle même pas trop si ce fut par gêne ou par fierté. Mais sa peau frissonnant sur son passage, ça, Oswin le sentit parfaitement, et on put même dire qu'elle en tira un certain plaisir, doux, lent, comme une vague qui vous submerge lentement et qui vous apaise brillamment. Car après tout, il ne s'était pas enfuit à toutes jambes, et c'était déjà là un nouveau point considérable qu'elle ne pouvait qu'apprécier. Et redoutant que son petit coup de théâtre ne le fasse fuir, elle fut d'autant plus agréablement surprise de voir qu'il répondit positivement à sa propositions, sur le même air qu'elle, il s'approcha d'elle lentement mais sûrement, lui répondant avec taquinerie que nager dans un tel état n'était pas vraiment une bonne idée, ce qui arracha d'ailleurs un sourire à la brune.
Suite à cela, l'homme s'éloigna quelque peu, se laissant porter par l'eau autour d'eux sous le regard étrangement paisible de sa collègue. Calme, un léger sourire aux lèvres alors qu'elle se tournait peu à peu de façon à toujours faire face à celui qui flottait non loin d'elle, simple précaution bien qu'elle ne voyait pas cela comme une obligation, mais plutôt comme un service bienvenue. C'était idiot, mais ce spectacle si simple semblait la calmer un peu plus, comme s'il la ravissait intérieurement et l'aider à oublier l'horrible épisode qu'elle venait de vivre et qu'il ne connaitrait jamais. Cela resterait et devait rester un secret, une histoire parmi tant d'autres qui devait à présent se faire oublier de tous...

Néanmoins, cet instant presque hors du temps se termina bien vite, et en s'humectant légèrement les lèvres avant de se rapprocher du bord, observant du contre-bas l'homme qui venait de remonter, non sans en profiter quelque peu, avec bien moins de gène qu'elle ne l'aurait crut. La suivant du regard, accoudée au rebord, elle l'observa se saisir d'une de ses serviettes de misère avant de revenir à ses côtés, lui proposant en tremblant d'y aller.
Lâchant un soupir résigné sans pour autant en perdre son calme sourire, la brune acquiesça, lâchant un "Très bien, vous avez raison..." avant de se retourner, s'avançant vers le centre de la source une dernière fois avant de s'immerger sous l'eau avec plaisir. Déplaçant lentement ses mains dans l'eau, alors qu'elle sentait le liquide translucide lui glisser entre les doigts, ses cheveux flotter librement autour d'elle, elle profita quelques secondes encore de cet endroit si magique avant de sortir la tête de l'eau. S'émergeant lentement tandis qu'elle plaquait sa chevelure noire de jais derrière son crâne et qu'elle lui descendait jusqu'en bas des reins, celle-ci se serait presque fondue dans la nuit noire si seulement la lumière de l'étang ne l'avait pas illuminé. Oswin prit une profonde et calme inspiration, rouvrant avec lenteur ses yeux avant de se tourner vers l'enseignant qui l'attendait sûrement depuis bien trop longtemps, lui souriant discrètement en lâchant un simple :

-Et bien... Excusez moi pour l'attente, et... Allons-y.

Revenant sur ces paroles auprès du brun, il lui fallut néanmoins bien moins longtemps avant de se hisser sur le bord, chassant un instant l'eau de sa chevelure non sans quitter Ludovic des yeux, toujours quelque peu amusée. Il semblait gelé, mais qui ne le serait pas ? Elle même grelottait sous ce ciel étoilé qui pourtant avait tout des plus féériques, et d'ailleurs, elle ne s'était pas rendue compte plus tôt qu'une épaisse vapeur s'élevait de l'eau, ne faisant que rendre l'atmosphère un peu plus mythique encore. Mais tous ces détails n'avaient que peu d'importance, car pour le moment la surveillante était plongée dans ses pensées, son regard involontairement fixé sur le français qui tentait de se réchauffer du mieux qu'il le pouvait.

-J'ai du mal à y croire... reprit alors Oswin en brisant le silence, s'avançant vers ses affaires abandonnées non loin à grandes enjambées, mais avec une légèreté détonnante. Vous avez vraiment enlevé tous vos bandages ? Vous savez au moins le mal que j'ai eut de vous les appliquer ? Enfin... Je vous comprends, il n'y a pas meilleur moyen de profiter d'un peu d'eau qu'au contact de la peau.

Se saisissant à son tour de la serviette restante, elle saisit d'une main les quelques bandages restant, grimaçant en voyant leur état inutilisable avant de se résigner à en utiliser de nouveaux, sortant de son tas d'habits une petite bobine déjà bien entamée qui ne ferait probablement pas le tour de toutes les blessures du malheureux sorcier. Se tournant ensuite vers ce dernier, l'Auror lui sourit calmement, s'approchant de lui jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de l'autre, lui déposant la serviette restante sur les épaules alors qu'elle lui montrait la bobine au creux de sa main, un doux sourire aux lèvres et son regard se levant vers le visage de l'autre :

-Vous permettez ? Je m'en voudrais que vos blessures ne se reforment pas correctement.







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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 16 Déc - 0:17




Pour que le chasseur devienne la proie
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La serviette empochée, Ludovic commença aussitôt à se sécher, non sans un peu de difficulté vu la petite taille du bout de tissu. Buste, bras, jambes, il termina par la tête, frottant longuement sa tignasse brune en surveillant l'Auror qui profitait encore un peu des sources. Il lui adressa un léger sourire lorsqu'elle finit par le rejoindre, ralentissant ses gestes alors que la jeune femme sortait des eaux. Il ne frissonnait déjà plus beaucoup lorsque la surveillante approcha de lui et, en dehors de la fine chaire de poule qui lui dressait le poil, il ne se rendait plus vraiment compte du froid. Son sourire s'accusa un peu plus alors qu'il haussa un sourcil moqueur à la petite réplique de la brune.

— Attention, fit-il, je vais demander un droit de véto sur les expressions françaises.

Sur ce, il passa sa serviette sur les épaules de la jeune femme, la tirant doucement vers lui pour lui frictionner les bras d'un air appliqué. Il continua de la réchauffer sans un mot, tandis que la surveillante semblait songeuse et leva les yeux en même temps qu'un sourcil lorsqu'elle recommença à parler. Il afficha un nouveau sourire et s'écarta pour la laisser passer alors qu'elle lui remontait doucement les bretelles pour avoir laissé ses bandages derrière lui. Encore heureux qu'il n'ait pas été un momie.

— Je n'ai pas tout enlevé,
se défendit-il d'un ton égal. Et puis vous avez l'air de tellement apprécier me les refaire... taquina-t-il encore avant de ramasser sa chemise.

Il la passa sur son dos et commença à la boutonner avant qu'une nouvelle serviette ne vienne peser sur ses épaules. L'ébouriffé jeta un coup d'oeil à la bobine de tissu avant de lever le regard vers le visage de sa collègue, lui adressant toujours le même léger sourire en saisissant doucement sa main.

— Ce serait avec plaisir, répondit-il galamment, mais je penses que vous risquez vite de ne plus avoir grand chose à recouvrir. ajouta-t-il en récupérant la bobine et s'avançant encore un peu. Je n'aime pas vraiment avoir la tête prise. Aussi, si vous le voulez bien...

Il attendit une seconde avant de couper un morceau de bande qu'il commença à enrouler autour de l'épaule de la brune. Veillant à serrer assez pour qu'il n'y ait pas de risques que son travail se défasse tout en évitant de lui faire mal. Son œuvre terminée, il recula de quelques pas et recommença à fermer sa chemise avant de récupérer son pantalon qu'il enfila dans un équilibre encore un peu approximatif. Sentir le tissu sur sa peau après l'air frais du large lui parut affreusement désagréable, mais il ne pouvait pas risquer de paraitre ainsi devant Tibérius ou n'importe quel villageois qui l'aurait mal pris. Tout le monde ne pouvait pas être aussi ouvert d'esprit que la française et la génération de Serdaigles qu'il avait endurcit. Un peu plus présentable, il ne prit pas la peine de remettre ses chaussures et ramassa les fioles, sa baguette déjà plus tiède et le reste de ses affaires avant de se retourner vers la jeune femme.

— Vous venez ?

Il attendit qu'elle le suive et rebroussa chemin, ravi de sentir sa jambe tenir malgré le rythme un peu trop soutenu qu'il lui imposa. Marcher lui faisait presque plus de bien que nager. Surtout à l'idée qu'il ne tarderait pas à prendre un peu de repos bien mérité.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 17 Déc - 0:58




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Une fois sortie de l'eau, il ne fallut pas longtemps à l'homme avant de répondre à sa "expression française", presque en même temps qu'elle se hissait sur la pierre froide d'ailleurs. Après quoi, il entreprit un nouvel acte quelque peu inattendu bien que franchement apprécié par la surveillante. Il s'approcha d'elle, toujours calme, peut-être trop calme, et lentement lui déposa sur les épaules ce qui leur servait de serviette avant de lui masser les bras dans le but de la sécher. Dos à son bienfaiteur, la brune ne vit rien de ses expressions, et plongée dans ses pensées, ce fut un étrange vide qu'elle eut pour toutes réactions. Pas de gêne, ni d'amusement, pas même de douleur, de regrets ou quoi que ce soit d'autre. Juste un vide, agréable, apaisant, mais surtout effrayant. Son souffle sur sa nuque la fit frissonner un instant, inconsciente qu'elle était de la situation dans laquelle elle se trouvait, bien trop absorbée par ses quelques pensées qui agitaient sourdement son esprit, dans un silence presque religieux.

Et lorsqu'elle en sortit, elle n'accorda à peine qu'un sourire à l'homme à ses côtés avant de s'avancer, se saisissant à son tour d'une serviette avant de la donner cette fois à son collègue qui répondit à son tour à sa petite reproche en la taquinant, avançant qu'elle appréciait sans doute lui faire et refaire ses bandages, encore et encore. Et lorsqu'elle entendit ces quelques piques, le rictus de la brune s'étendit imperceptiblement, allez savoir après tout ! Peut-être qu'elle aimait bien cela, s'occuper des blessés, son petit côté maternel sans doute, après tout elle en restait une femme non ?
Mais cette fois, Ludovic la prit une nouvelle fois de cours en lui retirant habilement son objet des mains puis en faisant jouer à son tour son petit côté protecteur sous le regard calmement étonné de la brune qui ne savait pas trop que dire. Tel est prit qui croyait prendre comme on dit, mais que les choses aillent dans ce sens ne cessait de la gêner. Elle ne voyait pas les choses en noir et blanc, non, loin de là, mais elle aimait tout de même avoir des réponses à ses questions, savoir que et qui croire dans ce monde qu'elle ne considérait pas comme le sien.

Une fois que Ludovic eut terminé sa besogne, il s'éloigna quelque peu de sa collègue avant de terminer de s'habiller plus correctement, sous le regard un peu plus expressif alors de la jeune femme. Si on lui avait dit un jour qu'elle se retrouverait dans une telle situation, en discussion calme et totalement normale avec un Descremps tout à fait nu, à quelques détails près, elle ne l'aurait franchement pas cru. En même temps, comment aurait-elle put le croire ? Il fallait être totalement frappé pour en venir ne serait-ce qu'à une telle conclusion !
Menant machinalement sa main à son bandage propre, la brune resta songeuse quelques secondes en caressant les bandelettes autour de sa peau, revenant néanmoins bien vite à elle afin d'enfiler en hâte sa robe qui commençait à être franchement fatiguée, retrouvant ainsi le français après s'être saisi de ses quelques affaires.
L'homme reprit ainsi la route, menant la marche avec une prestance qui sembla ravir Oswin. Au moins, elle avait eut raison sur un point : cette petite pause lui avait fait du bien.
Ils continuèrent ainsi à marcher en silence quelques secondes, mais l'Auror qui affichait jusqu'ici un discret sourire sortit alors de ses pensées, reprenant calmement la parole bien que certainement pas dénuée d'intérêt :

-Vous êtes doué pour ça... Pour calmer les gens. Quand vous voulez j'entends, non parce que des fois c'est dingue comment je me dis que vos amis devraient recevoir un trophée ! fit-elle en se passant une main dans ses cheveux, encore trempés alors qu'elle espérait sincèrement ne pas attraper de mauvais rhume. Vous savez vous y prendre, et c'est là un don que je n'aurais probablement jamais.

Souriant un peu plus, la brune laissa un nouveau silence planer peu de secondes à peine, et ce avant de caresser machinalement son bandage sous le tissus de sa robe trempée au niveau de sa poitrine, continuant sur sa lancée sans trop attendre :

-Comme pour mon épaule... Comment avez vous fait d'ailleurs ? C'est de... L'Ancienne magie peut-être ? Comment ça marche ?

Et alors qu'elle avait lâché ses quelques questions, son ton s'était lentement emporté, bien qu'admirablement bien contrôlé, on pouvait aisément sentir que derrière son regard brûlait une lueur d'impatience.






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 19 Déc - 1:37




Pour que le chasseur devienne la proie
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Concentré sur sa route, Ludovic veillait tout juste à rester à la hauteur de sa collègue. Laissant ses pensées dériver le long des falaises sans chercher à les fixer. Lorsque la brune reprit la parole, il lâcha un souffle légèrement surpris, comme s'il venait de sortir d'une rêverie et haussa un sourcil, affichant un sourire, assez d'accord sur la nécessité d'avoir une certaine résistance pour le côtoyer.

— Et bien, fit-il. Ce n'est pas vraiment le plus difficile quand on se dit que la plupart des disputes partent juste d'un malentendu. Techniquement, il suffit de trouver où il est pour commencer à le régler. C'est comme les énigmes. Une fois qu'on a comprit la base du problème la solution devient évidente. L'échevelé fit une pause, laissant passer un soupir. Enfin, c'est comme tout, facile à dire, reprit-il. En pratique je n'ai pas toujours la patience et ça peut s'avérer extrêmement compliqué quand vous êtes en face de quelqu'un qui ne veut pas écouter. D'ailleurs, pour ce qui est de faire la sourde oreille,  je sais être vraiment imbattable. ironisa-t-il.

Il devait tout de même reconnaitre... enfin non. Fronçant les sourcils, le brun essaya de chercher un exemple au cour duquel la jeune femme était parvenue à calmer ses accès d'humeur. Mais en dehors du coup de poing à la bibliothèque il n'avait pas vraiment de matière. Pourtant, il avait l'impression de passer à côté de quelque chose. L'échevelé finit par hausser les sourcils et changer ses pensées de sujet, tournant la tête avec un sourire alors que la jeune femme reprenait la parole.

— Je vois qu'on a fait ses devoirs, railla-t-il. Laissez-moi deviner, vous avez fini par fouiller les bibliothèques à la recherche de mon nom de famille ? Le français leva les yeux au ciel avant d'adopter un ton plus sérieux, comme si c'était le genre de la brune de faire ça. Ce n'était pas de l'ancienne magie, enfin, pas vraiment... une base on va dire. L'ancienne magie vous voyez... poursuivit-il, cherchant un instant comment assembler ses mots. C'est une force très ancienne qui se trouve partout dans le monde. C'est... en fait on ne sait pas exactement d'où elle provient, ni même si elle provient de quelque part. Les étoiles, un vieux sanctuaire magique une énergie supérieur... C'est quelque chose qui fait partie de la réalité tout comme l'oxygène est une partie de l'atmosphère. Les sorciers naissent avec une certaine sensibilité à ça, mais ce n'est pas quelque chose que l'on peut vraiment travailler. Il y a de jeunes sorciers par exemple qui seraient capable de faire ralentir le temps ou de repousser la mort avec ça alors qu'ils n'arrivent même pas à se moucher tous seuls. Ludovic lâcha un léger soupir, quels veinards. Enfin, vous en avez sûrement entendu un peu parler pour les duels notamment. C'est cette sorte de magie qui fait qu'il existe des liens entre les sorciers et leur baguette ou bien qui fait que lorsqu'un sorcier en sauve un autre ce dernier reste redevable à vie, mais le vrai potentiel de cette magie est encore méconnu. Pour les tours de passe-passe, fit-il en levant la main une seconde, c'est plutôt une question de canalisation de la magie. N'importe qui peut le faire à condition d'aimer se bruler les doigts. Connaitre un peu l'ancienne magie permet plus de fluidité. Elle permet aussi de réaliser à peu près n'importe quel sort auquel vous pourriez penser, même s'ils n'ont pas de formule ou s'ils sont impossible pour les règles d'enchantements basiques. Mais ce n'est pas vraiment son but de modifier les choses, c'est plus... une influence sur ce qui existe.

L'échevelé se tut un instant, songeur, passant en revue les informations qu'il avait sur cet antique pouvoir qui l'avait tant occupé ces dernières années. Tant de choses à découvrir, tant de mystères insolubles autour de ce pouvoir potentiellement absolu. C'était peut-être une bonne chose qu'il ne parvienne pas à tout en comprendre, il était encore loin d'être déçu.

— Je pourrais essayer de vous montrer un jour, reprit-il avant de sortir de ses pensées. Si vous avez une petite décennie à me consacrer, histoire qu'on puisse faire le tour de la question.




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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 22 Déc - 4:12




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La brune écouta son collègue répondre à son petit compliment, à la fois présente et plongée dans ses pensées, mais ce qui était certain, c'était qu'aucuns des mots qu'avait prononcé l'autre elle n'en n'avait loupé. UN malentendu... Oui souvent, bien que ce qui la concernait en général était tout simplement une divergence de points de vue, ou simplement ses propres émotions qui jugeaient bon de se faire connaître à ce moment. Car à ses yeux, ces dits sentiments n'étaient rien d'autre que des ennemis qui nuisaient à son efficacité, un obstacle de plus sur la longue route qu'elle suivait.
Continuant d'écouter son auditeur, Oswin ne retint pas un léger rictus d'étirer ses lèvres lorsque l'autre se dit borné quand il le voulait... oh oui, ça, il pouvait l'être ! Si bien qu'elle avait rapidement souvent l'impression de parler à un mur dans ce genre de cas, quand il voulait pas, il voulait pas, et béni soit l'homme qui réussirait à le faire changer d'avis ! Et si seulement il existait, elle lui aurait volontiers serré la main ! Malheureusement, elle ne connaissait personne doué de ce don, et de son côté, elle n'avait pas de grandes réussites en la matière. A par si elle se mettait elle aussi en danger, et qu'elle se montrait elle aussi telle qu'elle était, comme... Plus tôt dans la soirée.
S'humectant les lèvres en déglutissant, la brune tâcha de conserver son sourire même s'il se fit un peu plus crispé, fixant toujours l'autre de ses yeux noisettes plus doux qu'à l'accoutumée. Mais depuis quelques jours, comment dire quelles étaient à présent ses habitudes ? Depuis qu'elle avait apprit que son frère n'était pas mort tout son petit monde et ses certitudes s'étaient écroulées, alors que faire ? En bâtir de nouvelles ? Se redécouvrir ? Elle n'en savait trop rien, et pour être franche, elle espérait surtout pouvoir remettre tout cela au lendemain... Enfin, jusqu'à ce qu'elle n'en peuve plus.

Vint ensuite le sujet principal que voulait aborder la jeune femme, soit, l'ancienne magie ou tout simplement ce qu'avait utilisé l'homme afin de la soulager. Ce n'était peut-être rien, mais tout ce que Oswin ne savait ou ne pouvait maitriser l'intriguait énormément, ce qui d'ailleurs devait expliquer son intérêt inattendu envers certaines personnes, comme tout bonnement le français qui lui servait d'acolyte. Mais toutes ces choses qui lui échappaient, juste devant elle mais auxquelles elle ne pensait jamais, quand elle cessait de se torturer avec ses préoccupations toutes ces choses revenaient à elle, comme une illumination... Comme un échappatoire des plus agréables.
Ainsi donc, lorsque Ludovic répondit à sa question, l'Auror écouta tout aussi calmement, clairement intéressée tandis qu'un léger sourire perçait de temps à autres sur ses lèvres au fur et à mesure que l'autre parlait.  Et lorsqu'enfin il termina, la brune assimila quelques secondes encore les informations qu'elle venait de recevoir, avant d'ouvrir la bouche dans le but de poser une question. Mais à peine cette pensée eut-elle traversée son esprit que l'autre y répondit de par une proposition plus ou moins sérieuse qui lui tira un doux sourire presque flattée, mais malgré cela, dan son regard brillait clairement cette même lueur que celle des parents voyant leur enfant rêver de choses bienheureuses mais malheureusement impossibles, et ce, mélangé à une claire taquinerie.

-Vous pensez sérieusement pouvoir me supporter une décennie entière sans fuir je ne sais où ma présence ? ricana légèrement la française sans véritable joie. Je me demande lequel de nous deux craquerait en premier...

Souriant légèrement plus, Linda qui avait fixé à nouveau le vide releva la tête, reprenant un peu plus d'aplomb ainsi qu'une profonde respiration, avant de continuer plus légère cette fois :

-Il n'empêche que c'est une idée forte alléchante... Découvrir des mystères encore inconnus, des énigmes irrésolues et apprendre à connaître quelque chose que personne ne connait... Ce doit être une vie tellement passionnante...!

Mais de là à quitter son travail d'Auror... Est-ce que tous ces mystères suffiraient à lui procurer cette excitation qu'elle ressentait en bravant une façade ? En se jetant dans une bataille ou en esquivant un sort mortel de peu ?
Fermant les yeux un instant, elle s'imagina tout simplement avec une baguette dans les mains au lieu de ses habituelles armes à feu, entourée de jets de lumière ou au contraire, de magie qui lui était invisible, l'homme en face d'elle qui expliquait avec un enthousiasme rare ce qui lui tenait à coeur tandis qu'elle renouait avec la magie qui ne l'avait jamais vraiment suivie. Elle s'imagina en bref avoir cette vie qu'elle aurait toujours dut avoir, qu'elle aurait toujours voulu avoir, et elle sut aussi immédiatement qu'elle aurait parfaitement put lui convenir.
Soupirant en rouvrant les yeux, revenant durement à la réalité qui ne l'était pas vraiment, elle conserva néanmoins son regard calme et son sourire doux, reprenant par la même occasion la parole après quelques secondes de répit :

-En tous cas vous semblez avoir quelques belles connaissances... Où vous avez appris tout cela ? Je veux dire... Je doute que l'on apprenne réellement cela dans une salle de cours. Vous avez dut connaître beaucoup de gens pour en savoir autant... Vous avez beaucoup voyagé pour arriver à cela ? J'ai toujours pensé que les voyages forgeaient l'âme, je trouve que c'est plutôt une belle image à vrai dire.

Mais tous les voyages n'étaient pas forcément tels que l'on les imaginait, et bien souvent, le chemin était plus orageux que ce qui était prévu et la destination bien moins certaine que ce que l'on pouvait espérer.






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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 24 Déc - 4:48




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La réponse de la jeune femme ne se fit pas attendre et l'échevelé eut un sourire à la fois amusé et un peu vexé. Ce n'était pas une idée si idiote pourtant. Le temps de voir les bases, aborder les principes abstraits et situer les incohérences d'observation il en aurait pour une bonne dizaine d'années. Quoique, tout dépendait de la vitesse à laquelle la jeune femme apprenait. Avec un peu de chance et de pratique il aurait pu la mettre à niveau en quelques années voir quelques mois. Du moins, bien assez peu pour qu'il y ait à espérer qu'aucun des deux n'ait à s'enfuir.

— Je penses que vous tiendrez plus longtemps que moi, rétorqua le français. Vous êtes plus déterminée quand quelque chose attire votre attention.

Il ne restait plus qu'à espérer qu'elle n'essaye pas de le poursuivre pour obtenir plus de réponses s'il décidait de s'enfuir. Lorsque la brune reprit, semblant plus emballée par l'idée qu'elle ne le laissait paraitre, le brun afficha un doux sourire avant de hausser les sourcils et lever les yeux au ciel dans un soupir. Passionnant ? La recherche ?

— A vrai dire, c'est surtout très long, avoua-t-il. Il peut se passer des semaines sans que vous trouviez quoi que ce soit de conséquent et même lorsque vous trouvez, les chances pour que vos théories fonctionnent sont minimes. Certaines personnes peuvent y passer leur vie entière pour simplement découvrir que le phénomène inexplicable qui les empêchait de dormir était en fait une simple tâche de suie sur leurs lunettes. Véridique, affirma-t-il. Les sorciers sont distraits... Naturellement, reprit-il d'un ton moins critique mais plus morose. il y a aussi ceux qui font la découverte du siècle et qui décident de la faire connaitre au risque de se voir offrir des tomates et des huées, mais même s'ils arrivent à passer au travers et à entrer dans l'Histoire et les cartes de chocogrenouille, il reste toujours plus de travail qu'avant qu'ils n'aient commencé. Nouveau soupir. C'est un travail sans fin dont vous ne connaitrez probablement jamais le résultat final alors au bout d'un moment... c'est toujours assez long et répétitif. Si bien qu'on finirait presque par oublier l'intérêt qu'on avait à chercher. L'échevelé fit une nouvelle pause avant de reprendre en coulant un regard en direction de la surveillante. Enfin, c'est quand on commence à partager la découverte avec d'autres curieux que cela devient plus intéressant. À ce moment là vous retrouvez toute la part d'incroyable qu'ont ces choses qui étaient devenues si banales pour vous. Comme une deuxième découverte. Et, si vous avez de la chance, vous gagnez de nouvelles idées sur lesquelles travailler. C'est un peu comme les élèves à Poudlard. Pour beaucoup de sorciers lancer un experliamus est aussi élémentaire que savoir compter jusqu'à deux, mais rien que parmi les premières années vous pouvez avoir mille élèves qui se poseront la même question et tomber sur des questions surprises qui peuvent attendre des réponses allant beaucoup plus loin que la magie la plus complexe. C'est passionnant en fait de voir de quelles façons les gens utilisent leurs connaissances et leurs esprits parce qu'en soit le savoir quand on ne l'utilise pas, est juste une bibliothèque pleine de poussière, mais une fois activé c'est là que le monde commence à dévoiler ses mystères.

Ludovic s'interrompit avant de se lancer dans un monologue interminable dont Jon aurait pu contester la paternité. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eut l'occasion de parler de l'Ancienne Magie, il était inévitable qu'il y ait quelques contre-coups. Il s'en sortait tout de même bien, estimant qu'il valait mieux garder la partie plus technique pour plus tard. Après tout, ils avaient le temps, peut-être même toute la vie s'ils restaient coincés dans un pauvre grimoire. Comme de coutume, ce fut la surveillante qui mit un frein à ses pensées, toutes lancées aux quatre coins de sa mémoires pour rassembler ses connaissances dans le domaine, en reprenant la parole.
Cependant, alors que la conversation semblait bien lancée désormais, le brun ne répondit pas tout de suite, restant songeur un peu plus longtemps, les yeux baissés en direction du sol avec un regard indéchiffrable, mêlé, entre-autre, de joie et de tristesse.

— Oui, les voyages... reprit-il enfin avant de hausser un peu plus le ton. Pour ce qui est des gens, je n'en ai pas vraiment rencontrés beaucoup. Enfin... Tout dépends du domaine. Pour l'ancienne magie ils étaient très rare, c'est un sujet vaste, mais ceux qui travaillent dessus se croisent tout juste une fois tous les dix ans et j'ai dut tomber dans la mauvaise période. J'ai beaucoup appris sur le tas avec quelques experts, mais... les voyages oui. C'est certain que cela développe le caractère.

L'échevelé se tut encore un instant, laissant ses pieds le guider dans l'herbe sans même prêter attention à la route qu'il prenait, son regard toujours perdu n'ayant pas l'air de savoir où poser ses bagages.

— J'ai dut faire... souffla l'ébouriffé. Au moins trois ou quatre fois le tour du monde. Je ne n'ai même pas tenu les comptes. Il tourna une seconde la tête vers la jeune femme avant de regarder une nouvelle fois le sol. C'est plus facile pour les sorciers. Il suffit de connaitre un endroit et vous n'avez qu'à transplaner ou prendre de la poudre de cheminée, mais il y a bien des façons de voyager. Vous pouvez choisir de vous rendre quelque part et ne jamais aller plus loin une fois arrivé. De vous construire un cocon et de ne plus en bouger ou bien décider de contourner la route aussi loin que possible pour voir, observer et apprendre tout ce que vous pouvez. J'ai trouvé des endroits incroyables comme cela. Des choses banales en réalité, pour ceux qui les connaissent. Pourtant si magnifiques lorsqu'on les découvre pour la toute première fois. Belles. Uniques. Parce qu'elles sont là juste sous vos yeux à un lieu précis à une seconde précises et que si vous aviez pris une autre route à un autre moment vous seriez passé à côté d'un phénomène extraordinaire comme tous ceux qui prennent les chemins les plus courts. J'ai toujours préféré voyager par les moyens classiques... enfin. Pas tout à fait "toujour". Mais quand j'ai appris qu'au delà de l'horizon il y en avait un autre plus grand et puis encore un autre et ainsi de suite jusqu'à ce que vous en ayez fait le tour sans jamais en avoir vu qu'une infime partie, je me suis dis que j'aurais préféré... rien en fait. Rien n'aurait pu être meilleur pour moi que simplement aller de l'avant. Je me disais que j'aurais voulu voir toutes les parties de cette minuscule planète jusqu'à ce que le ciel me semble le toit d'une prison si basse qu'en sautant j'aurais pu le franchir. J'aurais voulu aller plus loin encore, toujours... mais il y a un moment où tout le monde doit s'arrêter. Où même les sentiers détournés retombent sur les chemins et la réalité. Parce que les voyages jusqu'à la fin des temps ça n'existe pas, même quand vous le voulez. À un moment il faut retomber parce que les étoiles restent inaccessibles et que vous ne faites que vous bruler en essayant de les toucher. Et quand vous revenez les choses semblent de nouveau si communes et si fades comparées à l'infini des possibles qu'il semble inenvisageable qu'elles aient pu être merveilleuses même le temps d'une seconde. L'échevelé s'interrompit avant de chasser ces pensées d'un soupire. Mais bon, c'est vieux, fit-il. Avec un peu de chance, l'année finie, je pourrais toujours essayer de faire mon cinquième tour du monde. Il tourna la tête vers la brune, adoptant un ton beaucoup plus léger. Et vous Oswin ? Avez-vous voyagé en dehors de la France et de l'Angleterre ?




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