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 Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3

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Gallions : 3568
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MessageSujet: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Ven 25 Sep - 1:12


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

L'aube se levait à peine alors que devant le français reposait déjà une bonne liasse de parchemins couverts de griffonnages nerveux et serrés. Les doigts appuyés en étoile autour de sa blessure au crâne, son autre main tenant tant bien que mal une plume d'oie bon marché, il traçait sans relâches une longue guirlande de pleins et déliés. Rayant et se corrigeant au fur et à mesure. Les paupières brulantes, la tête dodelinante, sans son litre de café quotidien, Ludovic peinait à garder les yeux ouvert. Il avait eut beau chercher, la seule boisson chaude et corsée qu'il avait pu préparer était une sorte de bouilli infâme, mélange entre des abats de poissons trouvés dans une caisse, des croûtes de fromage et tout un assortiment de plantes aromatiques et aux vertus magiques, le tout noyé sous un peu d'eau bouillante. Comme d'habitude, sa cuisine ne s'arrangeait pas, le brun aurait même été prêt à parier que tous ces ingrédients auraient pu entrer dans la composition d'une bonne colle à l'ancienne. Quoiqu'il en soit cela avait le mérite d'être assez écœurant pour que l'odeur suffise à le tenir éveillé lorsqu'il faisait mine de le porter à son nez.

L'ébouriffé se frotta le visage, un peu plus longtemps qu'il ne le souhaitait au départ et coula un regard vers la surveillante à côté de lui, endormie sur la table. Distraitement, il gratta sa barbe au niveau du nouvel hématome qu'elle lui laisserait et resserra le bout de tissu qu'il avait noué autour de sa paume là où le miroir l'avait coupé. Il était plus que temps de sortir de ce maudit livre ou elle finirait par avoir le temps de l'enterrer cent fois. Lâchant un fin soupir, le brun vérifia que la couverture qu'il avait mis sur les épaules de la jeune femme n'avait pas glissé et récupéra une feuille un peu plus soignée que les autres pour la lire en diagonale, y ajoutant quelques lignes et entourant quelques mots. Il la troqua presque aussitôt pour une autre, retournant dans les méandres de son écriture illisible.

Alors qu'il se relisait, regorgeant sa plume dans son encrier, un gargouillis sonore le prit à l'estomac. Humant une nouvelle fois la délicieuse odeur du pain tiède qui le narguait à une courte longueur de bras, niché entre quelques pâtés en croûte, pommes fraiches, d'un couteau et d'un pot de confiture. Il lorgna la nourriture jusqu'à ce qu'elle le fasse saliver et se retourna pour fouiller dans la besace qu'il avait accrochée au dossier de sa chaise. Il y récupéra une poignée de graines dans un sachet logé entre quelques carottes blanches oubliées et en profita pour sortir quelques feuilles vierges supplémentaires qu'il empila à côté de lui. Reprenant appuis sur sa paume, Ludovic reprit son oeuvre, les sourcils froncés et la plume attendant la nouvelle ligne à suivre.

La page était encore blanche qu'un mouvement furtif attira son regard une seconde, lui glissant un léger sourire au lèvres alors qu'il déposait de nouveaux mots sur le parchemin.

— Bien dormis ? demanda-t-il. Je vous ai apporté de quoi manger, mais je ne savais pas ce que vous prenez au petit déjeuner alors j'ai essayé de faire varié, poursuivit-il en indiquant les vivres d'un geste de plume. N'hésitez pas à vous servir. J'ai aussi ramené de la viande pour ce soir, avec de la chance nous ne seront plus là pour la goûter, sinon ça changera de la soupe de poisson. Évitez juste de trop en parler à Tibérius parce que je n'ai pas vraiment... payé pour tout ça. Fit-il. Je ne voudrais pas qu'il ait des ennuis.

Il adressa un sourire à la jeune femme avant de récupérer une longue liste qu'il posa à côté d'elle.

— J'ai noté le nom de toutes les créatures qui pourraient correspondre à celle que l'on recherche. Du moins pour celles dont on parlait hier, si vous voulez en ajouter le livre est sur le lit et j'ai des plumes de rechange. Il ramassa encore le parchemin qu'il avait complété quelques instant plutôt et le déposa à côté de la liste. J'essaie de me rappeler ce que j'ai lu du livre. Ce n'est pas très concluant, c'était il y a longtemps, mais je me suis souvenue de l'endroit où la Bête devait apparaitre ce soir. Ça ne nous dis pas ce que c'est ni qui l'envoi, mais avec assez de préparation nous pourrions essayer de la surprendre.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 26 Sep - 1:24


 

 

 
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Le ventre noué, la tête chargée, et ne sachant que trop penser de tout cela. Voici comment Oswin s'était endormie ce soir là, ne sachant comment encore elle avait fait pour trouver le sommeil.
Cela fut quelques heures difficiles durant lesquelles elle maugréa autant qu'elle jura, qu'elle s'inquiéta autant qu'elle se désintéressa, essayant simplement de comprendre ce qu'il était passé par la tête de l'enseignant lors de son propre sommeil. Peut-être ce fut là l'une des raisons qui poussèrent la jeune femme à veiller encore un peu, comme craignant à son tour de se faire surprendre par la chose qui avait brisé l'homme qu'elle avait vu quelques instants plus tôt, et ce, même si elle savait pertinemment que la terreur qui avait luit dans ses prunelles n'était pas qu'inspirée de ce qu'il avait dut voir en "rêve".
Mais pourtant, ce fut le cas, et elle avait fini par fermer les yeux, très certainement et tout bonnement épuisée par tant d'émotions, par tant d'inattendus dans ce nouvel environnement dont elle ignorait tout.

Cependant, lorsqu'Oswin revint lentement à elle, comme immergeant d'une longue absence, ces derniers souvenirs furent comme totalement effacés de sa mémoire, ne sachant pas trop s'ils faisaient à présent partie de la réalité ou d'un de ses propres songes qui avait précédé son lourd sommeil sans rêves. Mais à la place, elle se revit parfaitement s'assoir à cette table, observer longuement à la fenêtre au dessus de sa tête qui donnait sur le ciel sans étoiles de cette sombre matinée, vidée, réfléchissant longuement à quelque sujet dont elle ne se rappelait plus. Ensuite, quand elle s'était endormie... Cela restait un profond mystère, c'est pour quoi lorsqu'elle ouvrit lentement les yeux dans la froide lueur matinale, elle fut presque surprise de voir à ses côtés une figure bien connue.
Ne bougeant tout d'abord pas lors des premières minutes, la brune finit tout de même par se mouvoir en frottant légèrement ses yeux, se redressant sensiblement de sorte à ne plus être affalé contre la table, mais toujours recorquevillée comme si la fraicheur de la nuit ne l'avait pas épargnée, le regard vide tandis qu'il fixait l'homme. Les bras croisés, sur la table, le dos vouté, et sa belle tignasse ayant pris un volume qui lui donnait tout de même un certain charme, ce fut à ce moment que le français engagea la conversation, ce qui attira le regard totalement inexpressif bien que loin d'être froid de la surveillante à se poser sur lui. Il parla de nourriture. Dés le matin. Et ce simple détail fit naitre au coin des lèvres de la jeune femme un discret sourire simple et sincère qui, accordé à son regard loin d'être des plus parlant, laissait deviner qu'elle se réveillait encore.
Se redressant cette fois presque totalement sur sa chaise, s'appuyant sur le dos tandis qu'elle croisait les bras sous sa poitrine cette fois, Oswin fut à vrai dire presque surprise de trouver sur son dos une couverture qu'elle ne se souvenait pas d'avoir pris dans la soirée... Voir la matinée, sans repère temporel elle devait avouer être quelque peu perdu. Mais ce fut une agréable surprise, et après l'avoir fixé un instant, caressant les mailles du tissus quelques secondes, elle s'en saisit plus ferment pour la tenir correctement sur son dos, et, éventuellement, sur ses bras. Comme il fallait s'y attendre, la chemise ne s'en sortit pas indemne de sa nuit agitée, et, en omettant le fait qu'elle avait bien dut faire avoir quelque crise cardiaque en se présentant uniquement vêtue de ce simple vêtement devant Tibérius, sa tenue présente aurait put faire rougir plus d'un homme, ou femme. En effet, plusieurs boutons s'étaient défaits, déjà qu'elle n'était que faiblement refermée, et pas forcément à la suite ce qui donnait un air assez débraillé à la jeune femme. Mais étrangement, malgré son habit froissé, tâché et salit, ses mèches rebelles qui descendaient en cascade en encadrant son visage, et son visage presque trop paisible pour être rassurant, elle possédait là un charme certain qui aurait tôt fait de ravir certains hommes entreprenants.

Son regard coula alors vers la nourriture, pour certaines encore chaudes, qui disposée tout près d'elle recelait, il fallait l'avouer, d'un choix tout de même intéressant. Calant machinalement une mèche derrière son oreille -sans grand effet d'ailleurs car celle-ci ne tarda pas à s'en échapper-, la brune n'entreprit même pas de se servir, se contentant d'observer le festin un faible sourire aux lèvres, écoutant distraitement mais sans en perdre une miette le discours de son collègue, qui avait concrètement apporté tout cela pour sa petite personne.
Et lorsqu'il se tût enfin, pas que cela la dérangeait, au contraire, la surveillante leva son regard vers Ludovic, tournant légèrement la tête tandis qu'elle s'était à nouveau penché vers la table pour y poser les coudes, et lui rendant son sourire en plus faible par la même occasion, et ce juste avant qu'il ne reprenne la parole en disposant à ses côtés plusieurs feuilles qu'elle observa rapidement, les tournant et déplaçant du bout des doigts, comme pour conserver le peu de chaleur qu'elle avait gagné en se recroquevillant sur elle-même.
Alors ainsi, l'enseignant était parvenu à se rappeler de quelques détails, suffisamment pour réussir à dresser une liste impressionnante de possibilités et une chance considérable de récolter des informations utiles. Brillant.
Le sourire de la brune s'étira imperceptiblement lorsque ce dernier mot traversa son esprit, s'étonnant une nouvelle fois de l'esprit de son camarade alors qu'elle même savait pertinemment, ou du moins pensait savoir, qu'il fallait toujours s'attendre à quelque chose de nouveau en compagnie du savant professeur de sortilèges. Bon, savant, oui, mais de là à être des plus sages... Il y avait du chemin.

Une fois que l'homme eut terminé sa petite explication, Oswin resta encore un instant silencieuse, les yeux rivés sur les feuilles sans réellement les voir, préférant sans aucunes raisons s'intéresser à l'écriture biscornue et presque illisible du français qu'aux informations qu'il avait cherché à retranscrire, puis, elle s'étira de tout son long en avant, comme elle en avait l'habitude alors qu'ils n'étaient encore qu'en Septembre. Un baillement poliment retenu s'en suivit alors, avant que cette fois, d'une attitude bien plus réveillée bien que toujours aussi calme, elle ne lâche quelques simples mots :

-C'est parfait.

Son sourire s'accentua une nouvelle fois, tandis que toujours enroulée dans sa couverture, elle tenta de regrouper toutes les feuilles lui semblant non utilisées en un tas, faisant attention à ne pas toucher celles qui lui semblaient trop proches du scribe pour un temps.

-C'est du très bon travail, cela peut vous sembler peut-être peu concluant, mais croyez-moi, c'est bien plus qu'il n'en faut pour avancer dans une enquête.

Et, pour la première depuis le début de la conversation, Oswin planta son regard franc, mais pour une fois, beaucoup plus doux qu'habituellement dans celui de son interlocuteur, lui souriant calmement avant de s'étirer à nouveau, plus précisément cette fois en faisant craquer sa nuque ankylosée.

-Mangez. lâcha alors la jeune femme en poussant d'un geste simple le butin rapporté par le français un peu plus tôt, tandis que dans sa voix on pouvait clairement sentir l'ordre même si le ton était des moins agressif qu'il soit. Mangez un peu, cela vous revigorera. Et puis, vous vous êtes vu? Si vous continuez à ne rien manger ici, qu'importe qu'à Poudlard vous finissez toujours par vous trouver quelque casse-croute quelque part dans un coin, là-bas, personne ne tentera de vous courir après dans le but de vous refroidir. s'amusa légèrement l'Auror avant de conclure, plus sérieusement cette fois bien que la douceur n'eut pas quitté son ton. Un peu d'énergie ne vous fera pas de mal. Mangez, je me servirais ensuite.

Sous-entendu: je ne toucherai pas à cela si vous ne vous servez pas avant moi. Et qu'importe la proposition, on ne fait pas changer d'avis une Oswin décidée aussi facilement que cela, alors pour échapper à la dure punition qu'elle lui imposait, il allait devoir s'y prendre à deux fois.


 

 



Tenue d'Oswin:
 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 26 Sep - 13:08


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

La jeune femme immergea du sommeil tout en douceur, réveillant une à une les parties de son corps. Ludovic suivit ses mouvements tandis que la surveillance passait d'une légère stupeur endormie à de l'amusement, effectuant des gestes réduits pour conserver sa chaleur et se lovant dans la couverture. Le brun leva les yeux sur sa voisine avec un regard encore plus doux que son sourire et constata à quel point les réveils matinaux lui allaient bien. C'était rare bien sûr, extrêmement rare que quelqu'un semble embellit par une mauvaise nuit, mais le léger côté champ de bataille de ses cheveux devait beaucoup jouer dans le point du vue de l'ébouriffé. Sans oublier les boutons défaits qui laissaient apercevoir par endroit les sous-vêtements qu'il avait eut tout le loisir de contempler la veille au soir. Le sourire du brun prit un coin moqueur alors que son propriétaire haussait de quelques millimètres un sourcil las avant de tourner la tête sur ses écrits pour reprendre là où il s'était arrêter et présenter ses résultats à l'Auror.

Cette dernière sembla vaguement intéressée jusqu'à ce qu'elle s'étire de tout son long, manquant de contaminer le professeur de son long bâillement. Il se retint tant bien que mal tandis qu'un gargouillis outré sortait encore de son estomac. Dire qu'il avait faim était un moindre mot. Lorsque la surveillante prit enfin la parole, lui offrant une excuse toute trouvée pour reléguer à plus tard son petit déjeuner, le français eut un sourire un peu plus franc, savourant la flatterie plus avidement qu'une assiette d'entrecôtes.

— Parfait je ne sais pas, fit-il en se grattant la tempe. Je ne suis pas totalement sûr que ce que j'ai marqué fasse bien partie de l'histoire qui nous intéresse. Si les romans se ressemblaient moins je n'aurais pas eut autant de mal à faire le tri. D'ailleurs, ajouta-t-il en fronçant les sourcils, je dois avoir résumé quelque part un livre sur un troll qui parle et un chien qui boit du lait... si vous avez envie de le lire un de ces jours je crois que vous pourrez le trouver chez Fleury et Bott.

Cependant, la jeune femme insista sur le fait qu'il avait bien travaillé et il se laissa aller au compliment sans même songer à la gratifier d'un merci en retour. Se contentant, une fois encore, de sourire avant de désigner du bout de sa plume la dernière ligne de la liste, toute ponctuée de points d'interrogation.

— J'essaie de me rappeler de la suite, mais je crois que c'est là que j'ai dut arrêter de lire.

Et depuis quelques temps son esprit n'arrêtait pas de dériver en se demandant ce qui avait bien put le faire s'interrompre toutes ces années plus tôt. Peut-être avait-il trouvé le tueur plus vite qu'il n'y avait de pages ou peut-être s'était-il jeté sur un livre plus intéressant portant sur n'importe quel sujet, comme l'évolution des sorts à travers les âges ou une étude sur la civilisation des cyclopes, toutes ces choses que n'importe qui aurait probablement pu trouver barbantes et qui, désormais, lui faisait un peu regretter de ne pas s'être accordé plus de temps pour les futilités.

Un ordre de la surveillante lui fit soudain lever la tête, avec dans les yeux une lueur tout à fait éveillée. Manger ? Bien entendu, il n'attendait que cela. Comme le lui grognait son estomac, mais il ne se jeta pas tout de suite sur ses provisions, s'assombrissant un peu à la suite des paroles de la jeune femme. Lentement, il posa deux doigt sur une pomme et la fit rouler vers lui. Elle avait peut-être raison en un sens, à Poudlard, rare étaient les personnes qui auraient été du genre à lui courir après lorsqu'il s'enfuyait, mais de là à dire qu'aucune n'aurait voulu pouvoir l'éliminer discrètement au détour d'un couloir, il y avait un pas trop grand. Sans oublier les quelques fois où il s'était aventuré trop près des mangemorts avec l'Ordre. Même si, à tout prendre, il préférait encore contrer des sorts de face que se prêter au petit jeux de fausses politesses dans les couloirs de l'école, il ne voyait pas entre les deux situations une différence aussi bien marquée.

S'emparant du fruit, il le leva à hauteur de ses yeux et lâcha un nouveau sourire à la dernière phrase de sa voisine. Presque aussitôt, il se pencha un peu vers elle, lui tendant la pomme, le coude posé contre la table et la main en présentoir.

— Moi qui espérait vous faire le même genre de chantage, répondit-il d'un air taquin.

Il lui adressa un sourire provoquant et porta le fruit à sa bouche pour en croquer un morceau, sentant presque aussitôt le jus sucré pleuvoir en cascade sur sa langue et ferma les yeux pour profiter de sa bouchée aussi longtemps qu'il le put. Son petit déjeuner à peine entamée, il le posa devant lui, rouvrant les paupières en se rappelant soudain de quelque chose.

— J'ai aussi trouvé ceci, fit-il en se retournant pour fouiller dans son sac.

Il en sortit un objet soigneusement emballé dans un morceau de peau tannée qu'il déposa sur le bois, entre lui et la jeune femme, produisant un léger son métallique.

— J'ai hésité à le prendre, mais je me suis dit que vous en auriez peut-être besoin. C'est seulement quand je suis revenu que j'ai vu que vous en aviez déjà. Poursuivit-il en écartant les bords de l'emballage pour dévoiler la silhouette sombre d'une dague à mi-chemin entre le couteau de cuisine et le poignard d'apparat. Je ne sais pas ce que vaut la lame, je l'ai ramené parce que je pensais que vous aviez perdu les autres. S'il ne vous sert à rien je pourrais toujours le garder, mais autant décider ce que vous voulez qu'on en fasse avant que je l'oublie une nouvelle fois.

Reculant sa main de l'arme, soudain beaucoup plus crispé, le français jeta un coup d’œil au poignard avant de lever les yeux en direction de la jeune femme. Lui adressant un regard soutenu, guettant sa réaction avec une attention totale.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 26 Sep - 22:13


 

 

 
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Bien que Ludovic répondit plus ou moins aux vagues compliments de la jeune femme, assurant par la même occasion que ce qu'il venait de faire n'était vraiment pas grand chose, rajoutant par ailleurs qu'il s'était probablement trompé, ayant confondu quelques romans entre eux... L'avis de la française resta le même, car de ces simples suppositions pouvait naitre une investigation plus poussée. Parce que chercher quelque chose sans même savoir quoi était difficile, mais chercher quelque chose dans le but de démontrer si oui ou non telle était la créature recherchée était beaucoup plus simple, tout simplement car il suffisait de trouver une seule exception pour confirmer que ce n'était pas une créature qui avait causé tout cela.
Puis le brun se mit à dériver sur un livre qu'il avait lut précédemment, traitant d'un sujet bien étrange mais qu'importe ce dernier, le simple fait de parler de lecture valut à l'enseignant un regard clairement curieux, bien que, ne le cachons pas, remplit d'incompréhension face à ce sujet atypique.
Fleury et Bott...
Nom à retenir. Elle avait bien des fois entendu ce dernier dans les couloirs à Poudlard, mais jamais elle ne s'y était attardée. Peut-être qu'à l'avenir, elle devrait faire plus attention.

Puis, elle avait ordonné à l'enseignant de manger un morceau, et sa réaction ne se fit pas attendre, car immédiatement, le visage du français fut comme illuminé par cette semi-proposition. Néanmoins, cette dite illumination ne dura pas longtemps, car à la suite de ses paroles, il sembla s'assombrir légèrement, sans toutefois tomber dans la plus sombre des mélancolie. Et cela, la brune le remarqua. Elle n'émit pas le moindre commentaire, et ce même si à la vue de son léger froncement de sourcils, on pouvait clairement en déduire qu'elle s'inquiétait tout de même du poids des mots qu'elle venait de lui porter.
Mais heureusement, il ne lui en tint par rigueur et ne tarda pas à croquer dans la pomme qu'il venait de saisir, après une rapide réplique dite sur un ton qui sonna agréablement aux oreilles de la surveillante. Cette dernière répondit d'ailleurs à sa petite pique par un regard amusé, et un sourire en coin qui s'accompagna d'une réplique légère mais pourtant sincère:

-Peut-être aurait-il fallut être plus rapide dans ce cas?

Oswin observa paisiblement le français croquer dans son met de fortune, prenant du plaisir à sentir cette nourriture pourtant si simple sur sa langue, et tout cela, grâce à une simple pomme. Cela pouvait s'avérer être un spectacle des plus communs, mais quelque part, cette scène semblait étrangement merveilleuse aux yeux de la surveillante. Encore et toujours, le français surprenait cette dernière de sa manière de s'émerveiller de tout et de rien, de remarquer des détails dont personne ne faisait habituellement attention, sa vision des choses toute autre, si différente, mais comme chaque point de vue, elle possédais une certaine sincérité. Des points qui, pour la jeune Auror, étaient bien plus important qu'il n'y paraissait.
Puis, soudainement, Ludovic déposa son met sur la table, comme semblant se rappeler d'un détail, et pour cause! Il se retourna presque instantanément pour fouiller dans son sac, en sortant quelque chose d'emballé dans un long bout de tissus, qu'il déposa ensuite sur la table en un léger tintement qui réveilla tout à fait la curiosité de sa compagne de mésaventure. Les yeux grands ouverts, alors que le mystérieux objet avait capté toute son attention, la brune remit machinalement une mèche rebelle derrière son oreille, attendant avec une impatience sourde bien que visible que l'homme ne découvre cet étrange présent. Elle ne leva qu'à peine un oeil sur ce dernier lorsqu'il reprit la parole, et à vrai dire, lorsqu'enfin il ouvrit le mystérieux objet, elle ressemblait presque à une enfant à qui l'on offrait un cadeau dont elle ne s'était pas attendue. Son visage devint plus neutre tandis que son regard croisa le métal de la lame du couteau, plus neutre oui, mais l'intérêt ne quitta pas le regard tandis qu'un sourire simple mais clairement charmé étirait ses lèvres. Au fur et à mesure que la voix de l'enseignant résonnait à ses oreilles, ce dit sourire s'accentua de plus en plus, jusqu'à laisser légèrement entrevoir les dents blanches de la jeune femme, et à ce moment là, elle leva un regard clairement excité à son interlocuteur, bien que toujours étrangement calme à cause de l'heure matinale, retenant par ailleurs son sourire par fierté, comme pour ne pas paraître... Trop expressive, même si dans son regard il était simple de lire ce qui lui passait réellement dans la tête. Et ce, même sans pouvoir.

Ramenant son attention vers l'arme toute nouvelle que venait de lui exposer Ludovic, l'Auror se redressa légèrement avant de prendre délicatement l'arme par la lame, bien à plat dans sa paume pour ne pas se couper, puis, elle la tourna avec précaution pour observer plus en détail la finesse de la lame et la beauté du manche. Une fois son inspection terminée, avec une lenteur extrême, la jeune femme prit l'arme par dessous la garde tout faisant attention de ne pas pointer la lame vers l'enseignant à ses côtés, et jugea le poids un instant comme pour décider de sa maniabilité. Finalement, et au bout de quelques instants qui lui parurent aussi interminables que rapides, Linda reposa la lame sur le tissus, se frottant les mains comme pour les réchauffer avant d'instinctivement saisir à nouveau les pans de la couverture. Puis, elle se redressa encore un peu tandis qu'elle fixait calmement mais un sourire calme aux lèvres le français qui lui faisait face.

-Où l'avez-vous trouvée? demanda-t-elle clairement intéressée. Elle me semble... Disons très bien forgée. Bon équilibre, joliment ciselée, elle est fine et pas trop lourde sans être une arme de décoration...

Oswin réprima un peu plus le sourire qui tentait malgré tout de percer sur son visage, s'humectant rapidement les lèvres tandis qu'elle cherchait ses mots, son regard ayant d'ores et déjà dérivé sur le couteau alors qu'elle reprenait la parole :

-C'est un bel objet.

Et elle se tût un instant, le regard rivé sur le dit objet tandis qu'un frisson lui parcourut l'échine. La brune s'enroula un peu plus dans la couverture rapeuse, ignorant malgré tout la fraicheur de l'air extérieur, pour la simple et bonne raison que pour le moment, son esprit était occupé par bien d'autres sujets.
Puis, soudainement, elle releva la tête vers Ludovic, haussant légèrement un sourcil alors qu'elle demandait d'un ton à la fois curieux, mais aussi clairement taquin:

-Est-ce un présent, Monsieur Descremps?

Ainsi, il avait pensé à elle, durant sa petite escapade. Elle s'en serait presque sentie flattée, ou peut-être était-ce déjà le cas?
Cela pouvait paraître étrange à certains, peu de gens avaient pour habitude d'offrir des armes blanches à une femme par exemple, mais pour être tout à fait franche, Oswin savait parfaitement qu'elle n'était pas disons... Un modèle de normalité. Et se voir offrir une arme au contraire lui paraissait, bien qu'inhabituel, une attention des plus appréciables. Enfin... Oui, le geste lui allait droit au coeur. Mais ce qu'elle craignait en réalité, la seule tâche sur le tableau, c'était ses propres actes, et ce, depuis quelques jours. Ses armes l'avaient menée jusqu'ici, et jusqu'à présent, elle avait toujours eut une confiance aveugle en ces dernières : une arme ne ment pas, une arme ne prend pas profit, une arme, c'est la neutralité absolue. Mais comment pouvait-elle savoir à présent si le chemin qu'elle avait pris grâce à celles-ci était juste depuis qu'elle avait appris que son frère disparu avait en réalité survécut toutes ces années ? Tout ce en quoi elle croyait depuis des années n'avait été qu'une vulgaire illusion, un mensonge éhonté qu'elle n'avait même pas remarqué. Alors comment savoir si ces armes qui l'avaient aidées jusqu'à présent, ne l'avaient pas au contraire enfoncée dans ses malheurs ? Et ce, à cause de quelques vérités qu'elle avait jusqu'à peu considéré comme absolues?
Alors, allez savoir si après cela elle allait réellement accepter ce geste qui pourtant la touchait. Car même s'il fallait sans doute qu'elle continue à avancer, qu'elle "passe à autre chose" en reprenant d'autres objectifs, d'autres idées et d'autres principes pour guider sa vie, car même si dans ce livre tout lui semblait si différent, Oswin n'était toujours pas sûre d'être prête à passer le pas, ou même d'avoir assez de courage et de détermination pour faire une nouvelle fois confiance à celles qui l'avaient perdues.
Et cette dernière idée fit passer une ombre vivace dans les prunelles noisettes de la surveillante qui frissonna à nouveau.


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Lun 28 Sep - 2:34


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

La petite pique lancée par la surveillante eut tôt fait de chasser la longue liste d'ennemis qui commençait à se dresser dans la tête de l'ébouriffé. Il gratifia la jeune femme d'un sourire amusé, prenant bonne note de ce qu'elle venait de lui dire et prit sa bouchée de pomme. Il existe des milliers de choses simples que chaque personne fait sans s'en rendre compte ; manger, boire de l'eau, respirer... des choses si quotidiennes que bien peu de personnes y prêtent réellement attention, mais il suffit de priver quelqu'un d'eau pour que la moindre goutte de pluie fondant sur sa langue lui semble un véritable délice. Le goût de la pomme avait cet effet là sur Ludovic. Depuis trois jours maintenant qu'il n'avait pratiquement rien avalé et rien bu, le fruit sucré semblait plus succulent que n'importe quel autre au monde. Par le simple fait qu'il ait été au bon endroit au moment parfait, il en devenait si bon que mordre dedans aurait été comme le pire crime de l'humanité. Pourtant, la pomme passa au second plan au moins aussi rapidement que ses ennemis lorsque le brun sortit l'arme de son sac.

A peine l'avait-il posée sur la table que l'attitude de la jeune femme semblait avoir changée et elle sembla tout à fait captivé lorsqu'elle découvrit ce qui se trouvait dans le paquet. Ludovic aurait presque pu trouver cela touchant, être plus ou moins fier de son effet voir même lancer une réplique moqueuse pour taquiner la brune, si l'objet sur lequel elle avait jeté son dévolu ne lui avait pas fait l'effet d'une grosse morve de troll sur ses vêtements. Serrant les dents sans reculer ni retirer son bras encore appuyé à quelques centimètres de l'amballage vide, le français suivit du coin de l'oeil les mouvements de la lame entre les doigts de la surveillante. Un bien bel objet, c'était certain, mais un tranchant pensé pour tuer avant même que la forme des couteaux n'ait été décidée. La première arme du monde. Lentement, les doigts de l'homme se frottèrent les uns contre les autres dans de discrètes et presque immobiles caresses censées calmer sa nervosité.

L'inspection de la femme sembla durer une éternité, mais lorsque, enfin, elle eut fini et reposé l'outil sur le cuir, le brun fixa le métal froid au moins aussi longtemps et avec la même attention qu'il aurait eut en surveillant un serpent paré au combat. Il n'hésita pourtant pas à tourner la tête vers la surveillante lorsque cette dernière lui posa une question et répondit avec naturel et détachement, d'un ton aussi léger que ceux qu'il avait eut en résumant son travail de la soirée.

— Je cherchais de quoi écrire quand j'ai fini par tomber sur une sorte de taverne qui me semblait assez prospère pour avoir investit dans l'encre et le papier. Visiblement j'ai eut de la chance, j'y ait trouvé presque tout ce que j'ai ramené. Il y avait plus de nourriture que je ne pouvais en porter et de grandes piles de parchemins dans l'arrière-boutique. Je suis allé visiter le reste de la maison pour essayer de mettre la main sur un sac et il y avait cette dague, abandonnée sur une table à moitié déballée. J'avais le temps et ça ne prend pas trop de place alors, tant qu'à faire, je l'ai récupérée. Il reporta son attention sur la lame, se demandant encore si cela avait été une bonne idée. Je suis ravi qu'elle vous plaise, ajouta-t-il.

Si au moins un poignard pouvait réussir à tirer de sa voisine un sourire cela valait la peine de le ramasser. Pour le reste, il n'aurait plus qu'à prier. Ne s'attardant pas plus sur le sujet, Ludovic leva soudain la tête vers la jeune femme, examinant de pied en tête la couverture qui lui couvrait le dos.

— Ça va ? demanda-t-il.

Elle ne lui laissa pas l'occasion de s'assurer que tout allait bien pour lui poser une nouvelle question à laquelle il faillit bien répondre trop vite, encore une fois. Il ouvrit la bouche une seconde, la refermant dans un rictus amusé, mais fronça les sourcils alors que la brune frissonnait. Préférant ne pas répéter ce qui l'avait préoccupé quelques secondes plus tôt, il reprit avec une voix beaucoup plus sérieuse.

— C'est une assurance vie. Il peut y avoir des centaines de choses qui nous attendent dans la suite de cette histoire alors je préférerais que chacun de nous ait tous les moyens possible pour s'en défendre. Je me doute que vous en connaissez plus d'un, mais avec ça, je sais que vous risquerez moins. fit-il, désignant le poignard d'un vague signe de tête, Il vaut peut-être mieux que vous restiez armée tant qu'il n'y a pas de château dans lequel se replier.

Laissant là le couteau, il se retourna vers la table pour récupérer sa plume et sa pomme.

— Et puis comme ça, vous aurez encore moins d'excuses pour ne pas venir me sauver la peau.

Il croqua encore un morceau de fruit, le trouvant beaucoup moins savoureux maintenant que la grande faim était partie. Mâchant avec application ce qu'il avait en bouche, il jeta un coup d'oeil au pain, bien tenté d'en couper une tranche, mais se résigna d'une pensée, préférant se contenter des pommes.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 29 Sep - 0:44


 

 

 
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Totalement absorbée dans sa comtemplation de l'arme que venait de lui servir sur "un plateau d'argent" l'enseignant, Oswin ne remarqua pour une fois pas le moins du monde le regard étrange et les mains crispées de son compagnon de misère, du moins, pas au départ, car en relevant le regard vers ce dernier, se détournant totalement du poignard qu'elle venait de se faire offrir, elle remarqua tout de même que quelque chose n'allait pas. Mais quoi? Elle ne put mettre le doigt dessus, et ce malgré tous ses efforts.
Son regard dur envers le couteau, il semblait comme crispé, il n'aimait pas les armes? Oui, mais cela, elle le savait déjà... N'y avait-il réellement que cela? Allez savoir...!

Puis, l'homme commença à lui expliquer sa petite aventure à l'extérieur de ces murs, lui contant qu'il était allé dans une riche auberge produisant ou vendant encre et papier. Il y aurait ensuite trouvé de la nourriture à foison, et vint ensuite la dague... Quel heureux hasard n'est-ce pas?
La brune ne pût retenir un léger rictus tandis qu'elle songeait à la manière dont le français avait "payé" tout cela, surtout vu le contexte historique, tant de nourriture ne devait pas revenir à bas prix... Et a vrai dire, elle aurait pût le critiquer, le réprimander pour lui expliquer que ce n'était "pas bien", mais elle se considérait elle même mal placée pour parler étant donné ses antécédents, et quand bien même elle aurait pût passer outre pour faire comprendre que le vol, c'est mal, elle était tout bonnement trop épuisée pour hausser le ton de si bon matin. Alors elle écouta, attentivement, levant ses pupilles noisettes sur l'enseignant lorsque ce dernier assura d'un ton plus ou moins convainquant qu'il était ravi que l'objet ne lui plaise.
C'était peut-être rien, mais c'était ce genre de petites remarques qui amusait la jeune femme, notamment et tout simplement car comme toutes les femmes, elle aimait se voir offrir quelques présents, même si ces dits présents étaient quelque peu... Différents.

L'attention de la française revint par la suite sur l'arme, à la fois touchée, en admiration, mais aussi quelque peu gênée de ce présent dont elle ne savait pas vraiment que faire, se battant intérieurement afin de se convaincre lentement qu'il ne fallait plus qu'elle ne s'arrête sur ses erreurs passées, si on pouvait seulement les considérer comme des erreurs. Et ce fut justement à cause des ces preoccupations que la jeune femme n'entendit pas la question de Ludovic, enchaînant presque aussitôt sur une question bien choisie, bien qu'un peu taquine, en attente de la réaction de son interlocuteur.
Son petit air de... De poisson comme elle l'appelait etira imperceptiblement le léger sourire qu'elle portait aux lèvres, le voyant ouvrir puis fermer la bouche, lui même avec un discret rictus avant de finalement répondre plus sérieusement, presque au grand dam de son auditrice, que ce n'était là qu'une "assurance vie". Un mot plus ou moins inadapté aux yeux de la surveillante qui pourtant ne fit pas de remarques, amusée par le ton que prenait la fin de sa réponse, à la fois par la probabilité et l'improbabilité de ses propos. Mourir ici? Vu tout ce qui les attendait dehors, c'était bien possible. Et pourtant, quelque chose clochait... Un détail qui faisait dire à l'Auror qu'ils finiraient par s'en sortir, d'une manière ou d'une autre.
Sans doute son fameux instinct qui revenait enfin.

-Vous dites cela comme si... Comme si vous doutiez que je ne vous laisse dans le pétrin chanceux comme vous êtes...! s'amusa la brune en reprenant un peu de poil de la Bête. Mais si cela peut vous rassurer, je viendrais toujours vous sauver, il faut bien quelqu'un pour veiller sur vous non?

Lançant un petit regard en coin à l'enseignant, Oswin esquissa un nouveau sourire tout en lâchant un " Faites attention Descremps, on pourrait croire que vous vous attachez...!" pas bien méchant, tandis qu'elle s'assit en tailleur sur la chaise, se penchant en avant pour se saisir d'un bout de pain encore chaud, en caressant la croute un instant avant de s'en couper un bout, et de le croquer avidement. Et à vrai dire, ce fut une bonne surprise. Bien meilleur que les faux pains anglais, celui-ci avait presque des airs de baguette française bien qu'il semblait avoir quelques saveurs en moins, un détail important pour la française de lire souche qu'elle était, et ce fut en lâchant un soupir muet qu'elle profita de cette source de chaleur qui envahit son palais.
Et lorsqu'elle termina sa bouchée, elle garda encore le bout de pain quelques secondes en mains, comme pour se réchauffer, puis en plaçant ce dernier sur la table, elle se saisit à nouveau du poignard, le manipulant cette fois bien plus bas comme par simple plaisir, sans toutefois que cette même lueur ne brille dans son regard.

-Pour être tout a fait franche... Je ne sais pas si je pourrais l'accepter. Disons que ces derniers temps, j'ai quelque mal avec mes propres armes, et...

Elle se tut, ne sachant pas trop que dire pour expliquer l'impasse dans laquelle elle se trouvait, par des mots, résumer et développer un sentiment qu'elle même trouvait illogique, mais n'était pas cela, la définition d'un sentiment?
Quelque chose d'illogique?

-Enfin, qu'importe! termina Oswin en relevant la tête, sur un ton un peu plus léger alors qu'elle reposait une fois de plus l'objet sur la table. J'y réfléchirai, merci pour ce "présent", mais néanmoins, une question perdure...

Fixant son regard dans celui du français, la brune redevint alors plus sérieuse sans pour autant en être grave, plus fatiguée, et plus sincère aussi, demandant tout simplement tandis que ses cours jouaient machinalement avec les mailles de la couverture :

-Vous venez de dire que vous prefereriez que chacun d'entre nous possédions des moyens de défense. Je connais les miens, mais quels sont les vôtres? Comment ferez vous pour vous défendre?  


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Ven 2 Oct - 1:00


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

À la petite pointe d'étonnement de la jeune femme, le sourire de Ludovic s'étira un peu, bien contant qu'elle ait choisit cette version des choses plutôt qu'une autre. Mais sa presque moquerie disparue quelque peu lorsque l'Auror ajouta quelques mots qui le prirent par surprise. Pourtant, son visage ne se contorsionna pas dans l'une de ces expressions spectaculaires dont il avait l'habitude lorsque quelque chose le prenait au dépourvu. Il sembla au contraire tout à fait sérieux, avec une pointe de reconnaissance dans les yeux. Cela ne dura que quelques secondes avant que son rictus ne revienne et il répondit sur le même ton que la française, l'air de ne pas croire un mot de ce qu'elle venait de lui dire.

— Attention Oswin, on pourrait croire que vous venez de me faire une promesse.

Du coin de l'oeil, l'ébouriffé suivit les gestes de sa voisine occupée à trancher le pain. Il la regarda en prendre une bouchée qu'elle sembla trouver à son goût et attendit qu'elle repose la miche pour la récupérer, taillant une part pour lui qu'il eut tôt fait d'avaler tandis que sa pomme jaunissait. Mâchant son repas avec soin, Ludovic reporta son attention sur ses pages, essayant de retrouver sa ligne tout en écoutant la surveillante d'une oreille plus ou moins attentive. Il n'adressa pas même un bref regard au poignard que la brune recommençait à faire tourner, ne levant la tête qu'au moment où elle lui posa sa question, lui faisant hausser un sourcil.

— Et bien, j'espérais que vous refuseriez la dague pour pouvoir être armé, mais même sans cela je crois que tout le monde sera d'accord pour dire que j'ai un certain talent en ce qui concerne la survie. Il me reste encore la magie et j'ai quelques tours dans mon sac en cas d'extrême nécessité.

Et par sac bien sûr, il aurait vraiment apprécié que cela ne soit pas métaphorique. Son pain terminé, l'échevelé reprit sa pomme qui lui sembla encore plus sucrée. Il aurait sans doute dut penser à prendre de quoi boire, mais il fallait bien qu'il ait oublié quelque chose. Laissant là ses tentatives de reconstruire l'histoire du livre, le professeur se pencha un peu plus en direction de la surveillante, comme pour lire par dessus son épaule les deux feuillets qu'il venait de lui donner.

— Comme je l'ai dit, je propose que l'on essaye de prendre le monstre par surprise ce soir. C'est une occasion unique, je ne sais pas où, quand ni s'il réapparaitra après cela, mais cette nuit nous devrions avoir assez d'informations pour ne pas le manquer. La seule condition est qu'il faut que nous soyons extrêmement préparé. Il faut que l'on détermine le meilleur endroit où l'on pourrait se tenir en embuscade, prévoir un plan de retraite et peut-être envisager des moyens pour nous défendre au cas où. Si nous arrivons à limiter les possibilités pour la bête, il y aura peut-être dans le bestiaire des informations sur ce qui serait capable de la repousser. Je peux me charger de cette partie là, pour le plan, vous avez des idées ?


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Lun 5 Oct - 0:22


 

 

 
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L'homme répliqua à sa petite pique sur exactement le même ton qu'elle venait d'utiliser, prétextant, ou bien avertissant, de la pseudo-promesse que venait de lui faire la surveillante, ce qui ne manqua pas de faire vivre la petite lueur d'enthousiasme au fond du regard de la brune un peu plus longtemps. C'est vrai, les promesses...

-Cela aurait été bien malheureux, surtout que je tiens toujours mes promesses...

Et sur cette dernière pique, toujours avec ce sourire en coin qui refusait de quitter ses lèvres, elle détourna le regard avant de reprendre une bouchée de pain, croquant la croute sèche avec un discret sourire. Quand elle y repensait, ce pain qu'elle semblait apprécier était peut-être le dernier qu'elle allait engloutir. Ou peut-être encore était-ce la seule sorte de pain qu'elle mangerait jusqu'à la fin de ses jours? Cette journée qui lui semblait si unique, si agréable, qui avait pris un goût si délicieux alors qu'elle venait à peine de commencer, peut-être deviendrait-elle son quotidien par la suite? Oh... Non. Non non non, si seulement un tel cauchemar devait devenir réalité, il était certain qu'il y aurait quelques points positifs comme... La fuite. La fin de ses problèmes, une nouvelle vie qui s'annonçait. Mais, sérieusement, en y réfléchissant ne serait-ce qu'une seconde, quelles étaient les chances pour que ceci arrivant, les deux collègues de Poudlard se supportent encore longtemps de cette manière? Calmement? Sagement? Ici? Enfermés dans un monde qui n'était pas le leur comme deux bêtes en cages... Ce n'était ensuite qu'une question de temps avant que ne commencent les choses sérieuses, et dans ce cas, il ne pouvait y avoir que deux solutions : soit ils allaient s'étriper, soit ils allaient se divertir. Et des deux solutions, elle savait parfaitement qu'une seule était possible.

Lorsque le brun reprit la parole un peu plus tard, expliquant son "plan" en quelque sorte, l'Auror releva le regard, l'écoutant avec attention tandis qu'elle se prit elle aussi une pomme en croquant dedans. Etablir un plan? Décider des chemins de retraite? Prévoir un... Un piège? Oh oui, ça, elle savait faire.
Presque instinctivement, un sourire plus carnassier étira les lèvres de la jeune qui pourtant n'intervint pas tout de suite, attendant qu'il termine de parler avant de répondre calmement, se penchant légèrement vers l'avant pour s'appuyer à nouveau sur la table.

-Et bien tout dépend de la créature j'imagine. Si elle est de grande taille, il vaut mieux tenter de la surprendre dans un endroit encombré, voir étroit. Une forêt, ou un bois où les arbres sont serrés. Néanmoins, si c'est le cas, on doit pouvoir avoir l'avantage et donc soit que nous soyons à l'aise, soit que pour nous le chemin soit assez dégagé. La capturer sans savoir qui elle est... S'avère être compliqué. On est désavantagé car elle sait qui nous sommes, enfin... A la différence que nous sommes des sorciers, et ça, ce doit être la seule chose que nous avons pour nous, même si nous n'avons quasiment aucuns pouvoirs... ici.

Et d'ores et déjà, l'esprit de la jeune femme s'activait pour trouver quelques solutions à ce nouveau problème qui se présentait à elle, mais ce nouveau problème avait au moins le mérite de s'avérer intéressant.
Néanmoins, un dernier détail lui revint en mémoire. Un simple et banal détail qui pourtant ne perdait pas de son importance au fil du temps, et Oswin se tourna alors à nouveau vers l'enseignant, le fixant sérieusement bien qu'au fond de ses yeux l'on pouvait clairement percevoir une légère lueur inquiète:

-Et vous? Je veux dire... Est-ce que ça va?


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 6 Oct - 10:05


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Son fin sourire toujours fixé à son visage, l'échevelé mit un moment avant de baisser les yeux sur ses pages et un moment à faire assez abstraction des petites distractions pour réussir à lire. Le brun fronça les sourcils, glissant ses doigts contre un oeil avant de se masser la tempe. Profitant que son visage soit caché derrière sa paume, il ferma les paupières, continuant à faire aller et venir ses doigts le long de son front. Il ne s'interrompit qu'un peu avant que la jeune femme ne reprenne la parole, alors que sa tête sembla soudain manquer de support et faillir aller percuter la table pour y dormir. Enfin, il sembla manquer de s'écrouler sur la table cela c'était certain, y dormir... beaucoup moins. Mais ce geste ne s'éternisa pas, tout juste une chute d'un ou deux centimètres avant qu'il ne relève le visage et le tourne vers Oswin, affichant un sourcil tout à fait arqué. Il recula imperceptiblement alors que la jeune femme se penchait en avant, lui adressant un regard soudain méfiant avant de parvenir à se détendre assez pour reprendre un air plus aimable.

Ses traits finirent de se dénouer lorsque l'Auror commença à cogiter sur leur plan. Presque aussitôt, le brun leva les yeux en direction de son crâne, prenant note de ce qu'on lui disait et de ce qu'il en avait à reprocher, s'appliquant à rester impassible du début à la fin. Il opina du chef lorsqu'elle eut terminé et reprit le fil des réflexions à la suite de la surveillante comme s'il s'adressait aux murs.

—Je ne suis pas pour qu'on la capture. Autant que possible, il vaudrait mieux ne pas l'approcher. C'est trop dangereux, surtout qu'on ne sait rien d'elle. Ses yeux se tournèrent une seconde vers ceux de la jeune femme, inflexibles, mais sans dureté, sans qu'il semble tout à fait s'adresser plus à elle qu'au mobilier. Si nous essayons de la surprendre c'est uniquement pour savoir à quoi elle ressemble, pouvoir l'identifier, rien de plus. C'est clair ? Il laissa passer une seconde et reporta son attention sur le mur en face de lui, calant son menton au creux de sa paume. Pour les sous-bois cela risque d'être compliqué en ville, mais je penses qu'une ruelle pourrait suffire. Non ? Il faudrait aller repérer les lieux pendant qu'il fait jour. Peut-être que nous pourrions en profiter pour laisser quelques pièges au cas où. Si jamais elle nous attaque cela pourrait nous faire gagner du temps pour fuir et sinon nous pourrions la blesser assez pour qu'elle soit un peu moins dangereuse la prochaine fois... et vous avez raison pour les pouvoirs. C'est étrange, très étrange. Je ne connais aucun sort qui soit capable de faire perdre ou diminuer les pouvoirs d'un sorciers. J'ai dut lire une chose ou deux là dessus, mais cela n'arrive qu'aux sorciers de petite envergure, ceux qui ont si peu de magie qu'on se demande parfois s'ils font bien partie du monde magique. Je penses que nous en avons un peu plus que cela. Mais si ce n'est pas un sort... ou alors...

Le français n'ajouta plus rien, poursuivant sa réflexion en son fort intérieur le temps d'être certain de ce qu'il dirait. Il tourna les yeux sur la jeune femme qui n'en avait pas fini, haussant des sourcils interrogateur avant de les figer tant bien que mal dans cette position pour ne pas paraitre comprendre de quoi elle voulait parler. Croisant les bras sur la table, il fit de son mieux pour ne pas détourner le regard et prit un air innocent, répondant trop vite et trop sûrement.

— Bien sûr. Pourquoi cela n'irait pas ?

Il se coupa un peu tard. La deuxième partie de sa phrase s'était ajoutée sans son accord. Jouant discrètement des mâchoires, il garda encore le regard sur la jeune femme, ayant bien du mal à ne pas le laisser glisser ailleurs, tandis qu'il listait à toute allure les raisons qu'il aurait eut d'être mal en dehors de celle qui devait intéresser la jeune femme ainsi que tout ce qu'il aurait put dire pour lui prouver que tout allait au mieux dans le meilleur des mondes.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 6 Oct - 23:59


 

 

 
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À peine eut-elle terminé que l'homme s'empressa de relever, à ses yeux, ce qui clochait et ce qui n'allait pas dans les propos de l'Auror. Il sembla particulièrement insister sur le fait qu'ils ne captureraient pas la Bête, et quand bien même Oswin acquiesça la première fois, lorsqu'il se repeta, elle ne pût retenir un léger et discret hochement de sourcil, déjà agacée par celui qui s'improvisant son supérieur. Néanmoins, elle ne fit pas le moindre commentaire, comprenant sa réaction, et comme d'habitude, se faisant assez vite au pouvoir de l'autorité, même si dans le cas présent, elle jugeait que l'homme n'avait strictement aucuns droits sur elle. Mais ils étaient tous deux dans le même bateau, alors même si elle était particulièrement possessive avec "ses" enquêtes et opérations, ici, elle se devait de s'appuyer sur le français à ses côtés, qu'elle le veuille ou non.
La remarque sur la ruelle lui fit esquisser une légère grimace. Dans une ruelle, il n'y avait que les pavés -et encore!- qui pouvaient les aider. Terrain praticable, avec de nombreuses prises... Sans oublier que leur ennemi jouait à domicile, et que c'était eux qui s'aventuraient sur un terrain inconnu. Non... Non, il leur faudrait trouver une autre solution. Mais s'ils devaient rester en ville... Il y avait bien des manières de piéger une ruelle, mais combien étaient a leur portée ? Dans leurs moyens? Si au moins ils avaient la magie, mais elle savait parfaitement que même dans Poudlard même, elle n'aurait été capable de lancer le moindre petit avis.
C'est d'ailleurs sur ce sujet qu'enchaina l'enseignant, avouant qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait provoquer une telle perte de pouvoirs, utilisant par ailleurs le délicieux terme de "monde". Peut-etre qu'il n'avait l'air de rien, mais la façon dont il l'avait employé, le contexte, tout ceci semblait rappeler la jeune femme a quelques douloureux souvenirs dans lesquelles ce " monde magique" n'était pour elle plus qu'une lointaine légende qu'elle avait même crue inventée. Un monde entier, toute son enfance, ce à quoi ses parents avaient consacré leurs vies, et ce pour quoi ils étaient morts... Réduit au simple état de rêve.

Puis, elle avait posé sa question. La question, si je puis dire. Question à laquelle Ludovic répondit rapidement, sur de lui, mais trop rapidement peut-être, car des nuances de mensonge, l'Auror en avait entendues. Et plus de dizaines. Alors celle-ci, maladroitement camouflée... Croyez bien qu'elle la remarqua des que le premier mot eut franchit les levres du français.
Détournant le regard après quelques secondes, la brune esquissa un sourire qui n'avait rien de joyeux, à mi-chemin entre la lassitude, la résolution et l'ironie, un sourire crispé qui avait par ailleurs quelques airs de grimaces. Les mensonges... Oui, elle connaissait, les façons de mener en bateaux, les techniques, les rictus, les tonalités...

-Vous savez, la raison pour laquelle je n'aime pas la... Situation dans laquelle je suis, c'est car je ne cesse de fuir. Je cède à la facilité, c'est plus simple de se voiler la face, d'ignorer tout cela et de faire comme si... Comme si c'était encore comme avant, comme si rien n'avait changé. Et fuir, c'est l'inverse même de la promesse que je me suis faite. C'est l'idée même des mensonges, car bien souvent lorsque l'on ment, ce n'est pas pour... Faire du mal, mais pour ne pas voir, pour que tout soit plus simple, la première pierre du mur de l'auto-conviction. Et quand ce n'est pas le cas, c'est pour faciliter la vie aux autres, pour ne pas les inquiéter, pour les... Ménager?

Oui, c'est cela, ménager. Un bon mot qui laissait sous-entendre de nombreuses choses.
Prenant une grande inspiration suite à sa tirade improvisée, la brune chasse une nouvelle mèche de son visage, la rabattant du bout des doigts derrière l'oreille, croquant dans sa pomme tout en jetant un regard en biais au Français, attendant quelques instants avant de terminer:

-Mentir c'est fuir, mentir c'est préférer la simplicité que d'expliquer quelque chose que l'on juge trop compliqué pour quelqu'un de trop idiot, mentir c'est se voiler la face avant et contre tout.

Courte pause, regard dans le vide, puis Oswin conclut, plus lasse :

-Et pourtant je sais a quel point cela peut nous paraître préférable, pour avoir cédé malgré tous mes beaux discours.


Et voilà, elle avait fait le tour.
Se mordant nerveusement la lèvre inférieure, la brune fixait un noeud dans la table sans réellement le voir, faisant machinalement tourner dans sa main pomme verte qu'elle avait entamée, n'ayant pas vraiment faim même si elle savait parfaitement que son ventre lui n'était pas du même avis. Finalement, elle lâcha un long soupir muet, semblant de détendre, à la fois fatiguée et douce dans ses paroles, se tournant légèrement vers son auditeur avant de demander calmement :

-Alors je me répète ; est-ce que vous allez bien, Ludovic?


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 7 Oct - 1:41


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Il ne fallut pas longtemps au français pour qu'il se rende compte que son bluff n'avait pas fonctionné. Loin de s'être faite avoir, la surveillante semblait avoir presque instantanément perçu son mensonge. Il fallait dire qu'il y avait bien meilleur que lui à ce jeu là, surtout avec l'Auror comme auditrice et dans ce genre de circonstances. Serrant les dents, frottant ses doigts les uns contre les autres, Ludovic détourna le visage, à la fois comme embarrassé par ce qu'il venait de dire et redoutant la suite. Car il y en aurait une, c'était certain, il la sentait venir avant même que le premier mot ne soit lancé et, bientôt, la jeune femme reprit la parole. Alors qu'il avait dans l'idée de contempler la table ou, mieux, sa plume jusqu'à la fin, l'ébouriffé ne tarda pas à lever les yeux sur Oswin puis à tourner entièrement la tête vers elle. D'abord surpris lorsqu'il entendit que le discours de la brune ne semblait pas tourné contre lui, il se figea petit à petit, la fixant peut-être plus intensément qu'il ne l'avait fait auparavant.

Imperceptiblement, il rentra la tête entre les épaules et commença à suspendre son souffle pour se faire oublier tandis que la jeune femme poursuivait. Il profita de la première inspiration de la française pour déglutir sans bruit et sentit un frisson glacé lui mordre la nuque. A quelques formulations près, c'était pratiquement ce qu'il avait voulu dire à son vieil ami Poufsouffle quelques jours plus tôt et, s'il avait voulu y redire quelque chose, il n'en fit rien, gardant un silence parfait qui perdura encore quelques instants après que le bref discours de l'Auror sembla achevé, et s'éternisa pour une autre poignée de minutes après qu'elle lui eut reposé sa question. A vrai dire, ce silence pesant aurait pu continuer fort longtemps tant le maigrichon peinait à mettre de l'ordre dans ses pensées, cherchant en vain un premier mot capable de le sortir de ce nouveau mauvais pas. Son visage immobile sembla soudain reprendre du mouvement alors qu'il déglutissait une nouvelle fois, baissant les yeux.

— Non.


Sa réponse, presque aussi nette que la première, mais beaucoup plus profonde lui fit l'effet d'une pierre qu'il aurait récupéré dans un recoin de son crâne pour la jeter à travers le silence. Pourtant, ce dernier revint à toute allure, tandis que l'échevelé s'agita sur sa chaise, peu décidé entre y trouver une assise plus confortable ou se lever pour partir. Les bras solidement ancrés contre la table, il s'efforça de rester où il était essayant de disparaitre d'une façon ou d'une autre, regrettant que le truc qui lui avait permis de les rendre invisible dans la ruelle sembla s'être volatilisé.

— Je ne vous ai jamais considéré comme une idiote, reprit-il d'un ton rauque avant de se racler la gorge.

Il n'ajouta rien, inspirant profondément avant de se redresser pour enfouir son visage entre ses mains. Il se massa les yeux, les sourcils, le front... Chaque partie qui passa sous ses doigts, jusqu'à ce qu'il se sente assez calme pour croiser de nouveau les bras sur la table, se renfrognant une seconde avant de reprendre, les yeux rivés sur la porte cachée derrière l'épaule d'Oswin.

— Je ne vais pas très bien, sans doute moins que ça encore, mais je ne peux pas... Vraiment expliquer pourquoi. Il s'interrompit soudain, prenant une profonde inspiration et se laissant aller contre le dossier de son siège. C'était juste un cauchemar, rien de plus, reprit-il d'un ton qui se voulait catégorique. Tout le monde en fait, je suis sûr que même vous, ça vous est arrivé. Juste un cauchemar, ça ne veut rien dire. J'en fait parfois, depuis quelques années, quand je change de lieux surtout ou quand... Ludovic se passa une main sur le visage abandonnant très vite l'idée de trouver une meilleure façon de dire "tout le temps" avant d'essayer de raccrocher son regard à celui de sa voisine. J'ai simplement réagit excessivement, comme d'habitude. J'aurais dut vous le dire au lieu de m'enfuir comme je l'ai fait. Je suis désolé.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 7 Oct - 23:32


 

 

 
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Un long, très long, trop long silence suivit la dernière question de la jeune femme qui pourtant ne fit rien pour y remédier. Continuant de fixer l'homme qui lui faisait face, calmement, son regard aussi doux que dur planté dans celui de son auditeur, bien que la tâche s'avéra difficile, comme bien souvent. Elle faillit même abandonner, redoutant qu'il ne réponde pas et qu'il ne la force à embrayer sur un nouveau sujet, et pourtant... Il répondit. Et les simple mot qu'il lui donna sembla déjà enlever un poids énorme des epaules de la française. Prenant une profonde inspiration suite à son apnée involontaire, Oswin se rassit correctement sur sa chaise, s'agitant un instant comme plus légère, bien que dans son regard, l'inquiétude ne l'avait pas quittée.
Il l'avait dit, il lui avait avoué, il avait laissé tomber le masque un instant, et ce voile de mensonges dont il se couvrait habituellement, comme tout à chacun. Cela n'avait peut-être l'air de rien, mais aux yeux de la brune, c'était un point important, comme si après tout ce qu'elle avait vécu elle réussissait enfin à trouver un peu de sincérité, une nouvelle bouée à laquelle se rattacher suite a son dernier radeau qui avait fait naufrage, détruit par une soirée trop agitée a son goût.
Et un sourire paisible étira les lèvres de la surveillante tandis que son regard compatissant se détournait une seconde du pauvre enseignant.
Néanmoins, son sourire tout sauf joyeux s'étira un peu plus lorsqu'apres une nouvelle et interminable pause Ludovic lâcha fermement que jamais il ne l'avait prise pour une idiote, et la jeune femme lancer un regard en coin à son interlocuteur, un sentiment étrange habitant son regard. Étrange oui, c'était le mot. Un mélange de reconnaissance, d'amusement et de lassitude, donnant quelque chose d'inhabituel mais d'agréablement doux.
Un joli compliment que voilà, sans oublier que de tout ce qu'elle venait de dire, c'était cette phrase qu'il tenait à préciser en premier, celle-ci, et pas une autre, comme si elle tenait tellement de l'absurdité que passer à côté serait un crime. Et c'etait la un nouveau détail qui toucha profondément le petit coeur meurtri de l'Auror autrefois redoutable.

En silence, calmement, Oswin gardait son regard rivé sur l'homme qui semblait lui aussi s'agiter quelque peu. Peu à peu, le sourire de la brune s'effaça, perdant de sa lumière jusqu'à n'être qu'un souvenir vague, une ombre sur son visage, car cette douleur, elle la connaissait. Ce n'était très certainement pas exactement la même, d'autres nuances, d'autres sources, d'autres conséquences, mais pourtant elle lui semblait familière. La difficulté à formuler, à se confier, à exprimer l'inexprimable... Et c'était là bien souvent l'étape qui précédait le mensonge dans son plus simple attirail. Et une nouvelle fois, elle ne se trompa pas, du moins, pas totalement. Car au départ, ce fut avec la plus touchante des sincérité que l'homme se confia, partageant sa confusion avec la brune, mais bien vite, ce dernier retomba dans ses mauvais penchant, expliquant que ce n'était "qu'un cauchemar"... Et bien évidemment, ceci ne plut pas à Linda.

Lâchant un soupir muet, l'Auror se retourna totalement, quittant des yeux le français sans montrer toutefois la moindre marque d'irrespect, attendant qu'ils ne termine avant de... Avant de rien en fait. Car elle ne répondit pas, du moins, pas tout de suite, laissant passer quelques longues minutes tandis qu'elle croquait lentement sa pomme dans l'idée de la finir, profondément plongée dans ses réflexions. Juste un cauchemar, juste un cauchemar... Quoi qu'il en dise, elle était persuadée que ce n'était pas le cas. La terreur qu'elle avait lu sur son visage quelques heures plus tôt, ses débats, ses cris, la mort dans l'ame... Tout cela, elle l'avait vu cette nuit même, et cela l'avait marqué plus que certains visages auxquels elle avait ôté la vie sans la moindre pitié. Mais ça, ce qu'elle avait vu cette nuit... Ce n'était pas " juste un cauchemar".

-Ne vous excusez pas pour vos réactions, c'est lorsque nous sommes inconscients qu'elles sont les plus sincères.

Son ton s'était fait plus sérieux, plus catégorique, même si il n'était pas le moins du monde agressif. Néanmoins, ce fut un bon moyen de lui faire comprendre qu'une nouvelle fois, elle ne croyait pas à ces trois mots bien trop répétés pour être justes, elle ne croyait pas à ses excuses, à ses mensonges, et ce sans le brusquer.

-Quant à la fuite...

Oswin se cala dans sa chaise, observant quelques secondes l'enseignant, avant de croiser les bras sous sa poitrine et de se pencher vers l'homme, n'étant qu'à quelques centimètres de son visage, lui susurrant quelques mots :  

-Si vous me refaites un coup pareil, c'est moi qui viendrais vous trouver et vous faire votre fête...!

Et sur ces dernières sages paroles, la jeune femme se leva, faisant quelques pas dans la chambre, ses pieds nus sur le plancher glacé glissant dans un léger bruissement, et la couverture toujours tenue sur ses épaules tandis qu'elle tournait légèrement autour de la table, jusqu'à se retrouver plus ou moins derrière l'échêvelé :


-Je sais que ce n'est pas facile, mais si jamais vous voulez vous confier... Et bien, nous sommes seuls tous les deux coincés dans ce bouquin, alors je suppose que vous n'avez pas trop le choix n'est-ce pas?


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 8 Oct - 2:15


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Avec cette patience et ce calme dont elle était trop souvent capable, Oswin le laissa articuler tant bien que mal ce qu'il essayait de lui dire et le sentiment de culpabilité qu'il avait eut alors qu'elle l'avait prit à mentir la première fois ne tarda pas à revenir, mais il y avait bien trop de choses en jeu pour qu'il puisse faire mieux que cela, beaucoup trop d'éléments extérieurs, de choses imprévisibles et de certitudes trop précises. Essayant du mieux qu'il le pouvait de se convaincre qu'il avait raison, allant contre tout ce que la jeune femme venait de lui dire à l'instant, l'échevelé tourna la tête, presque au même moment que la surveillante. Son regard tomba par hasard sur l'espace désormais vide qu'avait occupé le miroir. Instinctivement, il baissa les yeux en direction du sol, y cherchant les éclats de verre qu'il avait provoqué. Cela aurait été facile de le réparer, de raccrocher à sa place cette monstruosité, mais sans la pièce qui paressait au fond de l'eau il n'y avait plus rien à faire.

Ludovic cherchait encore le verre, songeant que s'il en trouvait il se ferait une joie de les briser en d'encore plus petits morceaux, lorsque la tension dans la pièce se fit à la fois plus légère et plus sinistre. A côté de lui, il entendit la brune s'agiter sur sa chaise, rompant le silence lorsque ses dents croquèrent dans une pomme. Le brun attendit qu'elle reprenne la parole, trouvant l'attente encore plus affreuse que les questions. Pas besoin de boule de cristal pour savoir qu'elle n'en resterait pas là. Lentement, le français se raidit, se forant à ne pas cligner des paupières par peur que cela suffise à ce qu'il voit quelque chose qui ne lui plairait pas et alors que ce nouveau silence était au plus fort, sans même attendre que l'Auror reprenne il avala une grande bouffée d'air pour essayer de rompre le mauvais sort qui l'avait mis dans une telle situation.

— Pas maintenant, s'il vous plait,
implora-t-il dans un murmure.

La surveillante en armes en prendrait-elle compte ? Cela lui semblait peu probable, mais elle lui devait au moins cela, pour cette fois. A peine prononcés, le brun réalisa à quel point ces trois petits mots lui avaient manqué. Si pratiques et si simples, repousser, en espérant que l'on puisse le faire assez pour que le sujet se fasse oublier, si facile et si stupide. Sa voisine reprit malgré tout, sur un ton beaucoup plus familier qui suffit à ce que l'ébouriffé daigne arrêter de montrer le dos de sa tête à la jeune femme pour se remettre de profil, lâchant un sourire en même temps qu'un soupir railleur. S'il fallait être inconscient pour être sincère il aurait dut détenir le premier prix. Ou alors, qu'aurait-on put dire du genre de sincérité que l'inconscience aurait dut montrer ? Des dormeurs ronflant et bavant ? Gorges ouvertes et pieds en l'air ? Une belle vision de l'humanité, au final assez vraie.

— Je ne trouve pas que cela soit de la sincérité, répondit-il non sans une bonne dose de prudence dans le ton. De l'instinct au mieux, des réflexes. Insista-t-il avant de couler un regard en direction de la surveillante. Une faiblesse qui attends que votre esprit ne soit plus assez attentif pour l'arrêter. L'inconscient fait parfois mentir plus que les mots, parce qu'il ne prend en compte que ce que vous êtes et pas ce que vous êtes devenu. La sincérité, c'est bien plus compliqué. C'est un mélange de ce que vous êtes, de ce que vous voulez et de ce à quoi vous tenez.

Gardant le visage tourné face à la jeune femme, le brun attendit la suite, espérant ne pas avoir assez attiré l'attention pour que son cas revienne sur le tapis. Il ne tourna la tête qu'une fois entendu les nouveaux et brefs mots de la française, attendant que la sentence tombe pour sa fuite sans même chercher à l'éviter. Elle ne tarda pas. Un grincement et le visage de la surveillante se trouva tout près du sien, lui laissant à peine le temps de se reculer contre le dossier de son siège avant qu'elle ne lui lance son reproche.

— J'en prends note, fit-il après un temps d'hésitation, même si je ne peux rien vous promettre.

Il suivit Oswin des yeux lorsqu'elle se leva, du moins aussi longtemps qu'il put l'avoir dans son champ de vision, sentant ensuite sa présence dans son dos, assez intense pour le mettre mal à l'aise. Sans chercher à l'apercevoir par dessus son épaule, il se pencha un peu plus sur la table et se frotta la nuque pour en chasser l'inquiétude. Se moquant une nouvelle fois, en son fort intérieur, de ce qu'elle lui disait.

— Je croyais pourtant qu'on avait toujours le choix, répliqua-t-il avec une arrogance fraichement retrouvée. Ce n'est pas parce que l'on serait les derniers êtres vivants sur Terre que cela m'obligerait à vous offrir un pot de glace et faire une soirée potins. La main toujours posée sur sa nuque, il commença à passer en revue les pages noircies qu'il avait sous les yeux. Avec tout cela, il commençait à perdre le fil. Vous ne voulez pas vous habiller ? Vous me donnez froid comme ça pourtant, Merlin sait que je ne suis pas frileux.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Sam 10 Oct - 0:51


 

 

 
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À vrai dire, la brune ne fit attention le moins du monde aux distractions auxquelles se livrait l'enseignant, comme pour la fuir, elle et sa repartie, ses réponses trop fausses à ses oreilles de Parisien. Mais pourtant, allez savoir de quelle façon, le regard porté sur l'emplacement de l'ancien miroir juste avant de se détourner attira l'attention d'Oswin qui inconsciemment le remarqua. Pourquoi? Comment? Qu'importe les réponses à ces quelques questions, car à ce moment précis, une folle idée traversa l'esprit de la jeune femme qui pourtant n'accordait qu'une vague attention aux mouvements de son comparse: jusqu'ici, elle avait supposé que le français refusait de se regarder dans un miroir par honte quelque part, ou autrement dit, pour la même raison qu'elle a quelques détails prêt, mais si dans cette glace ce n'était pas lui-même qu'il ne craignait? Pas lui, non, mais ce qu'il se trouvait dans cette vitre, quelque chose qu'elle même ignorait mais dont lui connaissait l'existence...
Non..! Cela serait trop tordu!
Et avant même qu'elle ne puisse se rendre compte de la vivace déduction qui avait traversé son esprits, cette dernière disparue tout bonnement, et ce fut a ce moment qu'elle reprit la parole, commençant lentement avant d'embrayer sur le principal sujet, ou les mensonges
du français. Enfin... Pas tout de suite. Car évidemment, Ludovic ne pût se retenir de lâcher quelques simples mots, simples oui, mais lourds de sens. Et à vrai dire, si elle y avait porté une attention plus ample, peut-être aurait-elle esquissé un sourire ou bien aurait jeté une pique, non car ces trois mots, elle même les avait prononcés quelques temps plus tôt, lui attirant par ailleurs des remarques désobligeantes. Mais maintenant que c'était l'enseignant qui les prononçait, 'e regard suppliant, et bien... Elle ne réagit même pas, laissant cette injustice de côté en reprenant la parole.

Puis, suite à son petit discours, le brun ne pût s'empecher de revenir dessus, jugeant et "corrigeant" cette fois la vision de la sincérité qu'avait l'Auror. Mais celle-ci, pourtant, se contenta d'un simple hochement d'épaule. La sincérité à ses yeux découlait simplement de la vérité pure et simple, de ce qu'une ressentait au plus profond d'elle-même, mais sur ce point, elle savait parfaitement qu'être sincère envers les autres était la une tâche presque impossible vu la grande majorité de personnes incapables d'être honnête envers eux-mêmes... alors envers les autres? Autant rêver...!

-Sans doutes, mais je pense ne pas avoir tort de penser que ce que j'ai vu hier n'était pas... Qu'un cauchemar.

Puis, elle s'était levée, non sans adresser tout bas à l'enseignant quelques préventions qui avaient un léger air de menace. Il hésita d'ailleurs lorsque vint le moment de lui répondre, et ce détail qui n'échappa pas à l'Auror lui arrachant un discret sourire qui passa malheureusement inaperçu. Cela l'aurait surpris s'il en était autrement... Ludovic Descremps, courageux, pieux, tenant des promesses qu'il ne pouvait accomplir ou encore faisant assez confiance à quelqu'un pour lui avouer la moindre faiblesse personnelle... Cela n'aurait pas été Ludovic, quoi qu'encore on pouvait quelques fois se demander s'il ne possédait pas déjà quelques unes de ces qualités.
Après cela, elle avait simplement voulu mettre l'homme en confiance, et ces quelques mots peut-être un peu trop mal tournés attirèrent à Oswin quelques piques qui lui tirèrent une grimace...
Lui? Et elle? Ensemble à une soirée "pot de glace et potin"... ?

-Non juste... Nan, ne faites pas ça. C'est trop bizarre...!

Et bien que son ton paraissait clairement à la fois surprise et dégouté, l'amusement s'y sentait clairement, car cette situation des plus absurdes était après tout... Assez comique. Lequel des deux finirait par étriper l'autre en premier? On lance les paris?

-Enfin... reprit alors la surveillante en soupirant. Vous m'avez comprise. Je suis là, si... Si jamais.

La fin de sa phrase avait été plus bancale, comme hésitante, tandis que sa voix semblait être revenue à des tonalités plus calmes et réservées. Et sur ces sages paroles, Oswin se laissa tomber sur le lit, faisant protester les ressorts du matelas par la même occasion tandis qu'un nouveau frisson lui parcourut l'échine, et juste avant que le français ne lui conseille plus ou moins fermement d'aller se mettre quelque chose sur le dos.
Étrangement, cette phrase qui ne ressemblait à rien fit sourire la cadette, et pourtant, elle n'avait rien d'extraordinaire. Une tournure simple, assez compréhensive, mêlant ordre et demande polie, sans oublier ces jurons idiots de Sorciers dont elle ne voyait toujours pas l'intérêt, mais le sens de ces quelques mots réveilla en elle quelque chose qui appréciait de voir de temps en temps la lumière du jour.
Pas frilleux hein? Bon à savoir, ne sait-on jamais si les occasions se présentent...!
Se redressant soudainement sur le lit, finissant ainsi assise sur le bord du matelas de fortune, elle passa un regard amusé sur Ludovic qui, de dos, ne la vit évidemment pas, et d'un ton légèrement plus espiègle elle répliqua :

-Pourquoi dans ce cas? Ma vision vous aurait-elle lassée? Mmh... Quel dommage, il y a encore tant à voir...!

Et un rictus aux lèvres, la surveillante se releva totalement, frôlant par la même occasion son partenaire de mésaventure tandis qu'elle se dirigeait vers le paravent, témoins de toutes les aventures qui se passaient dans cette chambre depuis leur arrivée.


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 11 Oct - 1:55


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Le brun secoua mollement la tête. Il aurait put dire ce qu'il voulait la jeune femme ne changerait pas d'idée. Pour lui, ce qui était arrivé n'était qu'un rêve, pas assez vite oublié. Inutile d'en parler. Tout ce qu'il espérait, c'était parvenir à lui faire assez changer d'idée pour que la surveillante oublie d'en reparler. Et il crut bien y être parvenu lorsqu'elle s'étrangla presque en entendant son "idée", se laissant même aller à un doux sourire. C'était absurde oui, mais après tout...

— Tout dépends de la glace, renchérit-il dans un sérieux sans faille.

D'autres auraient préférés dire que tout dépendait de ce que l'on en faisait, mais mieux valait éviter les ambiguïtés, surtout avec Oswin. Hélas, l'ébouriffé déchanta bien vite quand la brune insista, bien décidée à lui offrir son aide. L'homme fut presque content qu'elle se trouve dans son dos, incapable de voir le regard las qui lui assombrit le visage. Toutefois, le ton qu'elle employa l'incita à ne pas se moquer de cette proposition. Il y penserait, comme mille autre choses, et ferait en sorte que le "jamais" soit le dernier mot qu'il retienne de cette phrase.

Un léger grincement lui fit tendre l'oreille, sa main glissant de sa nuque pour se poser contre la table du côté de l'arme soigneusement emballée tandis que la désagréable sensation d'être observé lui gelait la nuque. Il se força à détourner les yeux du poignard, retournant à la vaine lecture de ses notes. Comme de coutume, la surveillante avait balayé ses paroles d'une moquerie se redressant dans un bruit de matelas pour passer tout près de lui. Sentant la jeune femme lui frôler le dos, il se cambra légèrement, se redressant comme pour suivre le mouvement aussi longtemps que possible et tourna la tête pour apercevoir l'Auror par dessus son épaule, juste à temps pour la voir se diriger vers le paravent.

— Je, débuta le maigrichon semblant un instant ne plus se souvenir de ce qu'il comptait dire. Je penses, reprit-il, que l'on devrait commencer par aller en ville, dans la ruelle. Ce sera plus facile pour établir un plan. Il y a aussi la morgue à visiter. S'interrompant une nouvelle fois, le brun resta songeur une seconde avant de déglutir et continuer. Il faudrait aller à la bibliothèque également, voir si nous pouvons trouver le livre qui nous a mené ici. Peut-être que l'on devrait commencer par cela. Avec un peu de chance nous pourrions partir maintenant. Il suffirait de trouver le livre... nous n'aurons qu'à faire le reste selon ce qui est le plus proche de la bibliothèque et revenir ici pour passer en revue ce que nous aurons appris. Avec un peu de chance, le temps de faire tout ça, il nous laissera quelques heures de préparation avant la tombée de la nuit.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 11 Oct - 13:18


 

 

 
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Il est vrai que si l'on changeait la vision même du pot de glace... L'idée surréaliste de l'enseignant le devenait soudain un peu moins, mais, oui, juste un peu. Car s'échanger des "potins" calmement... Cela semblait à Oswin quelque chose de tout simplement irréalisable. Encore, dans ce monde, peut-être -bien qu'elle ne voyait pas comment leurs malheurs pourraient entraîner une discussion digne de McGonagall lors de ses bons jours-, mais à Poudlard, là même ou aucuns des deux ne tenaient en place de cinq minutes... Cela paraissait assez impossible.
Néanmoins, avec un discret soupire qui ressemblait plutôt à une respiration profonde, la brune ne renchérit pas, s'étant alors déplacée derrière l'écran qui la séparait de l'homme.
Se déshabillant lentement, l'Auror laissa d'abord tomber la couverture qui lui couvrait encore les épaules, la faisant doucement glisser le long de ses bras avant qu'elle ne vienne s'échouer au sol, dans un bruit sourd, si faible qu'on aurait pût le confondre avec un mauvais tour de son imagination. Puis, comme la veille, elle entreprit le chemin inverse même qui lui avait permit d'enfiler l'habit, deboutonnant un à un les quelques boutons qui ne l'étaient pas déjà, avant de se la faire glisser dans son dos, à défaut de n'avoir de chevalier servant pour la lui enlever.
Ce fut plus ou moins à ce moment que le français reprit la parole, d'abord hésitant, il trouva bien vite ses mots afin d'exposer à sa compagne de miséricorde son planning pour la journée. Assez clair, simple, et efficace. Instinctivement, Oswin hocha légèrement la tête tandis qu'elle deposait sur le haut du paravent la chemise, et se saisissait de sa robe rouge, précédemment dérobée.
Deserrant les laçages sur l'avant, la jeune femme se dépêcha d'enfiler l'habit, non sans avoir attendu quelques secondes auparavant.
La morsure presque douce de la fraîcheur du matin lui parcourait la peau, entièrement, légèrement plus dure sur ses quelques cicatrices. On pouvait la traiter de frileuse, mais il eut un temps ou chaque matin c'était ce froid qui l'accueillait, c'était lui qui l'accompagnait et qui lui rafermissait muscles en tous genres, un temps où chaque matin elle prenait un bain dans une étendue d'eau naturelle glacée, dans un seul et unique but : survivre jusqu'au lendemain.
Et à présent était-ce le cas? Devait elle se préoccuper à nouveau de sa vie qui pouvait basculer par une simple erreur de sa part? Peut-être, peut-être pas, mais une chose était sûre, c'était qu'à présent, sa vie avait bien plus de valeur à ses yeux que dix ans auparavant.

-Bon plan. finit alors par lâcher Oswin, sortant de derrière son paravent, une main dans les cheveux. Ordonné, clair, c'est bien.

S'approchant de la table, l'habituel claquement de ses talons sur le parquet rythmant sa marche lente, la brune hésita cependant à s'assoir, préférant rester debout, plus ou moins aux côtés de Ludovic. Se saisissant d'un nouveau bout de pain, la jeune femme ne mit pas longtemps avant de le terminer, sentant enfin la faim tirailler son ventre. Puis, d'une main assurée, elle piocha une grande poignée de raisins secs dans un sac, se retournant afin de s'appuyer contre la table tout en fixant le français, dégustant sa prise du bout des doigts.
C'était étrange, de faire comme si de rien n'était, de vouloir aider mais de se retrouver face a un mur inébranlable face auquel on se sentait si faible, si impuissant... Et pourtant, c'est ce a quoi elle devait se cantonner. Reste la, attendant de pouvoir lui tendre la main, patiemment, dans l'ombre, jusqu'à ce qu'elle puisse vraiment être utile. Car une main tendue peut souvent vous sortir de bien des gouffres, de bien des problèmes.

-Alors, on y va?


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Dim 11 Oct - 13:56


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Alors que la surveillante avait disparue derrière le paravent, Ludovic tira une feuille à lui, s'appliquant à tracer quelques lignes pour esquisser un plan. Il griffa le papier de deux trais pour figurer une ruelle, puis de plusieurs autres pour faire les carrefours et impasses. Il dessina une place, un gribouillage pour marquer une potence et traça une croix à la place de la mairie et de la bibliothèque. Il n'avait aucune idée d'où pouvait bien se trouver la maison de Tibérius ou même la falaise, mais il marqua un cercle là où il estimait se trouver, s'appuyant sur ses souvenirs de la veille. Son plan fini, il y jeta une bonne dose de sable pour le faire sécher et commença à suivre la route qu'il leur faudrait prendre jusqu'à la bibliothèque, s'interrompant lorsque la femme reprit la parole pour apprécier son planning pour la journée.

Ramenant aussitôt les bords du papier pour le plier en quatre, le brun haussa un sourcil et coula un regard en direction de la jeune femme qui devait avoir fini de se changer. Devait-il le prendre comme un compliment ou plutôt partir du principe qu'elle avait cru qu'il était incapable de faire un plan ? Glissant sa carte dans sa chemise tandis que les talons hauts de l'Auror claquaient sur le plancher, Ludovic ajusta son vêtement afin d'être sûr de ne pas perdre son papier. La jeune femme venait tout juste de lui demander s'il était prêt qu'il se redressa pour récupérer son pourpoint et le jeter sur ses épaules, l'enfilant et le boutonnant à moitié plus vite qu'il ne l'avait enlevé.

— On fait un troc ? répondit-il, se penchant vers la table pour récupérer le poignard avant de retirer sa besace de sa chaise. Vous gardez mes affaires et je garde les vôtres ? poursuivit-il en passant la bandoulière par dessus la tête de sa collègue avant d'attacher l'arme à sa ceinture. Ce sera plus discret en ville, expliqua-t-il lorsqu'il eut fini, adressant un regard entendu à la jeune femme. Je trouve des toilettes et on y va.

Il récupéra quelques feuilles vierges sur la table qu'il glissa dans sa chemise avec le plan, ferma l'encrier et ramassa sa plume qu'il essuya sur un chiffon avant de retourner près d'Oswin, glisser le tout dans le sac et le refermer, vérifiant, en bon gentleman, que la sangle ne pesait pas trop lourd sur l'épaule de la jeune femme.

— Partez devant je vous rejoint.


Fixant sa collègue, il ne fit pas mine d'esquisser un geste, attendant qu'elle se retire pour récupérer le reste.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Lun 12 Oct - 22:08


 

 

 
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Lorsqu'elle sortir de derrière son paravent, il ne fallut pas longtemps avant que le français ne se décide lui aussi à se préparer, à l'exception que lui ne mit pas autant de temps qu'elle avant de terminer sa petite préparation. Oswin, elle, ne le quitta pas des yeux, l'observant appuyée contre la table enfiler son pourpoint, coinçant un papier dans celui-ci, ce qui n'était pas sans rappeler à la jeune femme sa propre technique afin de... Garder quelques documents. Néanmoins, elle ne pût s'empecher de se demander la raison de ce soudain changement de techniques. N'avait-il pas un sac? Celui dans lequel il avait ramené toutes ces victuailles par exemple? Et à peine eut-elle formulé cette question silencieuse que le brun y répondit, d'une façon plus ou moins claire, mais ce début de réponse fit plutôt froncer les sourcils à la jeune femme qui pourtant, se laissa faire lors de la suite de la conversation.

Lorsque l'homme passa autour de son cou le sac auquel elle venait tout juste de songer, elle observa un instant ses gestes à la fois sûrs et assez doux pour ne pas la brusquer, avant de relever son regard sur celui même qui était en train de l'équiper à la journée qui nous attend, le visage étrangement neutre bien que des plus apaisé. C'était étrange, encore cette sensation qu'elle ne saurait expliquer, comme un vide au fond d'elle mais qui pourtant ne la dérangeait pas tellement. Cette sensation qui après quelques instants lui faisait lui demander encore et toujours qui était en réalité cet homme si avenant, si contradictoire qui pouvait parfois se révéler être le plus fini des idiots ou encore le plus brillant des hommes, si fin ou si bourru... Pleins de mystères et qui sentait les problèmes à des lieux à la ronde. Et pourtant, elle ne pouvait s'empecher de se demander ce que, derrière ce regard, le français cachait depuis si longtemps.
Une fois que le français eut terminé son manège, la brune le suivit encore quelques secondes du regard, sans esquisser le moindre mouvement ni prononcer le moindre mot, simplement dans un calme étrangement agréable tandis que sa main s'était machinalement mise à caresser lentement le cuir du sac que l'autre venait de lui confier. Ce dernier revint d'ailleurs quelques secondes plus tard, bourrant un peu plus la besace avant de vérifier galamment si rien ne tendait trop sur l'épaule de sa comparse, celle ci levant d'ailleurs un nouveau regard étrangement vide sur lui, plongée dans ses pensées.
Ce ne fut que lorsque Ludovic lui demanda de partir qu'elle sembla revenir dans le monde réel, si seulement il l'était, lui souriant légèrement en se redressant un peu plus, bien droite, tête haute, et lueur espiègle brillant au fin fond de ses iris noisettes :

-J'apprécie la petite attention... Ne tardez pas trop d'accord? Je risquerais de m'impatienter...!

Et après quelques nouvelles secondes, la brune sortit de la pièce, rajustant par habitude la sangle sur son épaule avant de se rendre au rez-de-chausser, inspirant profondément afin de se préparer mentalement à affronter une nouvelle journée dans ce cauchemar qui avait beaucoup d'un rêve.


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Ven 16 Oct - 2:39


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Ludovic suivit des yeux la jeune femme lorsqu'elle quitta la pièce, lui adressant un petit sourire en réponse à sa nouvelle taquinerie. A la seconde où la porte se ferma, les lèvres de l'échevelé retrouvèrent une ligne droite tandis que son visage se fermait. Il tendit l'oreille et compta trois secondes avant de s'activer de nouveau, se dirigeant vers le lit pour tirer le long paquet de tissus caché dessous. Dépliant un coin, il vérifia son contenu et le remit à sa place, le coinçant entre les lattes du mieux qu'il le put sans se soucier du bruit qu'il ferait cette fois. Il remarqua soudain sa baguette, enfouie à l'angle entre le mur et le plancher, tendant le bras dans sa direction avant de se raviser. Il jeta un coup d'oeil aux alentours mais ne trouva rien qui puisse l'aider. Se rabattant sur un vêtement qui trainait par terre, il enroula sa main puis le bout de bois à l'intérieur et cala le tout avec le premier paquet.

Ceci fait, Ludovic se redressa, ajustant son costume et rangeant rapidement les vivres intactes dans la coiffeuse. Il quitta la chambre, dévalant l'escalier pour sortir de la maison par la porte arrière. Il s'arrêta en découvrant Oswin, encore au rez-de-chaussée et haussa légèrement un sourcil. Se dirigeant vers la sortie opposée.

— Quand je vous disais de partir devant, je voulais dire que vous pouviez directement aller en ville. Pas attendre trois heures dans l'entrée.



***


Il n'avait pas fallut beaucoup plus de temps pour que l'improbable duo se retrouve hors de la maison, empruntant une fois de plus la route jusqu'à la ville. Depuis le temps, le chemin semblait devenir de plus en plus familier, la chute abrupte des falaises, le bruit des vagues... tout cela commençait à être relégué à l'arrière-plan dans la tête du français qui se trouvait occupé à tordre un bout de fer tandis qu'il marchait. Son rythme rapide se moquant de semer ou pas Oswin.

— Ce serait plus facile avec un sort, grommela-t-il dans sa barbe en serrant les dents et les poings pour aplatir la boucle qu'il venait de faire.

Il essayait tant bien que mal de fabriquer un nouveau passe-partout, plus petit que ceux qu'il avait emporté. Il en possédait de nombreux, chacun d'une taille et d'une forme particulière, mais aucun n'avait semblé suffire pour ouvrir la porte de la morgue la veille et il lui manquait encore quelques tailles intermédiaires. Si seulement il avait eut son tournevis. Il s'acharna encore un peu sur son occupation avant de baisser les bras devant l'espèce de trombone mal tordu qu'il glissa à sa ceinture avec le reste de son nécessaire à crochetage. Il était plus petit et plus large, même si la forme ne correspondait toujours pas ce n'était déjà pas si mal.

— Dites-moi, reprit-il, se sentant obligé de faire la conversation, juste pour être sûr. Vous avez une idée du titre du livre qu'on va chercher ?


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 21 Oct - 0:43


 

 

 
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L'air froid pénétrant les poumons de la jeune femme en une agréable morsure, rafraîchissant le fond de sa gorge en lui vidant l'esprit, Oswin suivait de cette manière l'homme à ses côtés d'une manière des plus machinales. Et pour tout dire, c'était plutôt une bonne chose que son esprit ne soit enfin occupé par autre chose que l'enseignant, ne serait-ce que quelques minutes. Car autrement, elle aurait probablement pût être pensive. Sur quoi? Ah...! Sur tout! Tellement de choses qui s'ajoutaient petit à petit, de mystères autour d'une seule personne, mais en omettant les détails qu'elle savait depuis longtemps, quelques instants auparavant, elle avait fait l'erreur de s'attarder au rez-de-chausser de la bicoque sur la falaise, traînant les pieds avant de quitter la demeure de fortunes, totalement plongée dans ses pensées. Mais ce petit retard lui valut quelques chocs des plus inquiétants, lourds, comme quelque chose qui tombait sur le bois trop fin de la masure. Ce n'était pas sourd, ou au contraire, trop pour être réaliste, mais quoi qu'il en fut, elle s'était tout d'abord inquietée pour le brun resté à l'étage, s'apprêtant a faire demi-tour pour remonter avant que son instinct d'Auror ne la rappelle à l'ordre, lui faisant judicieusement remarquer qu'avec un tel son, ce n'était que peu probable que ce soit le français qui se soit pris les pieds dans quelque chose. Mais quoi alors? Il n'y avait rien dans cette pièce qui aurait put tomber ainsi, la table semblait trop lourd, la chaise trop légère... Le poignard alors? Mais pourquoi le manipuler dés lors?
Puis, il était descendu, ne se priant pas pour lui lancer une nouvelle pique, et lui souriant presque timidement, Oswin se répéta intérieurement que bien sûr, cela ne pouvait être que le poignard. Quoi d'autre?

Après cela, elle était sortie, se baladant non loin sur la lande en attendant l'arrivée de son compère, tentant par ailleurs de faire taire ses préoccupations qu'elle jugeait absurde. Et quand bien même il faisait autre chose derrière son dos, en quoi cela la concernait? À quoi cela pouvait bien servir? Elle n'avait pas son mot à dire, et elle, tout ce qui la préoccupait, c'était de rentrer chez elle... Oui, c'était tout.
Ludovic avait fini par la rejoindre, après une attente à la fois trop longue et infiniment courte à la brune, et ainsi, ils s'étaient rendus dans un presque silence sur le chemin de la ville. Comme un air de déjà-vu, à chaque fois qu'ils prenaient cette route, et sur ce chemin invisible qu'ils commençaient à connaître, la surveillante était aussi détendue que ses muscles étaient crispés. L'esprit vide, laissant le vent frais faire voler ses mèches bien vite emmêlées derrière son cou, ce ne fut que lorsque le pseudo noble à ses côtés reprit la parole, ou plutôt lorsqu'il lâcha un grognement incompréhensible, qu'elle revint à la réalité. À nouveau, ses questions incessantes lui revinrent en mémoire, mais comme toujours, elle fit de son mieux pour les ignorer, voir même mieux, les chasser. Les faire taire... Parfois, elle avait la désagréable impression qu'elle passait sa vie à faire taire ces voix dans son crâne.
Baissant lentement le regard sur ce qu'était en train de faire Ludovic, elle n'emit pas le moindre commentaire, jouant machinalement avec l'anneau à son doigt qui lui assurait que tous ses tourments n'étaient que d'idiotes inquiétudes, comme toujours, elle faisait trop d'un rien, et bien souvent, cela ne jouait pas en sa faveur.

Puis, l'échêvelé leva enfin le regard de son travail, enfin, d'une certaine manière, adressant cette fois clairement la parole à sa voisine en lui demandant si seulement elle se souvenait du titre du livre par lequel ils étaient arrivés. Levant à son tour son regard vers le visage de son interlocuteur, la jeune femme prit une profonde inspiration en levant les yeux au ciel, avant de fixer la route sur laquelle ils avançaient, une sorte de sourire gêné aux lèvres. Se souvenir d'un titre d'un livre qu'elle avait à peine aperçu...? Il fallait être un génie pour se rappeler d'un tel détail!

-Malheureusement je crains que non... J'avais la tête ailleurs si vous voulez tout savoir...!

Et à cause de qui ? On se le demande...!
Sa poitrine se secoua légèrement à cette pensée, baissant le regard en secouant lentement la tête, ses yeux noisettes se plaçant sur la bague que le principal intéressé lui avait offert la veille... Il avait beau agir aussi intelligemment qu'une oie, quelques fois, il fallait avouer qu'il ne s'en sortait pas si mal.

-Je vous trouve bien galant ces derniers temps... commenta la jeune femme en faisant tourner autour de son doigt la chevalière offerte par son auditeur, plus pour elle même bien qu'elle ne tarda pas à ajouter, légèrement plus moqueuse : Vous vous êtes fait piqué par une guêpe ou quoi?

Pas que cela lui déplaisait, au contraire, mais si c'était le cas, elle aurait donné beaucoup pour connaître la race de cette guêpe là...


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mar 27 Oct - 23:34


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

Avec une grimace perplexe, Ludovic contempla de nouveau le chemin devant eux. Bien entendu, la jeune femme n’avait rien lu. Il aurait fallût qu’elle trouve les excentriques démolisseurs de biens publics très ennuyeux pour s’intéresser à une couverture de grimoire. Lui-même, pour le peu qu’il en avait vu ne se souvenait pas qu’il y ait eu le moindre titre écrit sur le livre et n’avait aucune idée du nom de ce qu’ils cherchaient. Faisant de son mieux pour ne pas paraitre embarrassé, il se pinça la langue et chercha quelque chose qui aurait pu les aider dans leurs recherches, mais à moins de lire toutes les premières pages qu’ils trouveraient dans la bibliothèque cela semblait très mal engagé. Il était en train de se demander s’il n’aurait pas gardé dans son chapeau un sort capable de résumer n’importe quel grimoire que la surveillante posa une question tout à fait étrange qui le fit s’étrangler de surprise.

— Galant ? Ces derniers temps ? répéta-t-il outré. Je suis toujours galant ! C’est vous qui ne me laissez pas le temps de dire un mot avant de me jeter des problèmes plein les bras.

Il adressa un regard légèrement vexé à la brune avant de froncer un peu plus les sourcils et reprendre à mi mot d’un ton grognon.

— J’aurais espéré… débuta-t-il, s’interrompant bientôt.

Il ouvrit de nouveau la bouche, mais la referma sans avoir rien ajouté et resta silencieux une minute ou deux alors qu’il hésitait à se reprendre. Le fait était qu’une petite partie de lui aurait préféré que la jeune femme ne se rende pas compte de son soudain changement d’attitude, mais avouer des choses pareilles l’aurait, au mieux, couvert de ridicule. Comment qui que ce soit aurait bien pu passer à côté de la métamorphose en gentleman d’un éléphant ? Il l’avait cherché, c’était logique qu’il ait droit à des questions à ce sujet. L’ébouriffé tourna légèrement la tête vers la jeune femme, cherchant ses mots quelques secondes de plus avant d’essayer encore de terminer sa phrase sans quitter le sol des yeux.

— Je penses que vous… Enfin que j’ai été un peu trop rustre avec vous et que peut-être qu’avec un peu plus… d’attention de ma part vous seriez… auriez été… plus à l’aise à Poudlard on va dire. Je ne dis pas que je peux y changer quoi que ce soit, mais si vous… enfin. Il faut bien que ça vienne de quelqu’un si on veut pouvoir se croiser un jour sans que tout soit obligé de mal finir. N’est-ce pas ? C’est le minimum si on veut que quelque chose fonctionne il faut essayer de le faire au mieux. Je ne dis pas que ça marchera. Si ça se trouve quoi que l’on fasse ça finira mal, mais peut-être qu’avec des efforts les choses pourraient s’améliorer. Je ne sais pas si vous essayez d’en faire de votre côté parfois, mais que ce soit le cas ou non je penses qu’il est plus que temps que j’y mette un peu du mien et que je sois plus… moins… ne serait-ce que parce que je ne voudrais pas que… enfin je voudrais que vous ayez au moins une raison...

La fin se perdit dans un raclement de gorge de la part du brun qui leva un peu plus fièrement le menton et força l’allure. S’appliquant à être d’une visible mauvaise humeur, tout en rétorquant d’un ton exagérément blessé :

— Je suis toujours galant, c’est vous qui ne faites pas assez attention.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Mer 28 Oct - 22:25


 

 

 
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Soyons francs : des la première réaction du français, Oswin esquissa un sourire amusé. La petite phrase qui accompagna son air de pauvre petit Ludovic blessé dans son honneur n'était pas si mal non plus, et ses lèvres s'étirèrent en un sourire en coin tandis que la lueur amusée dans son regard persista encore un peu.
Descremps galant... C'est sur qu'après réflexion il y avait un petit air de familiarité, il n'y avait qu'à penser au bal ou à la veille. Mais de là à dire qu'il l'avait toujours été... Il y avait tout un monde! Est-ce qu'un gentleman tirait les cheveux des femmes dans les bibliothèques? Avaient-ils pour habitude de les voler et de les maîtriser lorsqu'elles se montraient un peu trop entreprenantes? Pas vraiment non. Enfin... Elle pouvait parler, elle non plus n'était pas la représentation même d'une lady élégante et distinguée... Pas vraiment non. Mais après tout, elle était ainsi, et elle pensait juste de dire qu'entre eux deux, elle avait jusqu'à présent été la plus civilisée des deux.
Cependant, la jeune brune fut bien vite coupée dans le fil de ses pensées par quelques mots à peine audibles tellement ils étaient déformés, quelques mots prononcés par son interlocuteur qui avait soudainement changé d'attitude, lui tirant d'ailleurs un froncement de sourcils et une attention accrue. La brune dut d'ailleurs se repasser ces quelques mots une ou deux fois avant de réussir à distinguer clairement ce que l'homme venait de dire, et lorsqu'enfin le sens lui parvint, son visage sembla se radoucir même si son regard fixé sur Ludovic brillait d'une incompréhension et d'une curiosité douce.
Où voulait-il en venir encore? Une nouvelle surprise peut-être? Et quelle surprise... La brune ne fut pas déçue.

Lorsque le français reprit la parole, avouant difficilement qu'il s'était trouvé trop "rustre" avec elle, Oswin aurait tout aussi bien pût voir ce dernier faire des claquettes qu'elle aurait eut la même réaction. Elle se recula légèrement, les sourcils toujours froncés même si dans son regard brillait cette fois de la surprise clairement amusée.
Est-ce qu'il était sérieux? Bon, à la vue des balbutiements elle dirait que oui, mais Ludovic qui se remettait en question à ce point... Surtout à son sujet! Est-ce qu'elle était en train de rêver? Cela expliquerait de nombreuses choses...
Sans même s'en rendre compte, la brune avait entrouvert la bouche comme pour parler, un sourire aux lèvres tandis qu'elle secouait lentement la tête de gauche à droite. Mais au fur et à mesure que l'homme continuait, l'attitude presque moqueuse de la jeune femme se changea en quelque chose de plus tendre, presque attendrie bien qu'au fond, ses yeux ne cessaient de pétiller même si plus calmement. Malgré ses hésitations, malgré tout les mots manquants, malgré la difficulté de son interlocuteur à s'exprimer correctement elle le comprenait. C'était d'ailleurs un exploit qu'elle arrive à y voir quelque chose dans ce blizzard de paroles qu'il lui servait, peut-être qu'un jour elle demanderait une récompense mais là n'était pas la question.
Il voulait changer pour essayer d'améliorer les choses entre eux. Il faisait des efforts pour cela, et c'était franchement apprécié. Pourquoi alors? Ça, il y en avait des tonnes de réponses, mais celle qu'il lui donnait lui convenait amplement. Du moins, pour le moment.

-Alors comme ça... Vous faites des efforts pour... Que je reste à Poudlard? C'est ça n'est-ce pas?

Le sourire de la surveillante se fit plus paisible sur ces quelques mots. Le dire tout haut paraissait si irréaliste que cela en devenait franchement mignon, un terme qu'elle n'avait pas pour habitude d'utiliser il est vrai mais les faits restaient les mêmes. Détournant le regard du pauvre enseignant, Linda sourit un peu plus, avant de lever les yeux au ciel.
Des efforts, oui... Elle aussi en faisait. Chaque jour, depuis dix ans. Du moins jusqu'à ce que quelque chose ne vienne à nouveau bouleverser son quotidien, et la dernière fois qu'elle s'était laissé aller ses actes avaient apparemment marqué l'esprit du pauvre français. Ne jamais laisser tomber le masque, ne jamais baisser les bras, et encore et toujours jouer jusqu'au bout qu'importe les difficultés. Mais peut-être qu'à présent que quelqu'un aussi faisait un pas dans sa direction serait-il plus simple d'atteindre son but?

-Vous savez... Je ne sais pas vraiment si je dois vous remercier ou pas. Vous pensez que si je le fais le ciel nous tombera sur la tête?

Un regard en coin en direction de l'échevelé, et un sourire au coin des lèvres, Oswin rabaissa la tête en se passant une main dans les cheveux, le visage étrangement paisible et le regard dans le vide un instant, il ne lui fallut pourtant pas longtemps avant de reprendre la parole, fixant la ville désormais familière qui se dessinait au loin.

-Enfin... J'apprécie le geste. J'avoue que c'est peu commun, et je ne m'attendais pas à ce que vous faisiez ça pour... Enfin qu'importe, peut-être qu'un jour nous arriverons à un résultat où nous pourrons passer une heure sans bleus ni fractures, visons haut comme on dit!

Et sur ces derniers mots, Oswin adressa un sourire rassurant à son comparse, son regard plongé dans celui de son auditeur.


 

 



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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 29 Oct - 3:22


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

La réaction de la jeune femme devant son piètre monologue n'avait bien sûr pas échappé au français qui faillit bien s'interrompre avant même d'avoir commencé, son orgueil piqué au vif par l'incrédulité de la surveillante virant presque à la moquerie. Bien sûr qu'elle se moquait de lui, il s'y était bien attendu et c'était sans aucun doute l'une des raisons qui faisaient qu'il bafouillait autant. Il parvint pourtant à ne pas y faire attention et enchaina même ses paroles bancales avec un peu plus d'assurance lorsque la française sembla adoucir un peu son humeur railleuse. Malgré tout, ce fut un véritable soulagement lorsqu'il eut fini et il aurait put donner tout ce qu'il avait pour que la brune accepte de changer de sujet, ce que, naturellement, elle ne fit pas.

— Je sais, grommela-t-il, essayant d'accélérer encore un peu le pas, c'est totalement idiot dit comme ça.

Il n'allait tout de même pas dire qu'il lui souhaitait de mal vivre à Poudlard, mais avouer le contraire était tout autant hors de question. Levant le bras pour se gratter la nuque, le maigrichon ralentit pourtant, affichant même un léger sourire tandis que sa collègue plaisantait en se demandant si elle devait le remercier sans craindre les foudres célestes. Il y aurait eut, selon lui, bien des raisons de se méfier en effet, mais peut-être un merci ou quoi que ce soit d'autre en aurait-il valut la peine. Quoi qu'il en soit, cela aussi faisait partie des choses qu'il n'allait pas s'abaisser à lui demander.

— Une heure c'est faisable, renchérit le brun avec un sourire un peu plus affirmé, on ne s'en est pas sortit si mal hier soir. Peut-être qu'avec un peu de chance on pourra tenir la journée. Il tourna un peu plus la tête vers la jeune femme, croisant son regard sans le vouloir avant de lever les yeux au ciel. En tous cas, si vous ne vous attendiez pas à ce que je fasse ça pour vous, dites-vous que j'ai encore quelques ressources pour vous surprendre.

Les murs du village se dessinèrent bientôt à l'horizon, peut-être dut au fait qu'ils avaient marché plus vite ce matin là ou bien parce que la magie ambiante avait décrété que la route serait plus courte, mais de quelque côté que l'on se place, ils ne tardèrent pas à rejoindre la désormais familière citée. Pressant de nouveau le pas pour en finir au plus vite, Ludovic s'élança presque sans hésitation en direction de leur point de départ. A quelques pas de la mairie, pratiquement à l'autre bout de la ville... Il s'arrêta pourtant peu après avoir passé l'entrée, pour s'assurer de n'avoir pas semé la surveillante.

— On commence par la bibliothèque donc, demanda-t-il sans attendre de réponse.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 29 Oct - 16:40


 

 

 
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Finalement, le brun avoua la petite déduction que venait de lui faire partager la surveillante, non sans réticence c'est vrai, mais tout de même les faits étaient là. Il avait avoué, et même si c'était loin d'être l'aveux rêvé, la mauvaise fois presque enfantine dont il faisait preuve était franchement attendrissante.
C'était idiot oui, elle n'allait pas le réfuter, mais beaucoup de choses étaient idiotes lorsque l'on y réfléchissait quelques secondes. Les réactions spontanées, les pulsions, les sentiments... Tant de choses irréalistes, idiotes, mais vitales.
Alors la réaction de l'enseignant accentua légèrement plus cet air étrangement doux qu'affichait Oswin au fond de ses yeux. De tels élans de sincérité étaient rares, autant chez tous ceux qui l'entouraient que le français qui lui confiait ses craintes. Tous se taisaient, plus ou moins volontairement, et il n'y avait pas de doutes sur le fait que ce que venait de lui dire l'échévelé n'était qu'un extrait d'une toute autre réalité si grande qu'elle n'en connaîtrait jamais les tréfonds. Mais dans ce tissus de mensonges dans lequel elle s'avançait sans cesse, cette obscurité sans fin avec laquelle elle ne pouvait que faire, cette petite lumière, bien que minuscule et imprévisible semblait avoir quelque chose d'une bouée de sauvetage à laquelle elle se raccrochait le plus longtemps possible.
Et une bouée était toujours bienvenue, car c'était bien souvent la seule porte de sortie d'un cauchemar trop prenant.

Lorsque Ludovic renchérit, supposant qu'avec un peu d'entrainement ils pourraient aisément passer une journée entière sans s'arracher les cheveux, la brune prit une profonde inspiration comme pour relâcher la pression, le petit numéro de son collègue lui ayant apparemment fait du bien tandis qu'elle se tournait face à la ville désormais bien proche. Quant au fait qu'il avait encore de nombreux moyens de la surprendre...

-Oh, je n'en doute pas...! Si un jour je connais tout de vous... Et bien tout d'abord cela serait franchement effrayant, et puis il n'y aurait plus aucuns intérêts si nous devenions ennuyeux vous ne pensez pas?

Ah oui?
Une fois qu'ils eurent terminé de parler, les deux comparses ne tardèrent pas à rentrer dans la ville, dans cette ville qu'ils commençaient à connaître l'un comme l'autre. Mais cette fois, ils allaient revenir là où toute cette histoire avait commencé, à la bibliothèque de cette ville imaginaire. La raison? Trouver le livre dans lequel ils avaient pénétré en espérant que cela y change quelque chose. Mais franchement, la brune n'avait pas grand espoir. Revenir sur ses pas quand on ne savait pas où aller était généralement une bonne idée, mais lorsque la magie rentrait en compte n'y avait-il pas sans arrêts des conditions à remplir? Si retrouver l'ouvrage avait un quelconque effet cela relèverait du miracle, mais est-ce que cela les ramènerait? Peu de chances.
Au bout de quelques minutes de réflexion, Oswin tourna à nouveau la tête vers l'homme à ses côtés, reprenant la parole plus pour confirmer ses soupscons que par réelle curiosité :

-Dites, vous vous souvenez où nous sommes arrivés ? Dans la bibliothèque, on n'y est resté que peu de temps et personnellement je ne me souviens que vaguement de l'endroit où nous étions...

Et si aucuns des deux n'avait d'idées, la recherche du livre s'avérerai amusante.


 

 



Tenue d'Oswin:
 

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Linda Oswin
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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   Jeu 29 Oct - 19:01


 

 

Pour que le chasseur devienne la proie
Pour que le chasseur devienne la proie

— C'est à voir, marmonna le brun entre ses dents.

Il n'ajouta rien de plus sur le reste du chemin, en dehors peut-être de ses habituels grommellements, mais se laissa plutôt gagner par l'air frais et pur de ce bord de falaises. Peut-être aurait-il dut se trouver une maison dans un endroit comme celui-ci, pour passer les grandes vacances. Profiter du vent du large, contempler une vue toujours changeante au fil du mauvais temps et savourer un peu de café au coin d'une cheminée. Se ranger en somme. Quelle affreuse mauvaise idée !

Oswin ne répondit pas à sa question et le maigrichon hésita une seconde, assez pour laisser passer un groupe de paysans avant de reprendre sa marche. La place était bien plus vide que les jours précédents. Plus un seul étal sur le marché, plus de bétail, seuls quelques passants moins frileux que le reste des habitants traversaient les allées boueuses. Peut-être était-ils dimanche. Ludovic prit une grande inspiration, goutant un peu de l'air gelé ambiant. Le climat se faisait plus glacial, peut-être auraient-ils droit à de la neige. Peut-être valait-il mieux éviter qu'il neige...

Ludovic tourna la tête, levant les yeux au ciel à la question de la surveillante. Se repérer ? Lui ? Dans une bibliothèque ? Il fallait avouer que cela n'avait jamais vraiment été dans ses priorités...

— Euh... commença-t-il, je ne suis pas sûr. À gauche... deux fois à droite, marmonna-t-il en levant les mains pour illustrer ses paroles. Non, je ne m'en souviens pas. Il se tut une minute, cherchant un instant de plus dans sa mémoire. Peut-être que cela me reviendra sur place. Vous savez, des fois des couloirs un peu plus familiers... La rue suivante la bibliothèque c'est bien cela ?

Il entraina la surveillante à travers la place déserte. Sans la foule de paysans, circuler en ville s'avéra beaucoup plus facile. Il ne tarda pas à reconnaitre la fenêtre de la mairie où la surveillante avait joué les filles de l'air, puis celle où il avait récupéré l'échelle - qu'il prit soin d'éviter autant que possible - et, finalement, les grandes portes de la bibliothèque.

Grimpant les quelques marches du perron quatre à quatre, Ludovic alla ouvrir la porte, jetant un coup d'oeil à l'intérieur pour s'assurer qu'il n'y avait personne avant d'attendre qu'Oswin passe devant.

— Je vous laisse ouvrir la voix, espérons que cet endroit soit bien public et non la propriété d'un soupe-au-lait.


 

 

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MessageSujet: Re: Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3   

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Il en faut parfois peu pour que le chasseur devienne la proie - Jour 3
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